C’est la nuit la plus sombre d’Ulrich von Schnitzelbach. Massacré par des assaillants sur le pont du Bérébéli, dépouillé de la Familienehre — l’épée de son grand-père, son honneur forgé en acier — puis jeté dans les eaux noires du canal comme un sac d’ordures. Il ne lui reste qu’un testament trempé de sang et une rage inextinguible. Mais les dieux refusent de le laisser mourir. Acte 77 des Chroniques d’Ulrich von Schnitzelbach, campagne Warhammer Fantasy.
« Par les AGONIES de Morr et les DÉPOUILLEMENTS de Ranald ! Ils m’ont BRISÉ ! Ils m’ont MASSACRÉ ! Ils m’ont VOLÉ ma FAMILIENEHRE — l’épée de mon grand-père, mon HONNEUR forgé en acier ! Et puis ils m’ont JETÉ dans les eaux noires comme un SAC d’ordures ! Il ne me reste RIEN ! Rien que ce maudit TESTAMENT trempé de sang et mes LARMES de rage ! Par les ruines de Sigmar, je JURE que je retrouverai mon épée et que je la PLANTERAI dans le cœur de ces chiens ! »
Port de Weissbruck, Nuit de Massacre — An 2523 CI

L’Assaut du Caporal — Ou quand la bravoure rencontre la brutalité
Je poussai la trappe.
Je hurlai de toutes mes forces — un cri de GUERRE destiné à intimider quiconque se trouvait sur mon passage.
« ULRICH VON SCHNITZELBACH ARRIVE ! »
Je montai l’échelle, Joseph sur mes talons.
Dès que j’eus les deux mains sur les barreaux, prêt à dégainer ma Zweihander une fois sur le pont…
La DOULEUR.
Une douleur FULGURANTE.
Dans mon DOS.
Un coup de bâton — non, de GOURDIN clouté — de ceux qu’on utilise pour tuer les bœufs, s’abattit sur moi avec une violence INOUÏE.
Je n’avais pas d’ARMURE.
(Note personnelle : j’aurais DÛ dormir avec mon armure. J’aurais DÛ. Mais j’étais dans la cale, et je m’étais… détendu. ERREUR FATALE.)
Le coup me frappa en plein dans le dos.
Mes côtes EXPLOSÈRENT.
Je sentis mes os se BRISER.
Le sang jaillit de ma bouche.
Je m’effondrai sur le pont, complètement SUFFOCANT, incapable de bouger, incapable de parler, crachant du sang et des TRIPES.
Sept points de blessure sur huit.
Il ne me restait qu’un SOUFFLE de vie.
La trappe se REFERMA derrière moi.
Joseph avait vu ce qui m’arrivait.
Et il avait REFUSÉ de monter.

Le Massacre — Ou la fin de tout espoir
Ce qui suivit fut… ATROCE.
Ils étaient TROIS.
Trois silhouettes dans la brume.
Armés de gourdins cloutés, de battes, de clubs épais.
Et ils s’ACHARNÈRENT sur nous.
Sur MOI, déjà au sol.
Sur LOUPIOT, qui s’était battu vaillamment mais qui avait été submergé par le nombre.
Sur VANDA, qui n’avait même pas eu le temps de prononcer une incantation.
Les coups PLEUVAIENT.
Brisant nos membres.
Éclatant nos chairs.
Pulvérisant nos visages.
Nous RÉDUISANT en pulpes sanglantes.
Et pendant ce temps, sous le regard PÉTRIFIÉ de Joseph et d’Alvira — épargnés, menottés, bâillonnés — nos corps étaient MARTYRISÉS.

Le Cavalier — Ou le commanditaire de notre mort
Puis nous entendîmes des ÉPERONS.
CLING. CLING. CLING.
Une quatrième silhouette monta à bord du Bérébéli.
Grande.
Imposante.
C’était le CAVALIER.
Celui que nous avions vu sur la colline.
Celui qui nous avait PRÉCÉDÉS vers Bogenhafen.
Il s’approcha de nos corps brisés.
Puis il se tourna vers Joseph.
« Tu dois comprendre, » dit-il d’une voix froide, « que face à cette engeance NOIRE, face aux séides des dieux de la CORRUPTION, il n’y a nulle pitié. Nulle empathie. »
Il fit un signe à ses hommes.
« Fouillez-les. Prenez TOUT. »
Et ils nous DÉPOUILLÈRENT.
Notre OR — chaque pièce, chaque sou.
Nos ARMES.
Et…
Ma ZWEIHANDER.
Ma FAMILIENEHRE.
L’épée de mon GRAND-PÈRE.
L’épée que j’avais achetée avec mes économies de TROIS CAMPAGNES.
L’épée que j’avais nommée « HONNEUR FAMILIAL ».
L’épée qui TRANCHAIT aussi bien dans les mains d’un caporal que dans celles d’un capitaine.
Je la vis — à travers mes paupières ensanglantées, à travers le voile de douleur — je la vis être SAISIE par l’un de ces chiens.
Je tentai de CRIER.
Mais aucun son ne sortit de ma gorge brisée.
Je tentai de BOUGER.
Mais mon corps refusait de m’obéir.
Et ma Familienehre — mon HONNEUR — fut EMPORTÉE.

La Noyade — Ou les derniers instants avant le noir
« Balancez la femelle par-dessus bord, » ordonna le cavalier.
Ils traînèrent VANDA.
Ils la jetèrent dans les eaux noires de la Bogen.
« Où est le QUATRIÈME ? » demanda le cavalier.
Joseph, mort de TROUILLE, balbutia :
« I-il n’y avait qu’eux ! Je vous JURE ! Il n’y avait qu’eux ! Et elles ! »
Le cavalier le fixa longuement.
« Vous n’avez pas l’air très sûr. »
Puis il se tourna vers Alvira.
« Malice. PARTEZ. Mettez le plus de distance entre eux et vous. Si je vous RECROISE, je considérerai que vous êtes dans leur camp. Et que c’est un MAUVAIS camp. »
Et il fit un nouveau signe.
« Balancez les deux autres. »
Et nos corps — le mien et celui de LOUPIOT — furent jetés par-dessus bord.
Dans les eaux NOIRES.
Dans les courants de la BOGEN.
Sans nos armes.
Sans notre or.
Sans RIEN.

L’Intervention Divine — Ou quand le Destin refuse de nous laisser mourir
Je coulai.
L’eau glacée m’enveloppa.
Le sang qui s’échappait de mes blessures se mêla aux ténèbres liquides.
Je n’avais plus de force.
Plus d’air.
Plus d’espoir.
Plus d’ÉPÉE.
Et pourtant…
Quelque chose m’EMPÊCHA de mourir.
Peut-être était-ce la prière que Joseph avait faite à BOGENAUER, le dieu de la rivière, avant que la nuit ne tombe.
Peut-être était-ce RANALD, le dieu des voleurs et de la chance, qui refusait de laisser mourir un pion aussi AMUSANT que moi.
Peut-être était-ce simplement le DESTIN qui avait décidé que mon histoire n’était pas TERMINÉE.
Les courants m’entraînèrent.
Loin du Bérébéli.
Loin de mes ennemis.
Loin de ma FAMILIENEHRE.
Et au petit matin, je fus retrouvé ÉCHOUÉ sur les rives de la Bogen.
Vivant.
À PEINE.
Mais VIVANT.

Les Survivants — Ou comment trois morts se relèvent
Nous fûmes repêchés par de simples PÊCHEURS.
Des braves gens qui virent trois corps brisés sur la berge et qui décidèrent de nous AIDER plutôt que de nous laisser pourrir.
Ils nous nourrirent.
Ils nous RECOUSURENT.
Ils nous soignèrent avec les moyens du bord.
Loupiot avait survécu — grâce à son talent de NAGEUR et à l’intervention divine.
Vanda avait survécu — mais elle avait dépensé presque toute sa CHANCE pour ce faire.
Et moi… j’avais survécu.
Avec trois côtes brisées.
Un visage tuméfié.
Et un TROU béant dans mon âme là où se trouvait autrefois ma Familienehre.
Le Bilan — Ou ce que nous avons perdu (c’est-à-dire TOUT)
Quand nous reprîmes conscience, nous fîmes l’inventaire de ce qui nous restait.
Ce que nous avions PERDU :
Le BÉRÉBÉLI — notre bateau, parti avec Joseph et Alvira vers Bogenhafen.
Le COFFRE de Castor Liebierong — avec toutes les pierreries et l’or qu’il contenait.
La VALISE d’Alvira — avec les ingrédients du mystérieux rituel.
Notre OR — TOUT notre argent. Chaque couronne. Chaque shilling. Chaque maudite pièce de cuivre.
Nos ARMES — TOUTES nos armes.
Ma FAMILIENEHRE — l’épée de mon grand-père. Mon HONNEUR. Mon ÂME forgée en acier. VOLÉE par ces chiens.
Notre DIGNITÉ — massacrés, dépouillés, jetés comme des ordures, laissés pour morts.
Ce que nous avions CONSERVÉ :
Le TESTAMENT — la lettre de Castor concernant l’héritage du baronnet. Je l’avais gardée contre ma poitrine, sous mes vêtements. Elle était trempée, tachée de sang, presque illisible… mais encore UTILISABLE.
Nos LARMES.
Et c’est TOUT.
Par les DÉPOUILLEMENTS de Ranald, nous n’avions plus RIEN D’AUTRE.

La Nouvelle Donne — Ou l’avantage d’être un fantôme sans le sou
« C’est intéressant, » dit Loupiot alors que nous nous remettions de nos blessures. « Ils pensent qu’on est MORTS. »
« Comment ça, intéressant ? » grognai-je. « On s’est fait MASSACRER ! On s’est fait VOLER ! Ma FAMILIENEHRE… »
Ma voix se brisa.
« Mon épée… L’épée de mon grand-père… Ils me l’ont PRISE… »
Loupiot posa une main sur mon épaule.
« On la RETROUVERA, Ulrich. »
« Comment ? On n’a plus RIEN ! Pas un SOU ! Pas une ARME ! Rien que ce testament trempé de sang et nos LARMES ! »
Vanda intervint :
« Le cavalier a demandé où était le QUATRIÈME. Il cherchait quelqu’un d’AUTRE. »
« Ashkaroun, » dis-je amèrement. « Ils pensaient qu’Ashkaroun était avec nous. »
« Ce qui veut dire qu’ils le CHERCHENT. Et qu’ils ne savent pas où il EST. »
Nous restâmes silencieux un moment.
Nous étions vivants.
PAUVRES comme des rats d’égout.
BRISÉS comme des jouets.
DÉPOUILLÉS de tout ce que nous possédions.
Mais VIVANTS.
Et nos ennemis ne le savaient pas.

Vers Bogenhafen — Ou la fin d’un chapitre et le début d’un autre
Nous n’avions plus rien.
Plus de bateau.
Plus d’argent.
Plus d’équipement.
Plus d’ARMES.
Juste nos vêtements trempés, nos corps recousus, un testament froissé, et nos LARMES de rage.
Mais nous avions une DESTINATION : BOGENHAFEN.
C’est là que se trouvait le Bérébéli — avec Joseph et Alvira.
C’est là que se trouvait le coffre de Castor.
C’est là que se trouvait — peut-être — ma FAMILIENEHRE, aux mains de ces chiens qui me l’avaient volée.
C’est là que se trouvait l’héritage du baronnet Liebierong — vingt mille couronnes d’or, un manoir, des terres, un TITRE.
C’est là que se déroulait la SCHAFFENFEST — la grande foire.
Et c’est là que nous irions.
À PIED.
Comme des MENDIANTS.
Comme des CHASSEURS DE RATS.
Car c’est ce que nous étions devenus.
Des survivants sans le sou.
Des revenants en guenilles.
Des FANTÔMES que personne n’attendait plus.
FIN DE L’ACTE DE WEISSBRUCK
— Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach, Qui a Été MASSACRÉ à Coups de Gourdin, Qui a Été DÉPOUILLÉ de TOUT — Son Or, Ses Armes, Son ÉPÉE, Qui a Été JETÉ dans les Eaux Noires de la Bogen, Qui a SURVÉCU par l’Intervention des Dieux, À Qui il Ne Reste Plus que le TESTAMENT et ses LARMES, Quelque Part sur les Rives de la Bogen, En Route vers Bogenhafen, — An 2523 CI —
P.S. : Ma FAMILIENEHRE. L’épée de mon grand-père. L’épée que j’avais nommée « Honneur Familial ». L’épée avec laquelle j’ai vaincu tant d’adversaires. L’épée qui faisait de moi un SOLDAT. Ils me l’ont VOLÉE. Ces chiens aux plumes pourpres, ce cavalier maudit… ils m’ont pris mon HONNEUR. Et je JURE sur les cendres de mes ancêtres que je la RÉCUPÉRERAI. Dussé-je les traquer jusqu’aux portes de l’enfer.
P.P.S. : Il ne nous reste RIEN. Pas un sou. Pas une arme. Juste ce testament trempé de sang — la lettre de Castor concernant l’héritage — et nos LARMES. Vingt mille couronnes d’or nous attendent à Bogenhafen… si nous arrivons à prouver notre identité. Sans argent. Sans équipement. En GUENILLES.
P.P.P.S. : Le BÉRÉBÉLI est parti vers Bogenhafen avec Joseph et Alvira. Le coffre de Castor est toujours à bord. La valise d’Alvira aussi. Et peut-être… peut-être ma Familienehre est-elle aussi à bord, entre les mains de ces assassins. Je dois les RETROUVER.
P.P.P.P.S. : Le CAVALIER a demandé « où est le quatrième ? ». Ils cherchaient ASHKAROUN. Ce qui veut dire qu’ils le TRAQUENT. Et qu’il est quelque part, lui aussi, poursuivi par ces mêmes ennemis. Peut-être le reverrons-nous à Bogenhafen ?
P.P.P.P.P.S. : Ils nous croient MORTS. C’est notre seul AVANTAGE. Personne ne cherche un fantôme. Personne ne surveille un cadavre. Quand nous arriverons à Bogenhafen, nous serons INVISIBLES. Et nous frapperons quand ils ne s’y attendront PAS.
P.P.P.P.P.P.S. : Nous allons devoir chasser les RATS dans les égouts de Bogenhafen pour gagner quelques misérables pièces de cuivre. Moi, Ulrich von Schnitzelbach, caporal de la garde de la Gravine, descendant des barons du Stirland, réduit à patauger dans la MERDE pour survivre. Sans mon épée. Sans mon honneur. Avec juste mes larmes et ma RAGE.
Mais je me RELÈVERAI.
Je retrouverai ma FAMILIENEHRE.
Et je VENGERAI ce qui nous a été fait cette nuit.
Par le SANG et par l’ACIER.
C’est une PROMESSE.
[Les eaux de la Bogen coulent vers l’ouest. Quelque part sur ses rives, trois corps brisés et dépouillés reprennent conscience. Quelque part sur le fleuve, un bateau nommé Bérébéli navigue vers Bogenhafen. Et quelque part dans l’Empire, des hommes aux plumes pourpres se félicitent d’avoir éliminé une menace — et comptent leur butin volé.
Ils ont tort.
Les morts ne restent pas toujours morts.
Et un caporal sans son épée est un caporal très, très EN COLÈRE.]
À SUIVRE…
PROCHAIN ACTE : BOGENHAFEN
Où trois chasseurs de rats arriveront à la grande foire. Où un héritage de vingt mille couronnes attend toujours son destinataire. Où une épée nommée Familienehre attend d’être RÉCUPÉRÉE. Et où les Plumes Pourpres découvriront que les fantômes peuvent être très, très DANGEREUX.


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