L’équipe se rappelle avoir passé une nuit éprouvante en compagnie du professeur Calentier. La scène du petit matin est marquante : café en cuisine avec Joséphine, Jean propose alors à cette dernière d’organiser un exil thérapeutique pour son père. Il imagine le faire venir en Bretagne, pour l’éloigner de son environnement actuel. L’échange entre Jean et Joséphine est décrit comme magnétique, chargé d’une intensité émotionnelle évidente.
De leur côté, les personnages ne sont pas tous d’accord sur la marche à suivre. Jacques pense que la statuette est à l’origine des problèmes et veut la détruire, tandis qu’Eugène veut rencontrer le cousin — Jules Calentier. Il est mentionné que leur mission consiste à se rendre chez Grimaud, sur demande de ce même Calentier.
Une mission payée comptant : Récupérer un livre
Le cœur de la mission est alors rappelé : le professeur Jules Calentier offre une rémunération de 1 500 francs par personne pour récupérer un ouvrage ancien, subtilisé par son cousin, Grimaud. Ce dernier est décrit comme « déviant » — un mot que le groupe perçoit comme porteur de sous-entendus plus lourds qu’il n’y paraît.
On note un détail important : Calentier ne précise rien sur le contenu du livre ou ses motivations réelles. Un flou volontaire, qui intrigue les joueurs et soulève déjà la nécessité d’interroger plus en profondeur ce personnage.
Un matin gris à Rouen : Direction le café
Après un tirage de chance effectué par les joueurs (avec des résultats mitigés), le groupe se prépare à honorer le rendez-vous du matin. Il est 8h, la villa de Calentier est derrière eux, et les personnages marchent vers la place Beauvasine. Le décor est soigné : pavés mouillés, ciel chargé de nuages, humidité persistante. L’ambiance est lourde, presque cinématographique.
Ils arrivent au café des Automnibus, identifiable à sa façade fatiguée, ses vitres embuées et son éclat de cuivre terni. À travers les vitres, deux silhouettes sont visibles : Joséphine, figée, tenant une tasse fumante, et Calentier, affaissé, le visage marqué par l’insomnie. Aucun mot n’est échangé entre eux, mais leur posture suffit à témoigner de ce qu’ils ont traversé. La tension, palpable, donne le ton.

En route vers l’appartement de Grimaud
Cette rencontre matinale n’est pas anodine. Les personnages retrouvent leurs interlocuteurs pour se rendre chez Grimaud, le fameux cousin déviant. Le narrateur clarifie que Joséphine et Calentier n’ont pas été vus depuis la nuit précédente, marquée par des événements éprouvants. La séparation avait été claire : Calentier avait besoin de repos, les autres membres de l’équipe également. Jean, lui, avait rendu visite à une certaine « jouvencelle » qui travaille pour lui.
Stratégies, soupçons et pressentiments
Avant d’entrer dans le café des Automnibus, Jean observe attentivement Joséphine. Son visage est marqué par la fatigue et son regard semble complètement absent. Ses mains tremblent, et Jean comprend aussitôt que ce n’est pas seulement le froid qui en est la cause. Quelque chose ne va pas.
À l’intérieur, le professeur Calentier relève brusquement la tête dès l’arrivée des joueurs. Son regard est vif, trop vif. Visiblement, il a pris une décision avant même leur entrée. Il leur fait signe de s’approcher. Tous prennent place, et Jean, fidèle à lui-même, salue courtoisement Joséphine, s’inquiétant de son repos. Elle répond brièvement, mais il est évident qu’elle n’a pas trouvé de paix cette nuit-là.
Le professeur s’adresse alors à voix basse : l’appartement de son cousin se trouve au 13, porte cochère rouge, au quatrième et dernier étage, et il n’y a qu’un seul logement à cet étage. Il insiste : il faut agir vite.
Puis, d’un geste rapide sous la table, Calentier tend un objet à Eugène : une matraque noire, froide et sans ornement. Ce dernier, surpris, questionne l’utilité de cette arme. Calentier répond sobrement :
« Au cas où. Je connais mon cousin. »
Un plan en deux temps : Diplomatie et infiltration
L’ambiance devient plus tendue. Jacques exprime ses doutes et propose une approche non violente, insistant sur la nécessité de régler cette affaire sans coercition. Calentier s’en remet alors aux talents diplomatiques de Jean, tout en insistant sur la nécessité d’être prêt à toute éventualité.
Le professeur est catégorique : le livre ne sera sans doute pas rendu de bon gré.
Jean propose un plan : pendant que lui-même et le professeur tenteront une approche diplomatique, les autres joueurs constitueront une « équipe B », en retrait, prête à intervenir si les négociations échouent. Eugène se porte volontaire pour explorer les alentours de l’immeuble et préparer une éventuelle infiltration discrète avec Jacques. Il s’agit d’éviter de se faire repérer, tout en identifiant un point d’entrée potentiel : fenêtre donnant sur une cour, porte arrière, etc.
Calentier accepte ce plan. Joséphine, de son côté, propose d’appuyer l’argumentation de Jean en simulant un intérêt personnel pour le livre, afin de désamorcer les suspicions de Grimaud. Mais Calentier refuse catégoriquement : elle ne participera pas à l’expédition.
Une connexion silencieuse
Malgré les tensions, Jean tente de réconforter Joséphine. Il l’invite à changer de table pour s’installer près du poêle, prétextant vouloir la mettre à l’abri de l’humidité perçante du matin rouennais. Ce geste de sollicitude est accueilli avec reconnaissance.
Lorsqu’elle s’assoit, Joséphine serre la main de Jean et lui confie à voix basse :
« J’ai très peur pour mon père, Jean. Faites vraiment attention à lui. Est-ce que je peux compter sur vous ? »
Jean la rassure immédiatement. Il s’engage à tout faire pour éviter que la situation ne dégénère :
« Il n’est pas question que nous ayons le moindre esclandre physique avec son cousin. »
L’équipe reste alignée : éviter toute violence, tenter la persuasion, et si cela échoue, exécuter le plan B.
Mise en mouvement : Le groupe B prend les devants
Le plan se met en place. Jean accompagnera Calentier pour le contact initial. Eugène et Jacques, quant à eux, prennent de l’avance pour reconnaître les lieux. Ils quittent le café en premier, affrontant l’air froid du matin. En relevant leur col, ils traversent le boulevard et atteignent l’adresse : numéro 13.
La façade de l’immeuble est décrépitude totale, coincée entre deux anciennes boutiques désormais abandonnées. Aucun mouvement, aucune présence visible. L’endroit semble calme, voire désert.
Ils entrent dans la cour. Aucun concierge à l’horizon.

Infiltration tactique : Exploration de la cour et préparation d’une entrée discrète
Eugène et Jacques prennent position dans la cour pavée du numéro 13. L’immeuble, décrépit, est typique de l’architecture normande, avec ses poutres apparentes et son toit en tuiles raides. L’objectif est clair : identifier un moyen discret de s’introduire dans l’appartement situé au dernier étage.
Le maître de jeu demande alors aux deux joueurs d’effectuer un jet pour trouver un objet caché. Jacques réussit brillamment : en balayant rapidement la cour du regard, il remarque deux points d’accès potentiels :
- Une gouttière en zinc, solide, menant directement au toit.
- Une échelle télescopique de ramonage, repliée à environ 3 mètres de hauteur, que l’on pourrait utiliser pour accéder au toit en tuiles.
La cour est déserte. Aucun témoin à une fenêtre, aucune présence gênante : le moment est propice à une action discrète. Jacques fait la courte échelle à Eugène, qui grimpe sans encombre jusqu’à atteindre l’échelle de secours, qu’il parvient à déployer.
Un équipement qui change la donne
Eugène, en plus de ses compétences d’escalade, est désormais armé : la matraque que lui a confiée Calentier est une véritable matraque de défense, lestée de plomb, capable d’assommer sérieusement. Elle inflige un décipre de dégâts et ne produit aucun son distinctif, ce qui la rend parfaitement adaptée à une opération discrète.
Une fois l’échelle déployée, Jacques peut aussi y accéder. L’accès au toit est donc sécurisé. Toutefois, le toit en tuiles présente un risque réel : il est pentu, ancien et glissant. Ce n’est pas un terrain facile à manœuvrer.
Une chaîne de signaux et une stratégie fine
Plutôt que de monter tous les deux, les joueurs décident d’optimiser leur approche. Eugène, plus agile, sera le grimpeur. Jacques, lui, restera en retrait pour surveiller et relayer les signaux. Le plan est simple : si Jean, qui accompagne Calentier pour la voie diplomatique, envoie un signe, Jacques l’interprétera et le transmettra à Eugène pour déclencher l’opération.
Cette chaîne de communication silencieuse permet à l’équipe B de rester coordonnée tout en gardant l’effet de surprise.
Reprise de contact : Coordination avec Jean
Une fois l’environnement sécurisé et les options identifiées, Eugène et Jacques rejoignent Jean et Calentier, qui attendent déjà devant la porte cochère rouge du bâtiment. Calentier est tendu, regarde nerveusement sa montre. Jean, lui, observe les commerces environnants, espérant trouver une librairie pour peaufiner un éventuel prétexte. Mais les boutiques autour sont abandonnées. Le quartier est désert.
Calentier les guide dans la cour, pousse une porte de service avec aisance, et pénètre dans un escalier étroit et mal entretenu. L’atmosphère est lourde, marquée par l’odeur du linge moisi, des vieux papiers… et une note étrange de cire fondue. Les marches protestent sous les pas, le bois gémit.
Calentier s’arrête un instant et s’adresse à Eugène et Jacques. C’est là que la séparation des rôles est clarifiée :
- Jean accompagne Calentier dans l’escalier pour engager le dialogue avec le cousin.
- Jacques reste en bas, en poste d’observation, prêt à signaler à Eugène quand agir.
- Eugène attend en retrait, prêt à monter sur le toit via l’échelle pour une éventuelle infiltration par la fenêtre.
Un doute surgit côté joueur : certains pensaient que le rendez-vous avait lieu au café. Mais non, l’échange avec le cousin aura bien lieu directement dans son appartement, ce qui justifie pleinement la mise en place de ce double plan : diplomatie en façade, infiltration en soutien.
Mise au point finale : Ajustements et doutes
Alors que les deux groupes s’organisent, les rôles se précisent. Jean, accompagné de Calentier, sera en charge de la diversion diplomatique à la porte de Grimaud. Pendant ce temps, Eugène tentera une infiltration discrète par les toits, avec Jacques en relais intermédiaire.
Une question logistique est posée : Jacques doit-il rester en retrait ou se joindre au duo frontal ? Finalement, il est décidé qu’il restera en poste de veille au troisième étage, prêt à intervenir ou transmettre des signaux. Jean insiste sur la nécessité de gagner du temps et d’éviter d’éveiller les soupçons du cousin.
L’ouvrage mystérieux : Nature et origines
Pour affiner sa stratégie, Jean demande des précisions sur l’objet de leur quête. Calentier révèle que l’ouvrage en question n’est pas un livre traditionnel, mais une collection de rouleaux datant de la fin de l’Antiquité, retranscrits par les premiers chrétiens. Il s’agit d’un compte-rendu ethnologique, dressé à l’époque romaine et enrichi par les propriétaires successifs.

C’est un objet rare, ancien et précieux, à forte portée historique. Cela fournit à Jean une base solide pour inventer un prétexte crédible s’il doit s’entretenir directement avec Grimaud — en l’occurrence, une passion pour l’art statuaire romain dans le cadre de ses recherches de sculpteur installé récemment à Rouen.
Préparation de l’infiltration : détails tactiques
L’étage concerné est unique : le quatrième et dernier, avec un seul appartement sous les toits. Calentier précise que l’intérieur est désordonné, rempli d’objets hétéroclites. Le livre pourrait se trouver dans une bibliothèque-chambre transformée en cabinet de curiosités.
Pour maximiser les chances, le groupe évoque des plans de secours : faire évacuer l’immeuble via un prétexte comme une fuite de gaz, ou un risque d’incendie. Jacques, en poste d’écoute, sera chargé d’intervenir en cas de besoin avec une idée choc pour forcer la sortie du cousin. Jean reçoit même un petit caillou, à faire rouler dans l’escalier pour envoyer un signal discret à Jacques. Un deuxième caillou servira à indiquer à Eugène qu’il doit intervenir ou se replier.
Départ en action : Jean et Calentier à la Porte, Eugène en équilibriste
Le plan est maintenant verrouillé. Jean et Calentier prennent la tête. Jean jouera l’expert passionné par l’art antique, avec un intérêt sincère pour les rouleaux. Il espère gagner du temps tout en gardant son calme.
Eugène retourne brièvement vers Jacques pour lui remettre deux cailloux codés :
- Le premier signale que la discussion est engagée et que l’infiltration peut commencer.
- Le second ordonne de revenir ou d’abandonner si la situation dégénère.
Puis Eugène s’élance à nouveau, grimpe avec agilité grâce à un jet parfaitement réussi. Il atteint le toit avec aisance malgré les tuiles anciennes et glissantes, prêt à observer et agir en silence.
Le moment est critique. Le plan repose sur un équilibre fragile entre diplomatie, tromperie et discrétion. Une tension palpable monte alors que chacun prend position pour ce qui pourrait devenir une opération délicate sous haute pression.

Sur le toit : Vertige, silence et observation
Eugène atteint enfin la zone surélevée, au-dessus de la fenêtre de l’appartement visé. La montée a été délicate : les tuiles sont anciennes, friables, certaines se détachent sous ses appuis. Malgré cela, il parvient à se positionner, allongé sur l’arête du toit, avec une vue imprenable sur Rouen, baignée dans une lumière dorée qui filtre à travers les nuages. Il a presque le vertige, mais reste concentré.
De là, il repère la fenêtre visée, rideaux tirés, pas d’ouverture visible. Mais vu l’ancienneté de la menuiserie, une fracture serait possible sans trop de bruit. Eugène est en position, prêt à agir.

À l’intérieur : Une effraction inattendue
Dans l’escalier, Jean et Calentier atteignent le palier du quatrième. Contre toute attente, Calentier frappe à la porte, colle l’oreille… aucun son. Puis il explose :
« Y a personne. Faut faire vite. »
Sans attendre de validation, il enfonce la porte à l’épaule, appelant Jean à l’aider. Jean proteste, inquiet des conséquences d’une effraction aussi flagrante, mais trop tard : la serrure cède, et Calentier entre dans l’obscurité.
En alerte, Jean place deux petits cailloux sur la marche, prêts à être utilisés comme signaux pour Jacques, resté en poste d’écoute plus bas.
Odeurs de chimie et obscurité épaisse
À peine la porte franchie, l’odeur les prend à la gorge : mélange de renfermé, tabac froid, et surtout, quelque chose de chimique, d’âcre, qui pique le nez. Jean, ancien combattant, cherche à identifier l’odeur. Ce n’est pas la mort, ce n’est pas la pourriture… Peut-être un solvant, une essence de térébenthine ?
La lumière absente ajoute à l’ambiance pesante. Tous les rideaux sont tirés, les pièces sont dans le noir. Jean reste sur le pas de la porte, refuse d’entrer plus loin. Calentier, lui, s’enfonce sans hésitation dans l’appartement.
Eugène à la fenêtre, Jean est prudent
Dehors, Eugène tente une manœuvre délicate : regarder par la fenêtre. Il y parvient sans difficulté, mais ne voit rien à travers les rideaux. Il comprend cependant qu’il pourrait facilement forcer la fenêtre si nécessaire.
Pendant ce temps, Jean refuse de pénétrer plus profondément dans l’appartement. L’odeur est trop forte, l’obscurité trop inquiétante. Il recule d’un pas et redescend précipitamment à l’étage inférieur.
Jacques, en poste, entend les bruits depuis le palier inférieur. Il reste vigilant, prêt à interdire l’accès à quiconque tenterait de monter.

Un appartement déglingué
Alors que Calentier tire les rideaux, la lumière révèle un séjour en état de délabrement avancé. Eugène peut enfin voir l’intérieur : un drap est étendu au centre de la pièce, couvrant on ne sait quoi. L’ambiance est inquiétante.
Jean décide alors d’ouvrir la fenêtre pour communiquer directement avec Eugène, mais avec prudence : il utilise un mouchoir pour éviter de laisser des empreintes. Il chuchote :
« Si nous trouvons les rouleaux, nous allons vous les passer pour que vous puissiez vous enfuir par l’extérieur avec. »
Pour atteindre la fenêtre, Jean doit traverser un véritable champ de ruines domestique :
- Vêtements sales jetés partout
- Assiettes de viande pourrie
- Odeurs de sueur animale et de bouc
- Verres cassés, poussière grasse recouvrant les meubles
- Chemises froissées, nourriture moisie
C’est un lieu chaotique, à la limite du soutenable.
Vers le bureau : Calentier poursuit seul
Pendant que Jean gère la coordination avec Eugène, Calentier poursuit seul. Il ouvre une porte qui mène vers ce qu’il identifie comme un bureau — possiblement l’endroit où se trouvent les fameux rouleaux.
Sa silhouette disparaît dans cette nouvelle pièce sombre, tandis que Jean reste en retrait, préférant ne pas s’enfoncer plus avant.
Exploration méthodique : Du cabinet au chaos
Alors que Calentier s’acharne dans le bureau, Jean poursuit l’exploration. Il repère une chambre à coucher et une salle de bain attenante — cette dernière étant manifestement la source de l’odeur insupportable. Il vérifie discrètement, mouchoir à la main, s’il y aurait quelqu’un derrière la porte… rien n’indique une présence humaine.
En parallèle, Eugène, jusque-là suspendu à la fenêtre, décide d’entrer prudemment dans l’appartement. Il se positionne discrètement, assis sur un radiateur, et observe.
Rien dans le bureau : Montée de tension
Depuis la chambre, Jean entend Calentier s’emporter :
« Rien ici ! Il ne reste que la chambre et la salle de bain. »
Il rejoint donc Jean. Mais l’appartement est un capharnaüm : amas d’objets, piles de vêtements, manuels scolaires, mobilier désuet. Jean tente une fouille — échec critique : l’environnement le submerge. Il est incapable de se concentrer, troublé par la crasse, le chaos, et la tension ambiante.
Il explore ensuite la chambre. Un lit métallique enseveli sous les vêtements sales, une malle renversée d’où débordent des manuels scolaires, une armoire contenant des vêtements du siècle passé… Rien ne correspond aux rouleaux recherchés. Calentier, lui aussi, semble déstabilisé. Il déclare :
« Il ne reste que la salle de bain. »
Jean est sceptique :
« Les rouleaux, dans une salle de bain ? Ridicule. »
Il continue malgré tout, regarde sous le lit : rat mort, magazines collés, poussière, saleté… toujours rien.

Eugène explore le cabinet de curiosités
Eugène, de son côté, décide d’aller jeter un œil au cabinet de curiosités. À peine entré, il est frappé par une odeur différente : vieux cuir, bois ciré, froid stagnant. La pièce n’est ni chauffée, ni rangée.
Les murs sont couverts de masques poussiéreux, trophées fanés, gris-gris. Une momie recroquevillée trône dans une vitrine, face à un crâne humain surmonté d’un hibou empaillé. Eugène frissonne :
« J’aime pas cet endroit. »
Il tente de détecter un courant d’air, sans succès : c’est juste une pièce laissée à l’abandon. Le lieu est surchargé, saturé d’ouvrages, certains débordant des bibliothèques jusque sur les chaises et le sol.
Tentative de recherche : Un bureau saturé d’indices
Eugène entreprend une fouille dans la pièce, malgré le désordre. Au centre, il découvre un bureau recouvert de papiers tâchés, plans griffonnés, listes de noms surlignés. Une machine à écrire Remington noire trône au milieu du bureau, emblématique du chaos organisé qui règne dans cet antre.
Les noms sur les documents ne lui évoquent rien, mais l’ambiance est trop chargée de symboles pour que tout cela soit anodin.
Le temps presse. La tension monte. L’équipe sait que Grimaud pourrait revenir à tout moment — ou pire, être déjà là, caché quelque part dans cet enfer d’objets et de souvenirs poussiéreux.
Une découverte troublante : Entre folklore, terreur et surveillance
Alors qu’Eugène continue à fouiller le bureau saturé de papiers, il découvre un texte en cours de frappe sur la machine à écrire. Le paragraphe inachevé attire immédiatement son attention : il évoque un mot étrange, Cthulhu, présenté comme une translittération d’un terme arabe apparaissant dans le Necronomicon d’Abdul Alhazred.


Le texte établit une connexion saisissante entre Cthulhu, Satan, et une ancienne cité oubliée nommée Irem, décrite dans des textes préislamiques. Il y est aussi question d’un autre nom, Khadoulou, « celui qui abandonne », tiré du Coran, qui aurait été associé à ce démon dans certaines versions du Necronomicon.
Même s’il ne comprend pas tous les tenants linguistiques et mythologiques du texte, Eugène ressent intuitivement l’importance de ce document. Il le range précautionneusement dans sa veste.
C’est la première fois que le nom « Cthulhu » apparaît dans leur aventure, sans lien apparent avec la statuette ni les précédents événements.

Sous le papier journal : Un secret répugnant
À côté de la machine à écrire, Eugène repère un paquet emballé dans du papier journal de la veille, ficelé à la va-vite. Intrigué, il l’ouvre avec précaution… pour tomber sur une statuette étrangement familière. Il est abasourdi.
C’est la même statuette que celle du musée.

La tension monte : Calentier surgit dans l’encadrement de la porte, choqué à son tour. Il s’exclame :
« C’est la statuette ! Grimaud l’a volée ! »
La présence de cette pièce change tout : Grimaud, en fuite ou dissimulé, a conservé sur lui des éléments cruciaux de l’enquête.

Le labo photo secret : Une salle de bain révélatrice
Pendant ce temps, Jean entre dans la salle de bain, intrigué par une lueur rouge étrange. Il découvre un labo photo improvisé :
- Une ampoule inactinique baigne la pièce d’une lumière cramoisie.
- Une planche posée en travers de la baignoire supporte trois bacs de développement.
- Un agrandisseur photo trône sur le bidet.
- Des photos en cours de séchage sont suspendues à des fils, luisantes, fraîches.
Jean s’approche pour les examiner… et fige. Il découvre des photos volées de lui-même, prises la veille, dans les rues de Rouen. Puis il voit Eugène, photographié devant l’atelier, et Jacques en train de fumer à la sortie de l’agence.
Il tente d’identifier le point de vue des clichés, mais sans indice clair. Aucun nom, aucune date. Juste des images… froidement documentées.
Mais une dernière photo attire particulièrement son attention : celle d’une jeune fille assise, au visage entièrement recouvert d’un tissu rose. La posture, les mains, les vêtements… Jean met un moment à faire le lien, mais c’est Joséphine. Pourtant, elle ne semble pas contrainte, ce qui rend la scène encore plus dérangeante.

Ce cliché laisse deviner un lien étrange entre Joséphine et Grimaud, ou du moins, une proximité non officielle mais incontestable.
La découverte de ces clichés modifie radicalement l’équilibre de la situation. Jean le comprend : ils sont surveillés depuis un moment. Grimaud — ou quelqu’un de son entourage — les suit, les photographie, les étudie, sans que personne ne s’en soit aperçu.
Jean range les photos et jette un dernier regard au laboratoire. Malgré l’espoir, les rouleaux ne sont probablement pas ici.
Retour à Eugène : Une ouvelle recherche cruciale
Alors que Jean s’apprête à quitter la pièce, Eugène continue à explorer. Une dernière recherche dans le cabinet de curiosités pourrait peut-être révéler les fameux rouleaux. Il s’apprête à lancer un nouveau test pour trouver un objet caché, alors que l’ambiance devient de plus en plus lourde et incertaine.
Une statuette poisseuse et un Calentier énigmatique
Alors qu’Eugène tient toujours la statuette retrouvée, il est profondément troublé. Non seulement elle est plus lourde que prévu, mais surtout, elle est poisseuse, comme imprégnée de quelque chose d’inexplicable. Son contact seul suffit à créer un malaise tangible. Calentier, lui, semble étrangement détaché. Il ne fouille pas comme un homme désespéré en quête d’un objet perdu, mais comme quelqu’un qui sait ce qu’il cherche.
Il évite certains endroits, cible précisément d’autres zones de l’appartement, sélectionne plutôt que de chercher à l’aveugle. Eugène, désorienté, tente de comprendre, mais échoue à percer les intentions de son partenaire. Et quand il évoque « la maison d’un démon », Calentier rit jaune :
« Le diable… c’est exactement ça. C’est Grimaud. »
L’alerte : La Brigade Mobile est là
Pendant ce temps, Jacques entend du mouvement en bas. Un bruit de crissement de pneus, des portières qui claquent. Il tente de compter les arrivants, mais son test d’écoute est un échec critique. Impossible de quantifier la menace.
Malgré cela, il émet un sifflement d’urgence – un code bien rodé que Jean et Eugène reconnaissent immédiatement. Eugène se précipite à la fenêtre, jette un œil entre les rideaux… et blêmit.
Un fourgon de la brigade mobile bloque la rue. Deux agents en uniforme tiennent la foule à distance, fusils Lebel en bandoulière. Une conduite intérieure s’arrête devant l’immeuble : deux hommes en costume sombre et chapeau descendent à grandes enjambées.

Les « hommes d’en haut » sont arrivés.
Panique et évasion
Eugène appelle aussitôt Jean :
« Il y a la police ! Ils sont nombreux ! Il faut partir ! »
Jean se retourne vers Calentier :
« Pas maintenant, pas avec ça ! »
Ils décident de fuir par la cage d’escalier, l’unique voie praticable. En descendant, ils entendent :
« On l’a vu entrer ! Il est dans l’escalier ! Il n’a pas pu sortir ! »
Une autre voix, plus calme, ordonne :
« Ne tirez pas ! Sauf ordre. »
Les bruits de pas dans l’escalier se rapprochent. Jean organise la fuite : il descend en premier pour gagner du temps, tandis que Calentier reste un étage au-dessus, pour simuler un décalage de présence.

Eugène : Ultime recherche sous pression
Resté seul avec Calentier, Eugène tient toujours la statuette. Il effectue une dernière recherche désespérée : un test pour trouver un objet caché ou une éventuelle sortie de secours.
Il cherche une fenêtre, un accès au toit, n’importe quoi pour échapper à l’étau policier. Calentier, de son côté, commence à perdre patience. Il ne comprend pas pourquoi Eugène reste là à hésiter. La tension monte d’un cran.
Grimaud apparaît
Alors que Jacques descend les marches pour intercepter les forces de l’ordre, il entend des voix. L’une d’elles est cassée, haletante, familière :
« Non, mais lâchez-moi ! Vous ne pouvez pas comprendre ! Vous vous mêlez de ce qui vous dépasse ! »
Et une autre, plus calme, répond :
« Oui, oui, oui, monsieur Grimaud, ça ira mieux avec un petit peu d’air frais. Allez fouiller son appartement ! »

Le professeur Grimaud est là. Son apparition ne laisse aucun doute : il est dans un état second, halluciné, hors de contrôle.
C’est la confirmation que le piège s’est refermé. La police est dans l’immeuble. Grimaud a été capturé. Et son appartement est désormais sous surveillance.
La descente de police : Grimaud hors de Lui

Alors que la situation s’envenime, le professeur Grimaud, littéralement hors de lui, est en train de se débattre violemment. Deux policiers tentent de le maîtriser, menottes aux poignets, mais il se libère un instant, poussant un agent pour se ruer dans l’escalier, en hurlant le nom de Calentier.
La scène est un chaos croissant. Eugène, au dernier étage, entend distinctement les bruits de pas mécaniques des policiers montant les marches. À l’étage inférieur, Jacques se retrouve nez à nez avec un civil à la moustache fournie, visiblement un inspecteur.
L’homme hurle :
« Ne bougez pas ! Qu’est-ce que vous faites là ? »

Le masque de Jean tombe
La tension, déjà montée d’un cran, devint suffocante à l’apparition du commissaire Jasserand.
C’est alors que tout bascule en une seconde.
Un mouvement trop rapide, un accrochage involontaire. Et le masque de Jean se détache net, projeté au sol comme arraché par la tension elle-même. Pas de glissade lente. Pas de chute discrète. Un claquement sec. Violent. Final.
Le masque gît à terre. Le silence tombe avec lui.
Et tous voient.
Le commissaire Jasserand, jusqu’ici inébranlable, blêmit instantanément. Son regard reste suspendu, incapable de se fixer sur cette vision. Jean, à visage découvert, est une énigme dérangeante, une présence sculptée par la douleur, la difformité, ou peut-être pire encore. Il n’y a pas de cris. Il n’y a même pas de souffle. Juste une sorte de vertige partagé.
Le commissaire finit par baisser les yeux, incapable d’affronter ce qu’il vient de voir.
« Remettez votre masque, monsieur… », lâche-t-il d’une voix blanche, presque étranglée.
Jean obéit. Lentement. Méthodiquement. Sans honte. Sans justification.
Mais quelque chose s’est brisé. Ce n’est pas Jean. C’est l’équilibre dans la pièce. Désormais, tous savent qu’il porte un secret plus ancien que cette enquête, une faille visible sur sa chair, et qui commande le respect ou la peur — souvent les deux à la fois.
Jean intervient et Grimaud s’effondre
Jean arrive juste derrière :
« Jean de Trégastel. J’accompagne le professeur Calentier. Nous rendions visite à Monsieur Grimaud. »
Mais le nom de Calentier agit comme une détonation. Grimaud, qui les avait entendus, pète littéralement un câble, bouscule un agent, et se rue dans les escaliers pour rejoindre l’appartement. Jean parvient à lui bloquer le passage avec son corps, profitant de sa carrure.
Grimaud chute, renversé par un policier. Il roule sur les marches, s’écrase aux pieds de Jacques.
La tension monte encore. Eugène entend les cris, la course, les coups dans l’escalier. C’est alors que Calentier lui crie :
« Là ! »
La fuite par les toits
Au-dessus de lui, une trappe dissimulée dans le plafond, cachée par la crasse, à peine visible. Calentier révèle qu’elle mène aux toits — Grimaud l’utilisait pour faire sécher ses films.
Sans attendre, Eugène prend une chaise, monte dessus, attrape l’anneau rouillé, et tire de toutes ses forces. Un craquement de plâtre, une bouffée d’air frais, et la trappe cède. Derrière, une échelle en bois branlante.
Il laisse Calentier monter en premier, puis le suit. Dehors, l’air glacé envahit l’appartement en emportant les relents chimiques du labo photo.
Mais en bas, des silhouettes armées apparaissent à la porte. C’est trop tard : la police entre dans l’appartement.
Jean résiste — Et dévoile son secret
Dans l’escalier, alors que les agents tentent de monter, Jean s’interpose. Un inspecteur le bouscule pour passer, mais Jean, imperturbable, lui lance un regard glacé :
« Quelles sont ces manières ? À qui ai-je l’honneur ? »
Il lève la main, soulève son chapeau… et révèle son visage.
Le masque tombe littéralement à ses pieds.
Le choc est total. Le policier pousse un cri d’épouvante, saisi d’horreur. Tous se tournent vers lui, stupéfaits par ce qu’ils voient.
Même Jacques, pourtant habitué à l’horreur, ne peut détourner les yeux. Il serre les dents. Un jet de santé mentale s’impose.
Par miracle… il tient bon.
L’évasion de Calentier : Une disparition surnaturelle
Tandis que Jean impose un silence effrayé à l’ensemble de la brigade grâce à la révélation de son visage, Eugène atteint le sommet de l’échelle menant aux toits. Là-haut, le calme tranche avec la fureur d’en bas. Le vent souffle, les tuiles grincent, mais Calentier a disparu.
Pas une trace.
Les toits sont glissants, étroits, dangereux. Pourtant, Eugène ne voit aucune silhouette. Il appelle, scrute… rien. Le scientifique s’est volatilisé.
Il tente de comprendre : est-il tombé ? A-t-il sauté de toit en toit ? S’est-il caché ? Une intuition monte en lui — et une certitude surgit grâce à un jet d’idée : Calentier est parti avec les rouleaux.
« Il avait ce renflement suspect sous sa veste… Il nous a doublés. »
Une trahison douloureuse
Eugène comprend alors qu’ils ont été manipulés depuis le début. Calentier ne cherchait pas à comprendre ou explorer. Il savait ce qu’il voulait, et il l’a trouvé. Eugène, furieux, réalise qu’il n’a plus rien à faire là-haut. Il n’y a ni sortie, ni allié. Rien que les toits et une statuette poisseuse entre les mains.
Il décide de descendre pour retrouver ses camarades, mais pas par où il est venu. Il cherche un moyen d’échapper à la police.
Et il le trouve.
Eugène, le fugitif des toits
Loin de se laisser piéger, Eugène prend une décision folle : fuir par les toits. Il sait que c’est risqué. Il a passé l’âge. Mais il n’a pas le choix.
Il évalue les distances. Avec un jet de chance exceptionnel, il réalise que les toits sont accessibles, presque alignés.
Il saute.
Et il réussit.
D’un toit à l’autre, il bondit avec agilité, grisé par la vitesse, le frisson, et la liberté. Le vent siffle, la ville s’étale sous lui, et les cris de la police s’éloignent.
En quelques minutes, Eugène quitte le quartier. Il ne sera pas pris aujourd’hui.

Retour à l’Agence : Un plan de repli
Il décide de rejoindre le bureau de l’agence, situé à proximité. Grâce à sa connaissance des lieux et à son instinct, il atteint l’endroit en moins d’un quart d’heure.
Mais il n’est pas naïf. Il sait que les autorités viendront probablement fouiller leurs locaux. Il se demande alors :
“Avons-nous une cachette assez maligne pour résister à une perquisition sommaire ?”
Il se met à réfléchir.
Une cachette discrète… ou pas
De retour à l’agence, Eugène tente de cacher la statuette. Il croit avoir une idée géniale : la poser en évidence sur la cheminée, à côté des trophées de Jacques. Selon lui, cela ferait une cachette parfaite, puisqu’aucun policier ne songerait à fouiller un endroit aussi visible. En réalité, c’est une idée catastrophique. Mais Eugène, persuadé de son coup de génie, ne doute de rien.
Pendant ce temps, Jean et Jacques subissent les conséquences de la confrontation avec la police. Le commissaire Jasseran, figé par la vision du vrai visage de Jean, finit par reprendre contenance :
« Remettez votre masque, monsieur. »
Jean s’exécute calmement, puis exige des explications. Le commissaire lui tend un journal.

L’Affaire Grimaud exposée au grand Jour
Le journal Ouest-Éclair titre sur un vol au musée de Rouen. L’article détaille l’affaire :
- Eugène Grimaud, professeur, a été arrêté pour vol à main armée avec effraction dans une galerie préhistorique.
- Il aurait dérobé une Vénus en terre cuite vieille de 2000 ans.
- Le professeur Calantier est introuvable.
- La brigade mobile a perquisitionné son appartement sans retrouver l’objet volé.
- Grimaud a été déclaré dément et placé en asile.
La nuit suivante, Jean et Jacques sont retenus au commissariat, malgré leurs protestations. Ils sont finalement relâchés au petit matin, vidés mais blanchis. Grimaud, quant à lui, a été vu hurlant, bavant, totalement hors de contrôle. Il a été isolé d’urgence avant d’être transféré.
Réunion à l’agence et nouvelle planque
Pendant ce temps, Eugène, seul à l’agence, attend. Il finit par s’assoupir sur le bureau, la statuette nonchalamment posée à côté de lui.
À l’aube, Jean et Jacques reviennent enfin, éreintés. Eugène, vexé par leur première remarque, leur laisse la statuette :
« Je n’en veux plus. Cachez-la comme bon vous semble. »
Jean décide de l’emporter à son atelier de sculpture pour la dissimuler dans un gros bloc d’argile, avec soin et expertise. Une cachette bien plus sûre, cette fois.
Eugène et Eugénie : Une veillée inattendue
Mais la nuit précédente, Eugène n’était pas tout à fait seul.
Au cœur du silence, Eugénie est apparue, éthérée, inattendue, le visage doux, presque spectral. Elle surprend Eugène en pleine veille sur la statuette :
« Qu’est-ce que c’est que cette horreur ? »
Eugène, mal à l’aise, tente de désamorcer :
« Ce n’est rien, ne vous en préoccupez pas. Une mission délicate, voilà tout. »
Mais Eugénie n’est pas dupe. Elle voit clair dans ses jeux :
« Vous me prenez pour une écervelée ? Vous croyez que je ne vois pas dans quoi vous vous embarquez ? »
Malgré la tension, la complicité s’installe. Eugène tente un trait d’humour maladroit, joue les protecteurs :
« Je préfère vous savoir en sécurité… auprès d’un homme. »
Elle sourit. Elle le taquine. Et surtout, elle reste. Elle s’installe près de lui :
« Je vais rester avec vous, Eugène. J’ai peur pour Jacques et Jean. »
Pour Eugène, c’est une nuit troublante. La présence d’Eugénie le rassure autant qu’elle le perturbe.
Le doute, la tentation… et la statuette
Alors que la nuit touche à sa fin, Eugène et Eugénie échangent encore dans le calme étrange de l’atelier. Elle rit doucement, touchée par l’attitude protectrice d’Eugène, mais l’interroge sur ce qu’il s’est passé avec ses compagnons.
Eugène, prudent, préfère ne rien affirmer sans avoir confronté leurs récits. Il soupçonne qu’ils ont été manipulés… mais n’ose pas encore poser de mots clairs sur ses intuitions.
Soudain, Eugénie lui fait une proposition inattendue :
« Venez avec moi. »

Une réplique troublante
Eugène la suit, nerveux, jusqu’à une pièce de l’atelier. Là, à sa grande stupeur, il découvre une réplique parfaite de la statuette. Il est abasourdi : Eugénie ne devait pas la connaître. Il la pensait tenue à l’écart de toute cette affaire.
Elle explique :
« Je me suis rendue au musée, sur les conseils de Monsieur Jean, et j’ai réalisé des croquis… »
Son travail est bluffant. Eugène compare les deux objets — presque aucune différence. Eugénie confirme : elle a été missionnée par Jean.
Le retour des survivants
Alors que leurs regards se croisent encore, la clochette de l’agence retentit. Jean et Jacques rentrent, épuisés, après une seconde nuit sans sommeil et une garde à vue musclée.
Réunis enfin, les trois hommes font le point. Jacques et Eugène, restés à l’écart des révélations du manoir, demandent un compte-rendu à Jean. Ce dernier leur explique ce qu’il s’est passé : la disparition de Calentier, les soupçons, la statuette… et sa propre trahison.
Jean avoue
Jean avoue avoir pris une initiative solitaire : faire voler la statuette au musée pour la remplacer par une copie. Il a agi dans le dos de ses compagnons pour protéger Joséphine, la fille de Calentier, persuadé que la statuette exerce une influence néfaste.
Mais voilà, malgré ce plan, Grimaud a volé l’original avant eux.
Eugène et Jacques sont sidérés. Pour eux, ce choix, même bien intentionné, a trahi leur confiance.
« Vous ne pouvez pas nous impliquer dans quelque chose d’aussi risqué, et en même temps nous cacher des choses. »
Jean tente de se défendre :
« Ce n’est pas un mensonge. C’est une vérité différée. »
Mais le mal est fait.
Détruire l’horreur ?
Eugène, blessé, met Jean au défi :
« Si vous voulez regagner ma confiance, détruisez l’original, ici et maintenant. »
Jacques acquiesce. Pour lui aussi, la statuette doit être détruite.
Mais Eugène apporte une révélation capitale :
« Quand Calentier m’a vu partir avec la statuette… il a crié. Il a réagi. Il tenait à elle. »
Cette phrase remet tout en question.
Le poids d’une décision : Conserver ou détruire la statuette ?
Face à la réplique parfaite réalisée par Eugénie, le débat fait rage. Faut-il détruire l’original ? Le cacher ? Ou le conserver pour étude ?
Jean, pourtant le plus inquiet quant aux effets de la statuette sur la santé mentale de Calentier, freine soudain. Il propose de la dissimuler dans une gangue d’argile, comme prévu, et de gagner un sursis de deux jours pour mieux évaluer la situation :
« Si ces troubles proviennent de la statuette, je me ferai une joie de la pulvériser d’un coup de marteau. »
Jacques, pour sa part, n’y croit plus. Il pense que les rouleaux volés sont la véritable clé. Calentier est parti sans même réclamer la statuette, preuve qu’elle n’est peut-être qu’un accessoire dans un projet plus vaste.
Malgré tout, la tension monte. Jacques et Eugène ne digèrent pas les secrets que Jean leur a cachés :
« Vous ne pouvez pas nous impliquer dans quelque chose d’aussi risqué, puis nous tenir à l’écart des décisions. »
Une vérité différée
Jean tente de se justifier :
« Ce n’était pas un mensonge. C’était… une vérité différée. »
Mais le mal est fait. Pour regagner leur confiance, il promet de détruire la statuette si, dans deux jours, rien ne justifie sa conservation.
C’est à cet instant qu’Eugénie intervient, calmement :
« Je me range à l’avis de Jacques. Mais ce qui m’inquiète, c’est Joséphine. Si son père a perdu la raison, elle court peut-être un grave danger. »
Jean n’hésite plus :
« Alors allons-y. Eugénie, cachez la statuette dans la réserve. »
Une réserve, un secret
Eugène, méfiant, suit discrètement Eugénie et observe la cachette exacte. C’est important pour lui de garder le contrôle, au cas où Jean changerait d’avis.
L’équipe est vidée, tendue, mais décidée à reprendre le fil. Jean est angoissé. Eugène, préoccupé. Jacques, quant à lui, reste obsédé par l’objet. La statuette continue de le troubler depuis le premier jour.
Une photo troublante, un quartier fantôme
Jean garde encore une pièce du puzzle sous silence : une photo de Joséphine, masquée, prise par Grimaud. Il n’en dit rien, pour l’instant.
Mais les photos de surveillance — prises depuis peu, à la sortie de l’agence — confirment une chose : quelqu’un les observe depuis le début.
Il est temps d’agir. Le trio grimpe dans la camionnette de l’atelier, direction la propriété Calentier.
Quand ils arrivent rue d’Ernemont, l’ambiance est sinistre. Le quartier est silencieux, presque trop calme. L’air semble figé. La grille en fer forgé est grande ouverte. Et ce n’est pas une effraction : elle n’a pas été forcée, juste… abandonnée.
La porte d’entrée de la villa l’est aussi. Une étrange invitation, ou peut-être un adieu muet.
Une maison abandonnée
Lorsque l’équipe arrive à la villa Calentier, le constat est sans appel : tout est ouvert. Les portes du jardin, du salon, de la cave, même le garage est vide. La voiture a disparu. Aucun bruit, aucune trace de vie. Joséphine et le professeur ont disparu, avec les rouleaux.
À l’intérieur, c’est pire. Pas un objet oublié, pas une tasse, pas même une braise. Le pistolet du professeur a disparu, et la maison a été délibérément vidée.
Jean lance immédiatement :
« Ne perdons pas de temps. Il faut nous rendre à la propriété de sa mère. »
Il craint que Calentier, avec les rouleaux, tente d’accomplir un rituel, inspiré de ses chants délirants des nuits précédentes.
La question se pose à nouveau : Que faire de la statuette ?
Mais une question cruciale se pose : faut-il emporter la statuette ? L’original ? La copie ? Les deux ?
Jean souhaite emporter les deux. Jacques s’y oppose fermement, inquiet des risques occultes que pourrait poser la véritable statuette.
« Je refuse qu’on emmène l’original. »
Finalement, un compromis est trouvé : Jacques portera l’original mais aura le droit de la détruire à tout moment s’il juge la menace trop grande.
« Ça me va », concède Jacques. « Mais je ne lâche pas cette saleté des yeux. »
Armes, matériel et tensions
Le groupe s’équipe : revolvers, canne-épée, matraques, carte de la région… Ils sont prêts à affronter l’inconnu. Eugénie, quant à elle, reste à l’atelier, jugée trop exposée.
Un rapide passage dans la chambre de Joséphine révèle un détail troublant : le tissu rose visible sur une photo compromettante n’y est plus, pas plus que sa robe.
Pire encore : Eugène découvre une photo de Jean, soigneusement encadrée dans la chambre.
« Je ne comprends plus rien », souffle Eugène à Jacques. « Joséphine jouait l’innocente, mais… elle est mêlée à tout ça, non ? »
Jacques, fatigué mais lucide, répond :
« Eugène, comme d’habitude… je crois que je n’ai confiance qu’en toi. »

Derniers doutes, derniers liens
Alors que le groupe quitte la villa vidée de ses habitants, un sentiment de malaise grandit. Eugène et Jacques échangent un regard lourd de sens. La confiance s’effrite. Les apparences sont trompeuses, et même Joséphine n’échappe plus au doute.
« Je ne sais plus trop quoi penser. Mais quoi qu’il se passe, au moins, nous sommes deux. »
Ils ont vu trop de choses. Des fous, des rites, des disparitions, des mensonges. Armand en est un souvenir encore brûlant. Jean est de plus en plus difficile à suivre. Eugénie elle-même pourrait cacher plus qu’elle ne laisse paraître.
Jacques est formel :
« Grimaud et Calentier sont complètement siphonnés. Est-ce que c’est venu d’eux, ou de cette saloperie de statuette ? »
La paranoïa est palpable. Chaque silence devient suspect. Chaque absence, un piège. Chaque regard, un test de loyauté.
Mais une chose est claire : les ennemis ne sont peut-être pas ceux qu’ils croyaient.
Une tension ininterrompue
Le groupe décide de faire route vers la propriété familiale sur la côte, où ils soupçonnent que Calentier cherche à reproduire un rituel archaïque avec les rouleaux anciens.
Ils partent avec les deux statuettes : l’original, porté par Jacques avec le droit de la briser, et la copie, destinée à semer le doute.
« Garde la main sur tes armes, mon petit. On sait comment ça a fini avec Armand. »
Les souvenirs reviennent, les cicatrices aussi. L’angoisse est dans l’air. Personne ne dort. Personne ne baisse la garde.
En route vers l’inconnu
Dans la camionnette bringuebalante de l’atelier, ils filent vers un avenir incertain. Les armes sont prêtes. Les regards sont fuyants. Et dans un coin, la statuette repose, enveloppée dans l’argile.
Un vestige dangereux. Un leurre. Ou une malédiction.


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