Amarré à Weissbruck, Ulrich organise la défense du Bérébéli : barricades, tours de garde, Josef armé jusqu’aux dents. Tout est prévu. Mais quand un brouillard surnaturel engloutit le port, les plumes pourpres réapparaissent et Loupiot disparaît dans la purée de pois sans laisser de trace. Malgré toutes les précautions du caporal, l’ennemi invisible a frappé. Acte 76 des Chroniques d’Ulrich von Schnitzelbach, campagne Warhammer Fantasy.
« Par les ENLÈVEMENTS nocturnes de Morr ! Nous avions tout PRÉVU ! Des tours de garde ! Des positions STRATÉGIQUES ! Joseph armé jusqu’aux dents ! Et pourtant… et POURTANT… Loupiot a disparu dans une purée de pois SURNATURELLE ! Par les brouillards traîtres de Manann, cette nuit à Weissbruck fut un DÉSASTRE ! »
Port de Weissbruck, Nuit Lugubre — An 2523 CI

Le Départ des Plumes Pourpres — Ou un message que personne ne comprend
Je retournai sur le bateau après ma confrontation INFRUCTUEUSE avec les trois inconnus.
Loupiot m’observait depuis le pont.
« Alors ? » demanda-t-il.
« Ils sont partis, » répondis-je. « Mais avant de partir… »
Je lui racontai ce que j’avais vu.
Quand j’étais remonté sur le Bérébéli, les trois individus s’étaient arrêtés.
Ils m’avaient OBSERVÉ.
Puis l’un d’eux m’avait pointé du doigt.
Le deuxième avait pris son coude et l’avait mis sous le pommeau de sa main gauche — un geste ÉTRANGE, comme un code.
Le troisième avait fait le mouvement INVERSE.
Et puis — et c’est là que ça devenait INQUIÉTANT — les trois avaient sorti chacun une PLUME.
Une plume POURPRE.
Et ils les avaient JETÉES au sol.
Puis ils étaient partis.

« C’est quoi cette histoire ? » demanda Loupiot. « Pourquoi ils nous font des signes et ensuite jettent des plumes ? »
« Je ne sais pas, » répondis-je. « Soit c’est un signe de reconnaissance auquel on n’a pas répondu correctement. Soit c’est une sorte de… MALÉDICTION. »
« Vanda, » demanda Loupiot, « ça t’évoque quelque chose ? Ce n’est pas un sort, une malédiction quelconque ? »
Vanda secoua la tête.
« Il faut PLUS que cracher par terre et jeter une plume pour lancer une malédiction. La magie n’est pas aussi SIMPLE que tu l’imagines, Loupiot. »
« Je vois bien que tu es INCAPABLE de lancer le moindre sort depuis qu’on est parti, » marmonna Loupiot. « J’imagine que ce n’est pas simple du tout. »
Vanda leva les yeux au ciel et ne répondit pas.

Les Théories — Ou quand personne ne comprend rien
Nous consultâmes ALVIRA.
Elle nous dit qu’elle n’avait jamais entendu parler de ce code précis, mais qu’elle se souvenait fort bien, lors de son éducation à Altdorf, que c’était là le grand JEU des différentes confréries et sociétés SECRÈTES que de se munir de toutes sortes de langages ésotériques et cryptiques.
« C’est un signe de RECONNAISSANCE, » conclut-elle. « Ils attendaient que vous leur répondiez. Et comme vous n’avez pas répondu correctement, ça a créé une incompréhension et de l’agacement. »
« Mais POURQUOI nous feraient-ils des signes de reconnaissance ? » demandai-je. « Nous ne sommes membres d’aucune confrérie ! »
« C’est lié au Bérébéli, » suggéra Loupiot. « Peut-être qu’ils ont cru que le prince arabien était à bord et ils ont balancé le code en croyant s’adresser à lui. »
« Ça fait LONGTEMPS qu’ils nous suivent, » contra Vanda. « Ils doivent savoir qu’Ashkaroun n’est pas avec nous. »
« Alors ils se MÉPRENNENT sur notre identité, » dis-je.
« Ou alors ils JOUENT avec nous, » dit Loupiot sombrement. « Les Plumes Pourpres nous suivent depuis le DÉBUT. Depuis la première auberge. Ils sont là, ils nous observent, mais ils ne font RIEN. À chaque fois qu’on s’approche, ils se maintiennent à distance. »
« Nos ennemis potentiels se baladent à visage DÉCOUVERT, » ajoutai-je. « Ils n’ont absolument pas peur d’être vus et reconnus. Ça veut dire qu’ils sont soit très CONFIANTS, soit très DANGEREUX. »
Un silence tomba sur le pont.
« Allons nous BARRICADER dans le bateau, » dit finalement Loupiot. « Dès que c’est possible, on part. »

L’Organisation Défensive — Ou comment transformer un bateau en forteresse
Nous étudiâmes le plan du Bérébéli.
C’était un bateau à TROIS niveaux :
Le pont supérieur — la partie exposée, avec la barre et une vue dégagée sur les quais.
Le pont intermédiaire — les cabines, avec une trappe menant au niveau supérieur.
La cale — tout en bas, avec les marchandises et une chambre isolée.
Nous décidâmes de la stratégie suivante :
Loupiot monterait la garde sur le pont SUPÉRIEUR. Position de guet. Il pourrait voir quiconque approcherait du bateau et donner l’alerte en tapant du pied sur le plancher.
Vanda et Joseph se positionneraient au niveau INTERMÉDIAIRE, près de la trappe. En cas d’alerte, ils seraient en embuscade pour intercepter quiconque descendrait après Loupiot.
Moi et Alvira nous nous terrerions tout en BAS, avec le matériel sensible — le coffre de Castor, la valise d’Alvira, tout ce qui avait de la valeur.
(Note personnelle : oui, je me cachais tout au fond du bateau. Oui, c’était la position la plus SÛRE. Non, je n’ai pas HONTE. Un bon soldat sait quand se mettre à couvert. Et quelqu’un devait protéger les TRÉSORS.)

Le Rituel de Joseph — Ou quand un batelier invoque son dieu
Avant de commencer les tours de garde, je décidai de m’adresser à Joseph.
« Écoutez, Joseph, » dis-je. « Nous sommes de toute évidence partis sur un très mauvais pied pour notre trajet. Nous allons devoir travailler ENSEMBLE de manière intelligente. »
Il me regarda avec méfiance.
« Je sais que la situation dans laquelle nous nous trouvons ne vous convient pas, » continuai-je. « Vous vous êtes fait imposer un co-capitaine flanqué de son garde du corps et de plusieurs passagers. Mais sachez que vous êtes SEUL responsable de la situation dans laquelle vous vous trouvez. »
Je marquai une pause.
« Maintenant, nous sommes SUIVIS. Il y a une embarcation avec trois personnes louches à distance. Il y a un cavalier mystérieux qui nous a précédés. Nous sommes peut-être sur le point d’être ATTAQUÉS. En tant que co-capitaine, vous êtes directement MENACÉ. Soit vous jouez AVEC nous, soit vous jouez CONTRE nous. Et la prochaine fois qu’il y aura un accident… il n’y aura pas de bouée. »
Joseph me regarda longuement.
Puis quelque chose changea dans son regard.
Il comprit que ce bateau — le Bérébéli, la prunelle de ses yeux — était en DANGER.
Et ça, il ne pouvait pas le tolérer.
Il alla chercher l’anguille qu’il avait achetée au marché.
Il trancha la TÊTE de l’anguille.
Il s’en aspergea les mains.
Il en aspergea le PONT.
Il jeta la tête de l’anguille dans la rivière.
Il prit les FLEURS.
Il les écrasa avec le sang.
Il les jeta à la rivière également.
Et il fit une PRIÈRE.
À Bogenauer, le dieu de la rivière Bogen.
Puis il se saisit de son arbalète.
Et je compris que PERSONNE ne pourrait prendre le Bérébéli sans lui passer d’abord sur le corps.

La Nuit Tombe — Ou l’attente anxieuse
Nous prîmes nos positions.
Loupiot, seul sur le pont supérieur, assis sur une chaise près de la barre, scrutant la brume qui commençait à s’épaissir.
Joseph et Vanda, au niveau intermédiaire, arbalète chargée, prêts à l’embuscade.
Et moi, tout en bas, avec Alvira.
« Tu crois que quelque chose va arriver cette nuit ? » me demanda Alvira.
« J’en suis CERTAIN, » répondis-je. « Trop de gens nous suivent, nous observent, nous font des signes. Quelque chose se PRÉPARE. »
Nous attendîmes.
Les heures passèrent.
La brume s’épaissit encore.
Et puis…

L’Attaque — Ou quand tout va mal
TAPTAPTAP !
Des coups sur le plancher.
Le signal de Loupiot !
Vanda et Joseph se mirent immédiatement en position.
Mais les coups s’arrêtèrent.
Silence.
Puis d’AUTRES coups.
TAPTAPTAP !
« C’est le signal, » chuchota Joseph.
« Ou c’est quelqu’un qui IMITE le signal, » répondit Vanda avec inquiétude.
Nous attendîmes.
Et puis nous entendîmes…
Un CRI.
Un cri EFFROYABLE.
Un cri de DOULEUR.
Un cri qui ressemblait à… la voix de LOUPIOT.
« Merde, » murmurai-je.
Je montai précipitamment rejoindre Vanda et Joseph.
« Qu’est-ce qui se passe ? » demandai-je.
« On a entendu un cri, » dit Vanda. « Et des bruits de RACLEMENT. Des talons qui grincent sur le pont. Et puis une voix qui a été tout de suite… ÉTOUFFÉE. »
« Il se fait KIDNAPPER, ce couillon ! » dis-je.
« C’est un PIÈGE, » dit Joseph.
Je me tournai vers lui.
« Joseph, passez une tête en haut. Juste pour voir. »
Joseph prit sa hache, ouvrit la trappe…
Et revint presque immédiatement.
« Je ne vois RIEN, » dit-il. « Une purée de POIS. Une brume ÉPAISSE. Impossible de voir à plus de deux mètres. »
Par les BROUILLARDS surnaturels de Morr !
Une brume était apparue — de NULLE PART — pour couvrir l’enlèvement de Loupiot !

La Décision du Caporal — Ou quand il faut sortir de sa cachette
Je pris ma décision.
« Vanda, tu descends avec Alvira. Tu restes avec elle. Tu FERMES la trappe derrière toi. »
« Et toi ? » demanda-t-elle.
« Je monte chercher Loupiot. »
Vanda me regarda avec un mélange de surprise et… était-ce du RESPECT ?
« Sois prudent, » dit-elle.
Elle descendit rejoindre Alvira.
Je me tournai vers Joseph.
« Joseph, vous me COUVREZ. On monte ensemble. »
Joseph hocha la tête, son arbalète prête.
Nous ouvrîmes la trappe.
La brume nous ENVELOPPA immédiatement.
Impossible de voir à plus de quelques mètres.
Le pont supérieur était VIDE.
La chaise où Loupiot était assis… VIDE.
Pas de traces de SANG.
Pas de corps.
Loupiot avait DISPARU.

La Recherche — Ou l’échec du caporal
Je tentai de percevoir quelque chose dans cette brume MAUDITE.
Un bruit.
Un mouvement.
N’importe QUOI.
Mais mon jet de perception fut… MAUVAIS.
Je ne voyais RIEN.
Je n’entendais RIEN.
Juste le silence.
Et cette brume ÉPAISSE qui semblait nous narguer.
« Loupiot ! » appelai-je à voix basse.
Pas de réponse.
« LOUPIOT ! »
Rien.
Il avait été enlevé.
Sous nos YEUX.
Sous notre GARDE.
Et nous n’avions RIEN pu faire.
— Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach, Qui a Organisé une Défense Stratégique du Bérébéli, Qui a Convaincu Joseph de Se Battre pour le Bateau, Qui a Assisté à un Rituel d’Anguille au Dieu Bogenauer, Qui a Entendu Loupiot Crier et Disparaître dans la Brume, Qui n’a RIEN Pu Faire pour l’Empêcher, Sur le Pont du Bérébéli, dans une Purée de Pois Surnaturelle, — An 2523 CI —
P.S. : Les PLUMES POURPRES ont jeté des plumes au sol avant de partir. Un message ? Une malédiction ? Un signe de reconnaissance auquel nous n’avons pas répondu ? Nous ne savons toujours PAS ce que ça signifie. Mais ça ne peut pas être BON.
P.P.S. : Joseph a fait un RITUEL au dieu Bogenauer. Avec une anguille, des fleurs, et du sang. Il a prié pour la protection du Bérébéli. Ça n’a PAS empêché l’attaque. Mais au moins, il est désormais de NOTRE côté.
P.P.P.S. : La BRUME. Cette maudite purée de pois est apparue de nulle part. Exactement au moment de l’attaque. Ce n’est PAS naturel. C’est de la MAGIE. Quelqu’un a couvert l’enlèvement de Loupiot avec un sortilège de brouillard.
P.P.P.P.S. : LOUPIOT a disparu. Enlevé. Kidnappé. Sous nos yeux. Nous avons entendu son cri. Nous avons entendu des bruits de lutte. Nous n’avons RIEN pu faire. Où est-il maintenant ? Qui l’a pris ? Les Plumes Pourpres ? Le cavalier mystérieux ? L’homme au visage buriné de l’Or Noir ?
P.P.P.P.P.S. : Je suis MONTÉ. Quand j’ai compris que Loupiot était en danger, je suis sorti de ma cachette. Je ne suis pas un LÂCHE. (Enfin, pas TOUJOURS.) Mais je suis arrivé trop TARD.
P.P.P.P.P.P.S. : Nous sommes coincés à Weissbruck. Notre capitaine (enfin, CO-capitaine) a été enlevé. Nous avons un coffre plein d’or à protéger. Nous avons une mission à accomplir. Et nos ennemis viennent de frapper. Cette nuit n’est pas TERMINÉE.
Par les enlèvements nocturnes de Morr, que Sigmar nous guide vers notre compagnon disparu.
[La brume tourbillonne sur le pont du Bérébéli. Quelque part dans la nuit, Loupiot est aux mains d’ennemis inconnus. Et le caporal Ulrich von Schnitzelbach, armé de sa Zweihander et de son courage fragile, va devoir le RETROUVER.]
À suivre…


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