Tout est silencieux, sauf les crépitements du feu. La créature s’est effondrée. La maison s’effondre avec elle. Et nos survivants, noircis de suie et de secrets, reprennent leur souffle.
Autour de la table, un silence. Puis les feuilles de personnage s’ouvrent.
C’est la phase de développement.
Lafayette augmente son tir — il faut dire que son dernier headshot dans le cave en feu valait bien ça.
Otis gagne en pistage : normal, il a suivi des traces impossibles à l’œil nu dans une maison possédée.
Cléophas, lui, muscle son baratin et sa discrétion : survivre, chez lui, c’est parler vite et marcher sans bruit.
Derniers tacles avant la nuit
Et puis, la pression retombe. C’est le moment des vannes, des petits règlements de comptes autour de la table.
Ce moment magique où les joueurs repassent la scène finale, encore et encore,.
– « Je vous ai jamais trahis. »
– « T’as quand même bloqué la porte. »
– « Mais c’était un meuble ! On sait pas qui l’a poussé, c’était le bordel ! »
Ça rit. Ça grince un peu. Personne n’est dupe. Ils ont failli y rester.
Et maintenant, ils se cherchent des excuses comme des soldats revenus sans médailles.
– « Nous, on a buté un demi-dieu. »
– « Ouais. Et maintenant, dégagez de la Plantation Saint-Aubray. Retournez crever dans les ruelles de la Nouvelle-Orléans. »
Pendant que la fiction s’achevait, Johnny Cash est entré dans la pièce.
God’s Gonna Cut You Down a résonné, martelée comme un cercueil.
Le genre de chanson qui ne parle pas de pardon. Qui dit : peu importe qui tu es, Dieu viendra te chercher.
Lentement. Implacablement.
C’est une chanson sur la vérité. Sur le prix du mensonge. Sur le fait que, tôt ou tard, tout se paie.
Parfaite pour ce final.
Parce qu’à la Plantation Saint-Aubray, tout le monde avait quelque chose à cacher. Et tout le monde a perdu quelque chose.
Et maintenant ?
Otis, Cléophas, Lafayette. Vivants. Mais plus vraiment les mêmes.
Peut-être qu’ils se recroiseront.
Peut-être qu’un autre appel viendra.
Mais ce soir, les dés sont rangés.
Les feuilles sont refermées.
Et la Plantation Saint-Aubray n’est plus qu’un tas de cendres et de mensonges.
…jusqu’à ce que quelqu’un vienne gratter la terre.


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