Alors que l’agitation s’éteint dans les étages, un carrosse imposant arrive dans la cour de la plantation. Son allure ne laisse aucun doute : un homme puissant vient d’arriver. Otis reconnaît immédiatement la figure qui descend du véhicule avec une grâce glaciale : Joshua Greenvale. Le même visage que celui du daguerréotype, mais vieilli de vingt ans.
Costume trois pièces, canne à pommeau d’argent, regard d’acier… Greenvale transpire l’arrogance et l’autorité. Il salue Otis poliment, mais sans chaleur. Il jauge. Il domine. Otis répond avec une ironie légère, masquant sa prudence derrière un sourire maîtrisé.
Mais c’est le coffre calciné que transporte son cocher qui attire l’attention. Un objet noirci par les flammes, chargé d’une odeur âcre, que Greenvale manie avec précaution, presque avec révérence.

Otis, lucide, comprend aussitôt :
“Des restes de chez M. Newton.”
Un échange de regards tendus. Ironie contre cynisme. Le duel est silencieux, mais palpable.
Charles et Joshua : les « amis » se retrouvent
Pendant ce temps, Charles sort précipitamment pour accueillir son “ami” Joshua. L’accueil est forcé, la cordialité trop marquée pour être honnête. Épaules saisies, sourires crispés, messes basses échangées : les tensions sont à peine voilées.
Cléophas, témoin de la scène, tente d’obtenir des présentations formelles. Charles esquive : Joshua est “un excellent ami”. Rien de plus. Puis, comme pour mieux évacuer Cléophas, il ajoute d’un ton sec :
“Les affaires, vous savez bien, elles n’attendent pas.”
Les deux hommes s’engouffrent dans le bureau. Les portes se referment, comme une frontière invisible se dressant entre ceux qui savent… et ceux qui doivent rester dans l’ignorance.
Dans l’ombre, Lafayette cherche encore
Lafayette, au-dessus du bureau, colle l’oreille au sol. Les voix lui parviennent, mais déformées. Distordues par le parquet. Il tente de comprendre, de capter un indice, mais échoue.
Son esprit, encore traumatisé par l’apparition de Paul, peine à se recentrer. Il lutte pour retrouver le contrôle. Il aperçoit brièvement Otis dans la cour, distingue des bribes d’agitation, mais tout semble flou.
Dans un ultime effort, il se dirige vers le tableau mystérieux, celui qu’il soupçonnait de cacher un secret.
Le secret du tableau : un passage dans les murs
Il y a bien un trou.
Le tableau dissimule une ouverture parfaite, taillée dans l’épaisseur du mur. Lafayette passe les doigts à l’intérieur : un courant d’air s’échappe. Il déplace le tableau. Derrière, un couloir étroit, taillé à même la structure de la maison, serpente comme un labyrinthe.

À la lueur de sa lampe, Lafayette découvre ce que peu ont vu avant lui : un réseau de tunnels dans les murs, permettant de circuler en silence, dans l’ombre, entre les pièces, les étages, les secrets.
Le manoir cache un autre corps. Un corps invisible. Un corps creux. Vivant. Espion.
Et dans ces couloirs, peut-être que quelqu’un — ou quelque chose — circule encore.
Toute la bâtisse est un labyrinthe creux, fait de planches, de placo et de cloisons de plâtre. On peut s’y faufiler sans être vu, circuler d’une pièce à l’autre en silence, observer sans jamais être détecté.
Il remet précipitamment le tableau en place, bouleversé, et rejoint Cléophas et Otis à l’extérieur, juste à temps pour assister à l’escalade d’une autre scène.


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