Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach
« Par les tétons ensorceleurs de Shallya qui dansent sous la lune ! Voilà que je me retrouve à naviguer entre une apothicaire qui me lorgne comme un jambon de foire et des conspirations plus tortueuses que les boyaux d’un Troll des rivières après un banquet de gobelins ! »

Il est des voyages qui ressemblent à une promenade champêtre. Des balades paisibles où l’on contemple les moulins, où l’on salue les pêcheurs, où l’on déguste du pain frais acheté aux écluses.
Ce voyage n’était pas de ceux-là.
Non, ce voyage sentait le complot comme une latrine d’alchimiste un jour de canicule. Il puait le secret comme une fosse aux cochons après la Saint-Sigmar. Et moi, pauvre caporal — pardon, futur capitaine — me voilà à barboter dans cette mélasse d’intrigues avec pour seules armes ma Zweihander, mon instinct de vieux chien de garde, et deux femmes qui se regardent comme des chattes prêtes à se sauter à la gorge.
Que Morr me prenne si je comprends comment j’en suis arrivé là.

L’Apothicaire et ses Mystères — Ou comment une femme aux dents de lapin vous regarde comme un étalon de concours tout en refusant de cracher le morceau
Sur le pont de « La Destinée », tandis que nous remontions le Reik vers l’ouest, Vanda reprit son interrogatoire.
« Qui vous a engagée ? Pour qui travaillez-vous ? »
Elvyra la regarda avec un sourire qui n’atteignait pas ses yeux.
« J’ai été grassement payée par un employeur qui a tenu à garder l’absolue intégralité de son identité secrète. »
Elle expliqua qu’en plus d’une somme « plus que colossale » en couronnes, cet employeur mystérieux avait payé pour ce voyage en totale clandestinité. Il tenait à garder le plus complet et absolu des anonymats.
« D’ailleurs, » ajouta-t-elle, « je n’ai jamais pu dialoguer directement avec lui. J’ai été en contact uniquement avec ses serviteurs ou ses hommes de main. »
« Vous ne savez donc pas de qui il s’agit ? » demandai-je.
« Absolument pas. »
Voilà qui était bien mystérieux.
(Note sur les employeurs anonymes : dans mon expérience de mercenaire, quand quelqu’un paie une fortune pour rester dans l’ombre, c’est généralement qu’il prépare quelque chose de terrible. Les honnêtes gens n’ont pas besoin de se cacher derrière des intermédiaires.)

La Potion Interdite — Ou pourquoi il ne faut jamais demander ses secrets à une femme qui vous toise comme un casse-croûte
Vanda, toujours aussi tenace, poussa plus loin :
« Et quelle est cette potion que vous devez livrer ? Quel rituel est-il censé accomplir ? »
Le visage d’Elvyra changea.
Elle se tourna vers notre apprentie magicienne avec un regard que je ne lui connaissais pas encore — un regard porcin, calculateur, dangereux. Et moi qui suis du Stirland, je sais qu’il faut se méfier des porcs. Il est bien des régions du Reikland où, pour faire disparaître ses ennemis, on les jette dans la fosse aux cochons. Ces créatures omnivores peuvent être redoutables quand elles ont faim.
Ce regard-là, c’était celui de la truie qui a envie de faire un casse-croûte avec votre tête.
« Je vois bien que tu es apprentie, » dit-elle sèchement à Vanda. « Ta tenue est à l’image du vent que tu canalises — l’améthyste, n’est-ce pas ? »
Elle fit une pause, laissant le silence s’épaissir.
« Et tu as certainement appris qu’il est très mal poli — d’une brutalité et d’un manque de courtoisie évidents — de demander à un apothicaire ses secrets de fabrication. Cela revient à demander à un très puissant magistère les secrets de son grimoire. »
« Je ne vous demande pas la recette, » insista Vanda. « Je vous demande simplement quelle potion vous a été commandée. Quelle est sa finalité. »
Elvyra la fixa longuement.
« Je ne te répondrai pas. »
Et elle n’en démordrait pas.
Les apothicaires de son calibre — ceux qui manipulent des poudres de licorne, des morceaux de peau séchée de créatures légendaires, des… composants que je préfère ne pas imaginer — ces apothicaires-là gardent jalousement leurs secrets. C’est ce qui fait leur valeur. C’est ce qui les maintient en vie.
(Réflexion : ce que nous savions, c’est que cet employeur mystérieux était de Bogenhafen. Qu’il s’apprêtait à accomplir un rituel d’une grande puissance. Et qu’il avait les moyens de payer une fortune pour obtenir les services d’une apothicaire de renom et la faire exfiltrer en secret. Tout cela ne présageait rien de bon.)

Les Pistes qui Mènent à Bogenhafen — Ou nos théories de comptoir sur l’identité du fumier qui tire les ficelles
Cette nuit-là, tandis qu’Elvyra dormait dans la cabine (après m’avoir lancé un dernier regard qui suggérait qu’elle aurait préféré que je l’y accompagne), nous discutâmes entre nous sur le pont.
« Qui pourrait être ce client mystérieux ? » demanda Loupiot à voix basse.
Les possibilités étaient nombreuses.
Johannes Teugen, le prince marchand qui voulait faire de Bogenhafen une cité franche. Un homme ambitieux, puissant, qui avait les moyens de payer une fortune pour des services discrets.
Wilhelm von Saponatheim, le noble local qui possédait un artefact arabien — celui-là même qu’Etelka cherchait, selon ce que nous avions compris.
Ou peut-être… les Wittgenstein ? Cette famille maudite dont les tentacules semblaient s’étendre bien au-delà de leur château en ruines ?
« Et si c’était Etelka elle-même ? » suggéra Vanda d’une voix pensive. « Elle cherche quelque chose à Bogenhafen. Elle a besoin d’Ashkaroun pour accéder à certains cercles. Si elle prépare un rituel… »
L’idée avait du sens.
Etelka et ce mystérieux employeur pouvaient même faire partie d’une même confrérie. D’un même cercle de conspirateurs œuvrant dans l’ombre.
« De toute façon, » conclus-je, « Etelka n’a pas le cul propre. Ça, c’est une certitude. Comme Ashkaroun. »
Tous les chemins menaient à Bogenhafen. Tous les fils de cette conspiration semblaient converger vers cette ville et sa Schaffenfest.
Et nous, pauvres idiots, nous naviguions droit vers le cœur de cette toile d’araignée.

La Question des Plumes Pourpres — Ou comment distinguer une cultiste de Slaanesh d’une simple femme en chaleur (spoiler : c’est plus compliqué qu’on ne croit)
Une pensée me traversa l’esprit.
Ces derniers temps, partout où nous allions, nous trouvions des traces de corruption. Les plumes pourpres de l’Auberge des Trois Plumes. Les érudits qui s’étaient éventrés en invoquant Slaanesh. La créature tentaculaire du Reik.
Et Elvyra, avec ses regards lubriques et ses « bouffées de chaleur »…
« Vanda, » murmurai-je, « cette femme… tu ne penses pas qu’elle pourrait être… corrompue ? Comme les autres ? »
Vanda secoua la tête.
« Non. J’ai observé. Elle n’a rien à voir avec les plumes pourpres ou Slaanesh. C’est juste une apothicaire qui fait son travail. »
« Mais ses regards… ses allusions… »
« Ce n’est pas de la corruption du Chaos, caporal. C’est juste une femme qui a envie de vous. »
Elle marqua une pause.
« Il y a une différence. »
(Note sur la différence entre corruption et désir : apparemment, toutes les femmes qui me dévorent du regard ne sont pas des cultistes de Slaanesh. Certaines sont juste… entreprenantes. Je ne sais pas si c’est rassurant ou inquiétant. Peut-être les deux.)

Notre Plan de Génie — Ou comment trois idiots décident de jouer les protecteurs d’une dame qui en sait plus qu’elle ne dit
Nous avions un avantage : Elvyra ne savait pas que l’équipage original de « La Destinée » était mort. Elle ne savait pas que nous avions récupéré ce bateau par hasard, après l’attaque des naufrageurs de Pollutio.
Elle pensait que nous étions simplement des voyageurs qui avaient accepté de la transporter.
« On pourrait se faire passer pour les mandataires originaux, » suggéra Loupiot. « Réclamer la récompense qui leur était destinée. »
« Ou on joue franc jeu, » proposai-je. « On lui dit qu’on a récupéré la barge, qu’on va tous à Bogenhafen, et qu’on se propose de la protéger jusqu’à ce qu’elle rencontre ses clients. »
« La protéger ? » Loupiot haussa un sourcil. « Avec tes charmes, caporal ? »
« Avec mon épée, crétin. »
(Quoique mes charmes semblaient effectivement avoir un certain effet sur elle. Mais cela, je ne l’avouerais jamais à voix haute.)
Nous décidâmes finalement de ne pas mentir plus que nécessaire. Nous l’aiderions à atteindre Bogenhafen. Nous l’aiderions même à retrouver ses contacts si elle le souhaitait.
Et en échange, nous garderions un œil sur elle. Sur ses clients mystérieux. Sur ce rituel de grande puissance qui se préparait.
Car quelque chose me disait que tout cela était lié à Ashkaroun, à Etelka, et à la toile de corruption qui semblait s’étendre sur tout le Reikland.

Vogue petit navire
« La Destinée » glissait sur les eaux grises du fleuve.
Autour de nous, le paysage défilait lentement — des champs dorés, des villages de pêcheurs, des moulins dont les ailes tournaient dans le vent. Le Reik était vivant, parcouru de barges marchandes et de petites embarcations de pêcheurs.
Et partout, les rumeurs sur Pollutio et ses naufrageurs mutants.
À chaque port où nous nous arrêtions pour nous ravitailler, nous entendions les mêmes histoires. Des bateaux attaqués. Des équipages dévorés. Des créatures sortant des eaux troubles du fleuve.
Nous avions survécu à l’une de ces créatures. Mais combien d’autres rôdaient dans les profondeurs ?
Notre prochaine étape serait Altdorf — la capitale de l’Empire, le siège des Collèges de Magie. Loupiot avait des affaires personnelles à y régler, des affaires qu’il refusait de nous expliquer.
Et après Altdorf… Bogenhafen.
La Schaffenfest.
Les mystères qui nous attendaient.

Les Rumeurs du Fleuve — Ou ce que murmurent les pêcheurs quand ils pensent que personne n’écoute
Le Reik est une artère vivante.
Tandis que « La Destinée » remontait lentement le fleuve, nous croisions mille et une embarcations — des simples barques de pêcheurs, des chalands de marchands, des péniches chargées de grain. Et partout, des gens qui parlaient.
Les pêcheurs nous abordaient pour nous vendre leur prise du jour contre quelques pistoles. Les maraîchers profitaient des écluses — ces moments d’attente forcée où les bateaux s’accumulent — pour vendre leurs légumes directement depuis les quais.
Et tous murmuraient.
Des rumeurs. Des nouvelles. Des on-dit qui circulaient de bouche en bouche, de port en port, comme une maladie contagieuse.
Et deux noms revenaient sans cesse : l’Empereur Karl Franz et son neveu héritier de l’Empire, le Prince Wolfgang.
(Note sur Loupiot : en tant que batelier, il était fasciné par le fonctionnement des écluses. J’aurais pu passer la soirée à l’écouter m’expliquer les mécanismes de ces ouvrages d’art. Mais nous avions des préoccupations plus urgentes.)

Les Révélations qui Font Froid dans le Dos — Ou quand une apothicaire vous parle du Cabinet Noir et que votre sang se glace
Ce fut Vanda qui posa la question.
« En tant qu’apothicaire, » demanda-t-elle à Elvyra, « que savez-vous du mal qui affecte l’Empereur ? Ou son neveu ? Êtes-vous en mesure de prodiguer des soins, ou êtes-vous uniquement fournisseuse de matières premières pour des rituels magiques ? »
Le visage d’Elvyra changea.
Ce n’était plus la femme guillerette aux regards lubriques. Ce n’était plus l’apothicaire aux dents de lapin qui me détaillait comme une bête de concours.
C’était quelqu’un qui avait peur.
« Je suis toujours en contact avec la Guilde des Apothicaires d’Altdorf, » dit-elle à voix basse, comme si elle craignait que le vent lui-même ne rapporte ses paroles. « Et les rumeurs qui en proviennent sont… fort mauvaises. »
Elle nous raconta.
Il semblerait que certains apothicaires — de grands professionnels, des membres respectés de la Guilde — se soient un peu trop « répandus ouvertement » sur les possibles maladies de l’Empereur. Ils avaient parlé. Spéculé. Émis des hypothèses.
Et puis, un soir, ils avaient reçu des visiteurs.
« Des visiteurs du soir, » murmura Elvyra. « Convoqués nuitamment au grand palais de Karl Franz Ier. En secret. »
Certains étaient revenus.
D’autres… non.
Et ceux qui étaient revenus avaient préféré « prendre la poudre d’escampette » — quitter Altdorf aussi vite que leurs jambes pouvaient les porter.
« C’est un mauvais temps pour les apothicaires, » conclut-elle sombrement. « Un très mauvais temps. »

Le Cabinet Noir — Ou la police secrète dont il vaudrait mieux ne jamais prononcer le nom (et que je viens d’écrire, par les imprudences de Sigmar)
« Qui est derrière ces… disparitions ? » demandai-je.
Elvyra hésita.
Puis elle prononça un nom que j’avais déjà entendu — un nom murmuré dans les couloirs du palais de la Gravine, un nom que les nobles évoquaient avec une crainte révérencieuse.
« Le Cabinet Noir. »
La police secrète de l’Empire.
Une organisation dont l’existence même était un secret. Une ombre dans l’ombre du pouvoir. Des hommes et des femmes qui faisaient disparaître les problèmes avant qu’ils ne deviennent des scandales.
(Note sur le Cabinet Noir : ce nom n’est connu que par ceux qui appartiennent aux hautes couches de la société impériale — les comtes, les barons, les électeurs — ou par ceux qui travaillent à leur contact comme spécialistes : apothicaires, chirurgiens, astronomes, astrologues. Le petit peuple ignore totalement son existence. Si je n’avais pas fréquenté la Gravine, si je n’avais pas fait partie de son escorte, jamais je n’aurais entendu ce nom. Parfois, côtoyer les puissants vous ouvre des portes. Des portes qu’il vaudrait peut-être mieux laisser fermées.)
Elvyra confirma nos craintes : le Cabinet Noir faisait pression sur la Guilde des Apothicaires. Des menaces. Des intimidations. Tout était fait pour forcer les membres de la Guilde à « faire profil bas et à se taire ».
Mais se taire sur quoi ?

Les mutations impériales — Ou le secret le plus dangereux de l’Empire
Les pièces du puzzle commençaient à s’assembler.
Au château Wittgenstein, nous avions entendu parler du Prince Wolfgang — le neveu héritier de l’Empereur — et de ses « problèmes ». À l’époque, nous avions pensé qu’il s’agissait d’une simple maladie.
Mais les mots qu’on avait utilisés étaient plus troublants.
Mutations.
L’Empereur Karl Franz Ier et son héritier, le Prince héritier Wolfgang, souffriraient de mutations.
Par les abominations de Sigmar, si c’était vrai…
Si l’Empereur lui-même était touché par la corruption du Chaos… Si la lignée impériale était souillée…
C’était le genre de secret pour lequel on faisait disparaître des gens. Le genre de vérité qui pouvait faire s’effondrer l’Empire tout entier.
« Mais c’est impossible, » murmurai-je. « L’Empereur ne peut pas être un mutant. Ni son neveu. »
Elvyra haussa les épaules.
« La maladie ne choisit pas ses victimes, caporal. Même les plus puissants ne sont pas à l’abri. »
(Réflexion terrifiante : et si les répurgateurs qui traquaient sans relâche les mutants à travers l’Empire servaient un maître qui était lui-même corrompu ? Et si toute cette croisade contre le Chaos n’était qu’une façade pour cacher la vérité sur la famille impériale ? Non. Non, je refuse d’y croire. Certaines pensées sont trop dangereuses pour être formulées, même dans l’intimité d’un journal que personne ne lira jamais.)
Vanda tenta de faire le lien entre ces révélations et notre mission.
« Est-ce que le rituel pour lequel vous avez été engagée a quelque chose à voir avec l’Empereur ? Avec ces maladies ? Ces… mutations ? »
Elvyra secoua la tête.
« Non. Mon employeur est de Bogenhafen, pas d’Altdorf. Ce sont deux affaires différentes. »
Elle avait probablement raison.
Le mystérieux client qui l’avait engagée — celui qui payait une fortune pour un rituel de grande puissance — n’avait rien à voir avec les intrigues du palais impérial.
C’était une autre conspiration.
Une autre toile d’araignée.
Et nous, pauvres mouches, nous naviguions droit vers son centre.

Notre plan — Ou comment escorter une apothicaire jusqu’à la gueule du loup
Nous discutâmes entre nous, à voix basse, pendant qu’Elvyra somnolait dans la cabine.
« On l’escorte jusqu’à Bogenhafen, » proposai-je. « Je me présente comme son protecteur — le chevalier sauveur que la destinée des dieux a guidé vers elle. On l’aide à accomplir sa mission. Point. »
« Et ça nous permettra de découvrir l’identité de son client mystérieux, » compléta Vanda.
« Exactement. Qui que ce soit — Johannes Teugen, Von Saponatheim, ou quelqu’un d’autre — nous le découvrirons en l’accompagnant jusqu’au bout. »
Loupiot proposa une variante :
« Je peux me tenir en retrait. Si votre couverture est grillée, je pourrai filer les contacts et voir où ils se rendent. »
C’était un bon plan.
Un plan simple.
Et de toute façon, notre objectif final n’avait pas changé : retrouver Ashkaroun. L’Arabien était déjà à Bogenhafen avec Etelka, « au milieu de la gueule du loup » comme l’avait si bien dit Loupiot.
Tous les chemins menaient à Bogenhafen.
Toutes les conspirations semblaient y converger.
L’apothicaire et son rituel mystérieux.
Ashkaroun et l’artefact arabien.
Etelka et ses recherches occultes.
Et nous, pauvres idiots qui pensions encore pouvoir démêler cet écheveau sans y perdre la vie.

Ma Proposition Chevaleresque — Ou comment faire jouer ses charmes quand on est un caporal au cœur brisé et aux motivations douteuses
Je décidai de jouer franc jeu avec Elvyra.
Enfin… aussi franc que possible.
« Ma chère Elvyra, » lui dis-je de ma voix la plus chevaleresque, « après ce qui vous est arrivé à Diesdorf — ces trois malfrats qui vous ont kidnappée — il serait impensable de vous laisser sans protection. Une femme de votre importance se doit d’être escortée. »
Elle me regarda avec ce sourire carnassier que je commençais à bien connaître.
« Et vous vous proposez pour cette… escorte, caporal ? »
« C’est la destinée des dieux qui nous a guidés vers vous. Il serait criminel de ne pas honorer ce signe du destin. »
Ses yeux brillèrent.
« Quelle galanterie ! Quel sens du devoir ! »
(Note sur ma galanterie : elle était sincère. Enfin, partiellement sincère. Je voulais vraiment la protéger — c’était mon devoir de soldat. Mais je voulais aussi découvrir qui était son client mystérieux. Et accessoirement, je voulais qu’elle continue à me regarder avec cette admiration dévorante qui me faisait rougir jusqu’aux oreilles. Un homme a le droit d’avoir plusieurs motivations, non ?)
Elle accepta notre protection.
Et ainsi, notre petit groupe s’agrandit encore : un caporal au cœur brisé, une apprentie magicienne aux pouvoirs mystérieux, un batelier plus malin qu’il n’en avait l’air, une diseuse de bonne aventure strigani jalouse, et maintenant une apothicaire aux dents de lapin qui avait des « bouffées de chaleur » chaque fois qu’elle me regardait.
Quelle équipe.
Quelle aventure.
Quelle folie.
— Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach, Protecteur auto-proclamé d’une apothicaire aux regards lubriques, Navigateur entre deux femmes jalouses, Et enquêteur involontaire sur les secrets les plus dangereux de l’Empire Sur « La Destinée », remontant le Reik vers des ennuis certains — An 2523 CI —


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