Alors qu’ils se dirigeaient vers la maison Calentier, Eugénie s’arrêta soudain au coin de la rue. « Je crois que je vais vous laisser ici », annonça-t-elle. « Cette affaire semble… très personnelle, et je ne voudrais pas m’imposer davantage. »
Eugène se tourna vers elle, visiblement déçu. « Vous… vous êtes sûre ? Votre présence nous serait précieuse. »
Eugénie sourit avec une douceur qui fit rougir le jeune homme. « Vous vous en sortirez très bien sans moi, j’en suis convaincue. Et puis, Jean a besoin de retrouver seul ses souvenirs avec Mademoiselle Calentier. »
Jean, touché par cette délicatesse, acquiesça silencieusement derrière son masque.
« Je dois également terminer un travail urgent à l’atelier », ajouta Eugénie. « Un masque pour un de nos patients. Il compte sur moi. »
Jacques, pragmatique, demanda : « Et demain ? »
« Je vous retrouverai à l’agence demain matin », répondit-elle. « J’ai très envie de connaître la suite de cette histoire. »

Elle se dirigea vers l’atelier, puis se retourna vers Eugène avec un sourire espiègle : « Prenez soin de vous, monsieur Eugène. Et tâchez de ne pas laisser Jacques casser trop de choses. Bonne soirée en compagnie de Mademoiselle Calentier ! »
Eugène, embarrassé mais charmé, bégaya : « Bien… bien sûr. À demain alors. »
Ils la regardèrent s’éloigner dans la lumière déclinante, ses pas légers résonnant sur les pavés humides.
La maison Calentier
Vers 19 heures, Jean et ses deux compagnons arrivèrent dans les hauteurs de la ville, devant une imposante construction bourgeoise en brique dont la façade était presque totalement recouverte de vigne vierge. La maison Calentier, avec ses deux étages, son balcon en fer forgé et ses mansardes aménagées dans la toiture d’ardoises, dégageait une atmosphère à la fois cossue et légèrement mélancolique dans la lumière déclinante.
Seules les fenêtres du rez-de-chaussée et du premier étage étaient allumées, créant des rectangles dorés dans la pénombre naissante.
« Impressionnant », murmura Jacques en remontant l’allée de gravillons qui longeait la maison jusqu’à un garage au fond du jardin.
L’accueil de Joséphine
Joséphine les attendait sur le perron, devant la porte vitrée de l’entrée. Elle avait quitté sa robe élégante du vernissage pour une tenue plus sobre, une jupe longue et un chemisier sage qui lui donnaient un air plus domestique, mais aussi plus fragile.

« Merci d’être venus », dit-elle en les accueillant avec un sourire. « Je me sens déjà rassurée de ne plus être seule. »
Eugène remarqua que, bien que sa tension nerveuse ne soit pas retombée, elle semblait quelque peu apaisée. Ses yeux cernés trahissaient toutefois sa fragilité et accentuaient ses globes oculaires saillants.
Après les avoir introduits dans le salon, un vaste espace aux boiseries sombres et aux fauteuils de velours, elle leur précisa : « Je n’ai pas informé mon père de la… mission que je vous ai confiée. Je lui ai simplement dit que c’était un dîner entre amis. »
« C’est plus prudent », approuva Jacques.
« Il travaille actuellement dans son bureau », poursuivit Joséphine. « À son retour du vernissage, il a manifesté avec insistance le souhait de faire votre connaissance, Jean. Il se souvient de vous. »
Une révélation sur le cousin Eugène
Alors qu’ils se dirigeaient vers l’escalier pour rencontrer le professeur, Jacques demanda : « Ce cousin Eugène dont vous nous avez parlé, comment est-il physiquement ? »
Joséphine frissonna légèrement. « Le cousin Eugène m’a toujours effrayée étant petite. Peut-être était-ce lié à son physique ingrat. Son pied-bot me le faisait apparaître comme un sorcier de conte pour enfant. »
Eugène et Jacques échangèrent un regard entendu. La description correspondait parfaitement à l’homme mystérieux qu’ils avaient croisé au musée.
La rencontre avec le Professeur Calentier
Joséphine les précéda dans l’escalier étroit qui conduisait au premier étage. Quand ils ouvrirent la porte du bureau situé sur le palier, ils découvrirent le Pr. Calentier penché sur des documents, voûté dans une attitude studieuse.
Il leva la tête brusquement, la bouche entrouverte, mais en voyant sa fille, l’expression de surprise de son visage disparut. Il sourit affablement et tendit la main : « Ah, bonsoir messieurs, j’étais très concentré et je ne vous ai pas entendus monter. »

L’homme était âgé d’une soixantaine d’années, ses cheveux gris clairsemés implantés très en retrait d’un front proéminent. Il était vêtu d’une veste d’intérieur de soie brodée et un petit nœud papillon ornait le col de sa chemise. Le lien de parenté avec Joséphine était évident, particulièrement affirmé sur les yeux du père et de la fille.
Eugène, observateur, nota que sa décontraction et son aisance ne laissaient absolument pas entrevoir les troubles décrits par Joséphine.
Après les présentations, le Pr. Calentier s’adressa à Jean : « Votre visage ne m’est pas étranger, mais pardonnez-moi, je suis un bien piètre physionomiste. Rappelez-moi votre nom. »
« Jean de Trégastel », répondit ce dernier. « J’ai eu l’honneur de fréquenter votre fille avant la guerre. »
« Ah oui ! » s’exclama le professeur. « Joséphine m’avait beaucoup parlé de vous à l’époque. »
Les copies et la statuette
Quand Eugène remit au Pr. Calentier l’enveloppe contenant les copies de ses élèves, celui-ci déclara : « Voilà qui va me faire gagner un temps précieux. Merci ! »
Jacques, ne pouvant contenir sa curiosité, demanda : « Professeur, nous avons visité le musée cet après-midi. Cette statuette que vous avez découverte… elle est vraiment extraordinaire. »
Le visage du professeur devint soucieux et il livra calmement : « Cette pièce extraordinaire est probablement ce que j’ai vu de plus étrange de toute ma carrière. Il semble que cette figure d’argile à l’effigie d’une déité païenne oubliée servait d’idole à une civilisation néolithique de la côte normande. Cette découverte remet en cause un grand nombre d’hypothèses concernant les civilisations protohistoriques de Seine-Inférieure. »
Il marqua une pause, son regard se perdant dans le vague. « Elle paraît ouvrir des voies abyssales encore inexplorées. Laissez-moi plutôt tenter de vous décrire ce que je ressens. Mon esprit est sans cesse obsédé par cette créature octopode depuis que je l’ai découverte. Je la vois sous deux formes en même temps. D’une part, telle qu’elle est dans la réalité, c’est-à-dire un objet de petite taille et à trois dimensions, d’autre part comme une extension, ou une invasion, dans une dimension différente dans laquelle je n’existe que comme un élément nécessaire à sa croissance. »
L’atmosphère de la pièce sembla se refroidir. Jacques échangea un regard inquiet avec Eugène.
« En bref », poursuivit le professeur, « j’éprouve l’impression désagréable que la créature grandit dans des proportions inimaginables. Cela se répète souvent, je la vois comme un être concret se dresser devant moi tel un colosse auprès de qui je me tiens, ridiculement minuscule. Mais je vois à votre expression que vous me croyez devenu fou. »
Un long silence gênant s’installa dans le bureau.
La proposition
Le professeur sembla chercher à changer de sujet : « Quand ma fille m’a parlé de reprendre contact avec vous, je me suis aperçu de l’aubaine que vous représentiez à mes yeux. Vous devriez pouvoir me rendre un très grand service dans une tâche qu’il me faut accomplir, aussi urgente que délicate. »
Il envoya Joséphine chercher des rafraîchissements et poursuivit : « Elle concerne un collègue de longue date et aussi un membre de ma famille du côté de ma mère, le Pr Grimault. Il semble que mon cousin délaisse dangereusement ses obligations professionnelles pour ne plus se consacrer qu’à l’étude des mythologies païennes. Depuis quelques mois, il m’en veut particulièrement et surtout depuis ma découverte de la figure d’argile. Je le soupçonne, au-delà de nos thèses plutôt concordantes sur les origines de cette idole, d’entretenir un sentiment de jalousie à mon égard. »
Jacques et Eugène se regardèrent à nouveau. Les pièces du puzzle commençaient à s’assembler.
« Il est par ailleurs catégoriquement opposé à me rendre un ouvrage que je tiens de mon père et que j’ai concédé à lui prêter pour la rédaction d’un article sur l’occultisme. Il m’a récemment menacé si j’insistais davantage. Ce brutal changement d’attitude de mon cousin a fini par le rendre à mes yeux plus qu’apathique et cela me remplit de déception. »
Le professeur se pencha vers eux : « Je sollicite de votre bienveillance d’accepter d’être engagés afin de récupérer l’ouvrage et veiller à la protection de la figure d’argile qu’il m’a déclaré vouloir retirer du musée. Je vous donne rendez-vous chez lui demain matin à… disons 8 heures. Mon cousin habite un appartement rue Beffroy où il dort tard la matinée. Il a pris l’habitude de travailler la nuit. »
« Et… les honoraires ? » demanda Jacques, toujours pratique.
« Je suis prêt à vous rétribuer grassement de 1500 francs chacun pour cette mission qui doit se dérouler dans la plus totale discrétion. »
La révélation de la rencontre
Eugène hésita un moment, puis se lança : « Professeur, nous avons croisé un homme près du musée cet après-midi. Un homme âgé, boiteux, qui semblait… effrayé par notre présence. »
Le visage du Pr. Calentier se durcit. « Cela ressemble à mon cousin. Il rôde autour du musée, je le savais ! Il cherche à me compromettre. Il a dû plaider sa cause auprès du conservateur Roussel »
Il tenta de les rassurer : « Le Pr. Grimault ne représente pas de réelle menace auprès de vous. Mais au milieu de sa dernière phrase, il s’arrêta brusquement, la tête penchée sur le côté comme s’il écoutait quelque chose, tandis qu’une expression de peur panique se lisait sur son visage.
Il paraissait complètement oublier les investigateurs et semblait absorbé par un bruit venant de l’extérieur. Eugène tendit l’oreille mais ne perçut rien de plus que le croassement d’une corneille au-dehors suivi d’une sorte de sifflement comme si le vent s’engouffrait par un orifice resserré dans les mansardes de l’étage supérieur.
L’incident troublant
Puis soudain, le visage du Pr. Calentier se tordit de rage. Il bondit sur ses pieds, se rua sur la fenêtre entrouverte et la ferma dans une violence à faire voler les carreaux en éclats.
« Professeur ! » s’exclama Jacques, alarmé.
Pendant quelques instants, Calentier resta à bougonner en lui-même puis se retourna vers eux l’air affable comme s’il ne s’était rien passé. « Bonsoir, j’ai beaucoup de sommeil à rattraper, mettez-vous à votre aise, Joséphine vous a préparé à manger. »
Puis il murmura à sa fille de lui servir son repas sur un plateau avant de disparaître par la porte de sa chambre située en face de celle de son bureau.
Le désarroi de Joséphine
Joséphine, après avoir fait redescendre les investigateurs au salon, les précédant sans un mot, se laissa tomber sur le divan et se prit la tête entre les mains en murmurant à Jean : « Tu vois, je t’avais prévenu, et encore ce n’est rien. »
Elle les invita ensuite à la salle à manger pour prendre une collation préparée par ses soins et leur désigna les chambres d’amis du deuxième étage pour s’y installer.
« La nuit va être longue », murmura Jacques.
« J’en ai bien peur », répondit Eugène.
le professeur Calentier s’étant retiré dans sa chambre, Joséphine conduisit ses invités à l’étage pour leur montrer les chambres d’amis où ils passeraient la nuit.
« Installez-vous », dit-elle. « Mon père ne sortira plus de sa chambre avant demain matin. Vous avez le temps de vous familiariser avec les lieux. »
Une fois seuls, Jacques regarda ses deux compagnons. « Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On attend sagement dans nos chambres ou… »
« On explore », décida Eugène. « Si nous devons veiller le professeur cette nuit, autant connaître la maison. »
Jean acquiesça. « Discrètement. Joséphine nous fait confiance. »
Le rez-de-chaussée

Ils redescendirent silencieusement l’escalier étroit recouvert de son tapis rouge sombre. Le vestibule, carrelé d’un damier noir et blanc, distribuait de part et d’autre de la porte d’entrée le salon et la salle à manger.

Le salon était confortable mais peu luxueux. Le mobilier se composait d’un divan Louis XV, de deux fauteuils de même style, d’une cheminée et d’un piano droit. Jacques remarqua une partition des « Scènes d’enfants » de la Sonate fa dièse mineur de Schumann ouverte au-dessus des touches.
« Joséphine joue du piano », murmura Jean avec nostalgie. « Elle en jouait déjà quand… avant la guerre. »

La salle à manger était tout comme le salon, meublée de façon confortable. Au centre de la pièce se trouvaient une table Henri II et six chaises. Un grand buffet du même style habillait l’un des murs. Une porte permettait l’accès direct à la cuisine.
Dans la cuisine propre et rangée, qui possédait toutes les commodités modernes, une porte vitrée donnait sur le jardin. Jacques jeta un œil dehors.
« Le jardin a l’air bien entretenu », observa-t-il, « mais le gazon aurait besoin d’être tondu. »
Le jardin
Par curiosité, ils sortirent dans le jardin. L’extérieur de la maison, les massifs ainsi que les plate-bandes semblaient de manière générale bien entretenus, mais effectivement, le gazon n’avait visiblement pas été tondu depuis plusieurs mois.
Le garage construit au bout de l’allée servait à la fois de remise à outils pour le jardin et d’abri à une luxueuse Amilcar Sport de 6 cylindres.

« Belle voiture », apprécia Jacques. « Le professeur ne se refuse rien. »
« C’est un homme fortuné », répondit Eugène. « Mais qui néglige son jardin depuis quelque temps. »
Le premier étage
De retour à l’intérieur, ils montèrent au premier étage. Le palier distribuait deux pièces et un cabinet de toilette. La porte de la chambre du professeur était fermée, mais celle de son bureau était entrouverte.
Jacques jeta un regard à ses compagnons. « On y va ? »
Jean hésita. « C’est indiscret… »
« Mais nécessaire », trancha Eugène. « Nous devons comprendre à qui nous avons affaire. »
La chambre de Joséphine
Avant d’explorer le bureau, ils jetèrent un œil discret dans la chambre de Joséphine. La pièce attestait, par les nombreux objets personnels qui y étaient disposés, qu’elle y vivait à plein temps. La chambre était propre et rangée.

À côté d’un grand lit, les tiroirs d’une commode étaient remplis de vêtements et de sous-vêtements. Un petit bureau, une coiffeuse et une armoire remplie de robes variées complétaient les meubles de la chambre.
« Elle a vraiment fait de cette maison son foyer », murmura Jean avec une pointe de mélancolie.
« Une fille dévouée », observa Eugène. « Qui prend soin de son père. »
Le bureau du Professeur Calentier
Ils pénétrèrent dans le bureau du Pr. Calentier qui comportait un grand bureau au centre de la pièce. Une lampe à abat-jour éclairait des liasses de papier qui couvraient pêle-mêle la surface du bureau à l’exception d’un combiné téléphonique récent. Une cheminée sur laquelle était posé un buste de plâtre du naturaliste Buffon habillait un pan de mur. Elle était encadrée par d’imposantes bibliothèques garnies de livres.

La bibliothèque
Eugène, avec ses connaissances en archéologie, examina les rayonnages. « Tous ces livres traitent d’archéologie et d’anthropologie », murmura-t-il. « Des classiques du genre. »
Jean, observateur, fouilla plus attentivement et mit la main sur un manuscrit qui n’avait pas sa place dans les rayonnages : des notes du Pr. Calentier issues d’une étude menée par un certain Phileus P. Sadowsky.
« Qui est ce Sadowsky ? » demanda Jacques.
« Aucune idée », répondit Jean, « mais ses notes semblent avoir intéressé le professeur. »
Eugène, continuant ses recherches, fit glisser d’un ouvrage un feuillet simple. « Une lettre », annonça-t-il. « Rédigée par un notaire d’Yport, adressée au Pr. Calentier. » Une carte de visite au nom de Maître Ferriol, dont le cabinet se trouvait route de Criquebeuf à Yport, Seine-Inférieure, y était agrafée.
« Yport », répéta Jacques. « C’est là qu’il a trouvé la statuette. »

Les tiroirs du bureau
Jacques, pragmatique, examina les tiroirs du bureau. Dans l’un d’eux, il découvrit un revolver de calibre 38 et une boîte complète de 30 balles.

« Bon sang », chuchota-t-il. « Le professeur est armé. »
Dans un autre tiroir, il trouva une serviette en cuir brun contenant des papiers notariés mentionnant la cession par héritage au Pr. Calentier de la villa de feu Marthe Grimault, épouse Calentier, située sur la Pointe du Chicard à Yport, Seine-Inférieure.
« L’acte de propriété est daté du 22 avril 1923 », lut Eugène par-dessus son épaule. « Signé de la main du Pr Calentier. C’est très récent. »
« Attendez », dit Jean, réfléchissant. « Marthe Grimault, épouse Calentier… Ce ne serait pas… »
« La mère de Joséphine », compléta Eugène. « Et si elle s’appelait Grimault avant son mariage… »
« Alors le professeur Grimault est vraiment de la famille », conclut Jacques. « Et le professeur Calentier vient d’hériter d’une villa à Yport. »
Les implications
Ils se regardèrent, assimilant ces informations.
« Une villa à Yport », murmura Eugène. « Là où il a trouvé la statuette. Ce n’est pas une coïncidence. »
« Et le revolver ? » demanda Jacques. « Pourquoi un professeur d’histoire a-t-il besoin d’une arme ? »
Jean, pensif, observa les manuscrits. « Et qui est ce Sadowsky ? Ses recherches semblent liées à tout ceci. »
« Nous ferions mieux de remettre tout en place », conseilla Eugène. « Joséphine ne doit pas savoir que nous avons fouillé. »
Ils rangèrent soigneusement les documents et remirent les tiroirs en ordre.
Le retour dans les chambres
De retour dans leurs chambres du deuxième étage, ils firent le point sur leurs découvertes.
« Cette affaire devient de plus en plus complexe », dit Jacques. « Un héritage récent, une villa à Yport, un professeur armé, un cousin jaloux… »
« Et une statuette maudite au centre de tout cela », ajouta Eugène.
Jean, regardant par la fenêtre de sa chambre, observa les mansardes de l’étage supérieur. « Le professeur a parlé de bruits venant de là-haut. Peut-être devrions-nous… »
« Demain », l’interrompit Eugène. « Pour ce soir, nous avons déjà assez d’informations à digérer. »
Jacques consulta sa montre. « Il est presque minuit. La veillée va bientôt commencer. »
« Alors préparons-nous », dit Jean. « Après ce que nous avons découvert, j’ai encore plus peur de ce que cette nuit va nous révéler. »
L’exploration de la maison leur avait donné de précieux indices, mais elle avait aussi accru leur inquiétude. Qu’est-ce qui poussait un professeur respectable à s’armer ? Quel lien existait-il entre l’héritage et la découverte de la statuette ? Et surtout, qu’allaient-ils découvrir pendant leur veillée ?


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