Contre toute attente, Urbano décide de redescendre. Son devoir militaire le pousse à ne pas abandonner les hommes envoyés au front de cette mission surnaturelle. La main sur la petite fiole récupérée plus tôt, l’esprit hanté par le souvenir du véritable fils de la marquise et l’épine sainte, il se rallie à l’escouade. Blanca, elle, refuse de replonger dans les entrailles de la terre. Elle en a vu assez.

L’escouade descend dans les tunnels armée et équipée. Ils retrouvent la vieille synagogue vidée de toute présence. Les goules ont disparu. Le corps de la marquise, aussi. Il ne reste qu’un dernier vestige : le tableau de Pickman, Le Triomphe de la Barbarie, intact mais toujours aussi insoutenable.
Un des soldats propose de le brûler. Sans hésiter, Urbano met le feu à la toile. Le tableau est consumé dans une torche improvisée, tandis qu’il ordonne au groupe de nier son existence à quiconque les interrogerait. L’horreur doit rester ensevelie.

La vérité derrière le chaos
L’intrigue s’éclaire enfin : tout part d’un culte ancien, ayant autrefois mis la main sur une relique sacrée — une épine de la couronne du Christ. Celle-ci permettait de contrôler les goules, créatures mortes-vivantes et cannibales.
Genoveva, marquise déchue, avait été initiée à ce culte. De son union avec Arsenio Garcia Knauss, chef de la secte, est né Epiphanio, échangé dès la naissance avec un enfant ghoul dans un rituel obscur. Le faux fils, Isidoro, a grandi à sa place, ignorant tout du pacte.
Profitant de la guerre civile, Jeannoveva a volé le tableau de Pickman – pièce maîtresse contenant l’incantation capable d’activer l’épine. Descendue avec Isidoro dans les catacombes, elle y a retrouvé son véritable fils monstrueux. Le reste, Urbano l’a vu de ses propres yeux : un sacrifice maternel, une folie mystique, un massacre.
Blanca, entre désillusion et ambition
Blanca, restée à la surface, tente de donner un sens à tout cela. Elle justifie l’intervention militaire auprès de ses supérieurs, prétextant une cellule terroriste droguée et armée cachée sous Madrid. Elle négocie avec assurance et ruse. Mais elle ne descend pas.

À défaut d’avoir conservé le tableau, elle se console avec quelques toiles de Goya récupérées avant l’effondrement. Son regard est déjà tourné vers l’avenir, vers la chute prochaine de Madrid, vers l’opportunité de négocier sa place, peu importe le vainqueur.
Une traque sans fin
Urbano, lui, ne dort plus. Il traque Isidoro dans les rues de Madrid, persuadé qu’il rôde encore, qu’il l’observe. La traque devient obsession. Le soldat n’est plus un héros, il est un chasseur hanté.

Une ville fracturée, un monde fissuré
Dans un Madrid aux ruines encore fumantes, entre propagande politique et réalités indicibles, la vérité est devenue un poison. Ceux qui savent ne parlent pas. Ceux qui parlent n’ont rien vu. Les goules sont peut-être mortes… ou simplement retournées sous terre.
Urbano a fait son devoir. Blanca a sauvé sa carrière. Et sous les gravats du manoir effondré, les ténèbres attendent peut-être un autre visiteur.


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