Altdorf s’éloigne dans la brume rouge. À bord du Bérébéli, Kastor Liebierung confie à Ulrich une lettre explosive : il est l’héritier d’un baronnet d’Ubersreik — manoir, terres, titre et vingt mille couronnes d’or impériales. Et c’est au caporal qu’il demande de le représenter pour récupérer cette fortune. Pendant ce temps, Josef le second rend tout le monde fou à la barre. Acte 74 des Chroniques d’Ulrich von Schnitzelbach, campagne Warhammer Fantasy.
« Par les HÉRITAGES inattendus de Sigmar qui tombent du ciel comme la manne divine ! Voilà que Kastor Liebierung me confie non seulement un coffre plein d’or, mais aussi une LETTRE qui révèle qu’il est l’héritier d’un baronnet avec un MANOIR, des TERRES, un TITRE et VINGT MILLE couronnes d’or impériales ! Et il veut que MOI, humble caporal, je le représente légalement pour récupérer tout ça ! Par les fortunes de Ranald, suis-je en train de rêver ?! »
À Bord du Magnifique Bérébéli, Canal de Weissbruck — An 2523 CI

La Lettre de Kastor — Ou quand un duelliste confie un secret qui vaut une fortune
Au moment où nous quittions Altdorf, alors que les brumes rouges de cette ville de fous s’éloignaient derrière nous, Kastor Liebierung fit quelque chose d’INATTENDU.
Il me glissa un PAPIER dans les mains.
Et il me dit, droit dans les yeux, de telle sorte que je sois le seul à l’entendre :
« Je vous ai vu COMBATTRE à Kemperbad. Vous avez été ÉPOUSTOUFLANT. C’est d’un homme tel que vous — et de votre TROUPE — dont j’ai besoin. »
Il marqua une pause.
« Vous trouverez dans cette lettre des instructions. Je vous demanderai de ne la lire qu’une fois que vous aurez quitté Altdorf. Tout deviendra CLAIR. Tout s’éclairera une fois que vous l’aurez lue. »
Et il disparut dans les brumes.

La Révélation sur le Pont — Ou comment découvrir qu’on transporte plus qu’un simple coffre
Une fois Altdorf loin derrière nous, nous nous réunîmes tous à l’avant du Bérébéli.
À l’arrière, Josef — notre nouveau « second » — barrait le bateau en maugréant.
Je sortis la lettre.
Et je la lus à voix haute : « Pas de cachotterie avec le caporal ! »
Elle était rédigée en écriture gothique élégante, portant le sceau d’un cabinet juridique de Bogenhafen.
Messires Lock, Stock & Barl
Notaires, Commissaires aux serments, etc.
Garten Weg
BögenhafenCher Herr Lieberung,
Après de longues recherches, nous sommes portés à croire que vous êtes le dernier parent vivant de feu le baronet Lieberung, d’Ubersreik.
Si cela s’avère exact, et si aucun autre élément inconnu de nous à ce jour ne venait à se présenter, je suis chargé de vous informer que vous
êtes l’unique bénéficiaire des dernières volontés et du testament de feu le Baronet (ci-après dénommé la première partie), ainsi que du titre et
de toutes les terres et propriétés s’y rattachant.
Je, soussigné, agissant en ma qualité d’exécuteur légal du document de la première partie mentionné ci-dessus, vous prie de vous rendre avec
toute la célérité voulue à mes bureaux situés à l’adresse indiquée dans la présente lettre. Dès lors, et sous réserve que vous puissiez produire
une déclaration sous serment signée et attestée par deux témoins confirmant votre identité de Kastor Aloysius Lieberung, nous aurons le
plaisir de vous remettre le titre de propriété du manoir de Lieberung et de toutes les terres et propriétés s’y rattachant, ainsi que la somme
de vingt mille couronnes d’or impériales.
Votre humble et dévoué serviteur,
Dietrich Barl. K.C., LL.B. (Alt)
Signé en ce dixième jour de Nachhexen, dans la deux mille cinq cent douzième année de l’Empire
Un silence ABSOLU tomba sur le pont.
« Vingt… MILLE ? » murmurai-je.
« Vingt mille couronnes d’OR, » confirma Loupiot en relisant la lettre par-dessus mon épaule.
Par les FORTUNES de Ranald !
C’était plus d’argent que je n’en verrais jamais dans toute ma vie de caporal !
Plus d’argent que toute la solde de la garde de la Gravine réunie !
Plus d’argent que… que… que tout ce que je pouvais IMAGINER !

La Mission de Représentation — Ou pourquoi Kastor ne peut pas y aller lui-même
« Mais ATTENDS, » dit Vanda en fronçant les sourcils. « Pourquoi Kastor ne peut-il pas aller lui-même récupérer son héritage ? Pourquoi t’envoie-t-il TOI comme représentant légal ? »
C’était une excellente question.
Une question qui sentait le LOUP.
« Il y a forcément une QUENELLE là-dessous, » marmonna Loupiot. « On ne confie pas vingt mille couronnes d’or à un inconnu sans raison. »
Mais en relisant la lettre, je compris.
Kastor me faisait CONFIANCE.
Il m’avait vu combattre à Kemperbad — ce fameux duel sur la poutre où j’avais, par miracle et par talent (surtout par talent), vaincu un adversaire redoutable.
Il avait vu en moi un HOMME D’HONNEUR.
Un homme de PAROLE.
Un REDOUTABLE bretteur.
Et il comptait sur ces qualités pour que je récupère son héritage… et que je le lui restitue INTÉGRALEMENT.
« Tu vois, mon cher Ulrich, » dit Loupiot avec un sourire satisfait, « j’ai BIEN fait de vanter tes talents de bretteur auprès de lui ! Ta réputation, grâce à MOI, est en train de monter de manière EXPONENTIELLE ! »
Je le regardai avec suspicion.
« Grâce à TOI ? C’est toi qui as promis ma tête en DUEL à ce type ! »
« Et c’est grâce à ça qu’il te fait maintenant CONFIANCE pour récupérer vingt mille couronnes d’or ! Tu devrais me REMERCIER ! »
Par les LOGIQUES tordues de Ranald…

La Tentation — Ou quand un batelier suggère l’impensable
Loupiot se pencha vers moi avec un air de conspirateur.
« Mon cher Ulrich… Tu ne trouves pas qu’on est tombé sur un beau PIGEON ? »
« Qu’est-ce que tu insinues ? »
« Vingt mille couronnes d’or. Un manoir. Des terres. Un TITRE de baronnet. Et tout ça confié à… NOUS. Sans garantie. Sans surveillance. »
Ses yeux brillaient d’une lueur que je n’aimais PAS.
« Tu suggères qu’on ARNAQUE Kastor Liebierung ? » demandai-je, choqué.
« Je dis simplement qu’on pourrait… RECONSIDÉRER les termes de notre arrangement. »
« Non, bien sûr que NON ! » m’exclamai-je.
« Pourquoi pas ? »
« Parce que c’est un BRETTEUR de légende ! Le meilleur de l’Empire ! Si on le vole, il nous RETROUVERA et il nous TUERA ! »
Loupiot réfléchit un instant.
« C’est un argument valable, » concéda-t-il.
« Et parce que je suis un homme d’HONNEUR ! » ajoutai-je avec dignité.
« Oui, oui, ça aussi, » dit Loupiot en balayant l’air de la main. « Mais surtout parce qu’il nous tuerait. »
Vanda secoua la tête avec exaspération.
« Vous êtes en train de me CONTAMINER, ce n’est pas possible. »

Le Canal de Weissbruck — Ou l’enfer des écluses et des bateliers bavards
Notre voyage nous menait à travers le Canal de Weissbruck — une voie d’eau artificielle de 96 kilomètres qui reliait le Reik à la ville de Weissbruck.
Et c’est là que commença notre CALVAIRE.
Josef — notre « second » devenu capitaine déchu — n’avait DE CESSE de venir aux côtés de Loupiot pour réclamer sa part de tout.
Sa part des péages.
Sa part des provisions.
Sa part de TOUT.
Et surtout, il n’avait DE CESSE de nous INSTRUIRE sur le canal.
« Savez-vous QUAND le canal de Weissbruck a été achevé ? » demanda-t-il.
« Non, et je m’en fiche, » répondit Loupiot.
« En 2502 du calendrier impérial ! » continua Josef sans se démonter. « Et savez-vous POURQUOI il a été construit ? »
« Pour nous faire chier ? »
« Pour éviter les péages TROP ÉLEVÉS de la ville de Carrebourg ! » Josef rayonnait de fierté. « Et savez-vous quelle est la LARGEUR maximale du canal ? »
« Josef… »
« SEPT MÈTRES ! Sept mètres pile-poil ! Ce qui signifie que le canal est bien trop ÉTROIT pour que deux péniches plus grandes puissent s’y croiser ! »
Par les BAVARDS de Sigmar, cet homme était INSUPPORTABLE !

Les Questions Sans Fin — Ou comment un ancien capitaine torture son équipage
Josef ne s’arrêtait JAMAIS.
« Savez-vous qui est le DIEU de cette rivière ? » demanda-t-il.
« C’est Loupiot, non ? » tentai-je.
« FAUX ! C’est BOGENAUER ! Le dieu de la rivière Bogen ! Mieux vaut le MÉNAGER ! Vous avez des légumes ? Des OFFRANDES à lui faire ? »
« Josef… »
« Et savez-vous comment s’appelle le PATROUILLEUR EN CHEF qui patrouille sur cette partie du canal ? »
« Non, et je ne veux pas le savoir. »
« C’est le sergent GLUCKER ! C’est le chef de la patrouille ! Il est très connu, MOI je le connais ! »
« Josef, FERME-LA ! »
Mais Josef était INTARISSABLE.
« Et savez-vous combien il y a de FAMILLES qui se partagent le contrôle du canal ? »
« Les douze comtes électeurs ? » hasardai-je.
« FAUX ! N’importe quoi ! Il y en a TROIS ! Il y a la maison Gruber de Weissbruck, il y a les… »
Je me tournai vers Vanda avec un regard SUPPLIANT.
« Est-ce que tu peux lui jeter un sort de SILENCE ? S’il te plaît ? »
« Je ne pratique pas ce genre de magie, » répondit-elle avec un sourire sadique. « Et je trouve ça très DIVERTISSANT. »

La Traversée du Canal — Ou l’enfer des écluses, des péages et des anecdotes de bordel
Le canal était ponctué d’ÉCLUSES.
À chaque écluse, un mécanisme ingénieux — conçu par les nains du temps de leur grandeur — permettait de contrôler le niveau de l’eau et de faire passer les barges.
Et à chaque écluse, il y avait un représentant du service des impôts impérial qui réclamait un DROIT DE PASSAGE.
« Savez-vous combien ça coûte pour passer une écluse ? » demanda Josef.
« NON ! » hurlâmes-nous en chœur.
« Une demi-pièce de cuivre ! Mais attention, c’est AUGMENTÉ depuis la dernière fois que je suis passé ! »
Et il continua.
Et continua.
Et CONTINUA.
À un moment, Loupiot tenta de raconter une anecdote de son enfance au bordel — quelque chose à propos d’un « canal étroit » et de « largeur » — mais personne ne comprit la blague, et Vanda le fit taire d’un regard GLACIAL.
« Je me souviens d’une blague qu’on racontait au bordel où ma mère m’a gentiment élevé, » dit Loupiot. « Il y avait une histoire de canal étroit et de largeur… mais je n’ai jamais bien compris pourquoi tout le monde riait. »
« LOUPIOT ! » s’exclamèrent Vanda et Alvira en même temps.
« Quoi ? Je n’ai pas compris la blague ! Je ne fais que RAPPORTER ! »
Par les ANECDOTES INAPPROPRIÉES de Ranald, ce voyage allait être LONG.

Vers Weissbruck — Ou la promesse d’un répit
Malgré les bavardages incessants de Josef, nous progressions.
Le canal était étroit, les écluses nombreuses, mais le Bérébéli avançait.
Alvira — toujours déguisée en colporteur moustachu par précaution — commençait à se détendre. La prophétie ne s’était pas réalisée à Altdorf. Peut-être que nous l’avions évitée.
Vanda restait vigilante, scrutant les berges du canal à la recherche de menaces.
Et moi, je contemplais la lettre de Kastor.
Vingt mille couronnes d’or.
Un manoir.
Des terres.
Un titre de baronnet.
Tout cela attendait à Bogenhafen.
Tout cela serait à portée de main dès que nous arriverions.
Et tout cela devrait être restitué à Kastor.
(Note intime : mais quand même… VINGT MILLE couronnes d’or… Ça fait rêver, non ? Non. Je suis un homme d’honneur. Je ne volerai pas. Mais quand même… Non. HONNEUR. Voilà.)
— Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach, Qui Vient de Découvrir qu’on lui Confie un Héritage de Vingt Mille Couronnes d’Or, Qui Doit Représenter Légalement Kastor Liebierung à Bogenhafen, Qui Subit les Bavardages Incessants d’un Second Insupportable, Qui Traverse le Canal de Weissbruck en Rêvant de Fortune, À Bord du Magnifique Bérébéli, — An 2523 CI —
P.S. : VINGT MILLE couronnes d’or. Un MANOIR. Des TERRES. Un TITRE de baronnet. Et tout ça confié à MOI. À moi, Ulrich von Schnitzelbach, humble caporal. Kastor Liebierung voit en moi un homme d’HONNEUR. Et je ne le décevrai pas. (Mais quand même… vingt mille couronnes…)
P.P.S. : Josef est INSUPPORTABLE. Il connaît TOUT sur le canal. La date de construction. La largeur. Les familles qui le contrôlent. Le nom du patrouilleur en chef. Le prix des péages. Le dieu de la rivière. TOUT. Et il n’arrête pas de PARLER. Par les bavards de Sigmar, faites-le TAIRE.
P.P.P.S. : Loupiot a suggéré qu’on ARNAQUE Kastor et qu’on garde l’héritage pour nous. Je lui ai rappelé que Kastor est le meilleur BRETTEUR de l’Empire et qu’il nous retrouverait et nous TUERAIT. Ça l’a calmé. L’honneur, c’est bien, mais la peur de mourir, c’est MIEUX.
P.P.P.P.S. : Prochaine étape : WEISSBRUCK. Puis BOGENHAFEN et la Schaffenfest. Avec un coffre plein d’or à protéger. Avec une lettre d’héritage à présenter. Avec les Plumes Pourpres probablement dans notre sillage. Et avec Josef qui continue à PARLER. Par les silences de Morr, accordez-moi la paix.


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