Tout s’effondre en même temps à Altdorf. Dans la cave des vampires, Ulrich se retrouve piégé pour le plus grand divertissement des morts-vivants. Loupiot provoque un duelliste légendaire en ouvrant sa grande gueule devant le capitaine Cardin. Et Vanda, au Collège d’Améthystes, a la vision d’Alvira se faisant éventrer par les Crocs — tandis qu’il pleut du sang sur la capitale impériale. Acte 70 des Chroniques d’Ulrich von Schnitzelbach, campagne Warhammer Fantasy.
« Par les effondrements cosmiques de Sigmar qui regarde l’Empire brûler en se demandant pourquoi il s’est donné la peine ! Voilà que Loupiot vient de promettre MA tête à un duelliste légendaire, que je suis PIÉGÉ dans une cave de vampires qui veulent me voir combattre sur des poutres pour leur divertissement, que Vanda a eu la vision d’Alvira se faisant ÉVENTRER par les Crocs, et qu’il PLEUT DU SANG sur Altdorf ! Par les apocalypses simultanées de Morr, c’est l’ENFER ! L’enfer qui pue la bière rance et le sang frais ! »
Altdorf, entre la Cave des Vampires, la Taverne du Griffon Saoul, et les Rues qui Saignent — An 2523 CI

Le Spectateur Imprudent — Ou comment Loupiot ouvre sa grande gueule devant la mauvaise personne
Pendant que j’étais occupé à contempler mon destin vampirique, Loupiot — ce crétin magnifiquement suicidaire — faisait quelque chose d’une stupidité MONUMENTALE.
Il s’était approché de la table de jeu.
Comme un spectateur lambda.
Et il observait de très près le BLOND — celui qui jouait contre Joseph Cardin, le capitaine du Bérébéli.
Il plissa les yeux, cherchant une TRICHE. Une carte qui dépasse de la manche. Un atout caché sous la table. Un miroir dissimulé. QUELQUE CHOSE qui expliquerait pourquoi ce capitaine au ventre énorme était en train de perdre son bateau.
Mais il ne vit RIEN.
Juste deux hommes qui jouaient aux cartes. Un qui semblait avoir des dettes jusqu’au cou. L’autre qui semblait INÉVITABLE — comme la mort, comme les impôts, comme les mauvaises décisions de Loupiot.
Puis l’homme blond posa ses cartes et dit quelque chose.
« Bon, alors, mon petit Joseph. Tu le mises ou tu ne le mises PAS ? Le Bérébéli ? »
Et c’est là que Loupiot — par les interventions désastreuses de Ranald — ouvrit sa GRANDE GUEULE.
« C’est dangereux de miser quelque chose qui ne nous appartient PAS, » murmura-t-il.
Suffisamment fort pour que TOUT LE MONDE entende.
Par les indiscrétions de Sigmar, qu’est-ce qu’il venait de FAIRE ?!
Le blond se tourna vers Loupiot.
Et il SOURIT.
Ce sourire n’avait rien de rassurant. C’était le sourire d’un chat qui vient de repérer une souris particulièrement grasse et particulièrement stupide.
« Vous êtes mon jeune ami ? » demanda-t-il avec une politesse qui cachait quelque chose de bien plus sinistre.
« Un SPECTATEUR pour l’instant, » répondit Loupiot avec un aplomb qui défiait toute logique de survie.
« Ah, un spectateur qui semble avoir des choses très INTÉRESSANTES à dire. »
Il se tourna vers le capitaine.
« Joseph, il semblerait que notre ami ici présent émette quelques DOUTES sur tes titres de propriété. »

Le Capitaine Cardin — Ou la rencontre avec un homme du fleuve qui n’a pas l’air content du tout
Et Joseph Cardin — ce GROS batelier avec sa barbe de trois jours, ses biceps comme des jambons de troll, son ventre ÉNORME qui débordait de sa ceinture comme une pâte à pain mal contenue, et sa gueule de marinier du fleuve qui avait vu trop de tempêtes — se tourna vers Loupiot.
Ses yeux n’étaient PAS amicaux.
C’étaient les yeux d’un homme qui venait de tout perdre et qui cherchait quelqu’un sur qui passer sa rage.
Mais il leva sa bouteille de Ravenne — une des plus iconiques bières d’Altdorf, aussi épaisse que du goudron et aussi forte qu’un coup de poing — et il dit :
« Mais non, l’ami, tu dis N’IMPORTE QUOI. Viens boire un coup avec moi. On va en discuter entre hommes. »
Et derrière ce sourire édenté et cordial, Loupiot vit quelque chose de BEAUCOUP plus sinistre.
Les yeux de Joseph le regardaient MÉCHAMMENT.
Et Joseph serrait son poing droit. Sur lequel était enfilé un GROS anneau d’argent — le genre d’anneau qui n’était pas décoratif, le genre d’anneau qui servait à PÉTER LES DENTS de quelqu’un en un seul coup bien placé.
Sur son visage : cette CICATRICE en forme de croix que le gamin avait mentionnée. Une cicatrice qui racontait une histoire de violence et de survie.
« Je te présente Joseph, » dit le blond à Loupiot avec une courtoisie moqueuse. « Joseph Cardin. Capitaine du Bérébéli. Ou du moins, il l’était jusqu’à il y a environ dix minutes. »
« Ça a l’air d’être un bon gaillard, » répondit Loupiot prudemment, reculant d’un demi-pas instinctif.

La Révélation Terrifiante — Ou quand Loupiot apprend qu’il vient de parler au pire adversaire possible
Et c’est à ce moment que le blond se pencha en arrière dans sa chaise.
Et il sourit de manière ABSOLUMENT terrifiante.
Un sourire de prédateur. Un sourire de conquérant. Un sourire qui disait : « Je sais exactement ce que je fais, et toi, tu n’as AUCUNE idée de ce dans quoi tu viens de te fourrer. »
« KASTOR, » dit-il en se présentant avec une révérence moqueuse. « Kastor Liebierung. Et je serais RAVI de découvrir qui tu es, jeune ami. »
Loupiot fouilla sa mémoire.
Ce nom. Ce NOM.
Par les réputations de Ranald, il l’avait ENTENDU quelque part !
Et soudain, tout lui revint.
Comme une avalanche de souvenirs terrifiants.
Kastor Liebierung.
Un joueur réputé comme étant IMBATTABLE au jeu de l’Impératrice.
Un SÉDUCTEUR. Un CHARMEUR. Un faiseur de fortunes et de ruines.
Quelqu’un qui avait tenu entre ses mains des fortunes COLOSSALES et qui était capable de tout dilapider en des parties endiablées qui duraient des JOURS entiers — puis de tout regagner en une seule main miraculeuse.
Peut-être le MEILLEUR joueur de cartes de l’Impératrice de tout le Reikland.
De tout l’EMPIRE, même.
Et Joseph Cardin — ce pauvre capitaine — venait de miser le Bérébéli contre CE GARS.
Le visage de Loupiot devint COMPLÈTEMENT blanc.
« Par tous les saints… » murmura-t-il.
Kastor se leva.
Et il fit quelque chose qui transforma le moment COMPLÈTEMENT.
Il prit un BAUDRIER sublime — du cuir travaillé, des boucles d’argent, de l’artisanat de maître — et il le mit à sa ceinture avec la grâce d’un danseur qui enfile un costume de scène.
Puis il y attacha une FORMIDABLE rapière d’un côté — une lame si fine, si élégante, si MORTELLE qu’elle semblait faite de lumière solidifiée.
Et de l’autre côté, il soupesa la poignée d’un MAGNIFIQUE mousquet de précision de Nuln — un vrai chef-d’œuvre de l’ingénierie impériale, le genre d’arme qui coûtait plus cher qu’une maison et qui ne ratait JAMAIS sa cible.
Ce n’était pas juste un joueur de cartes.
C’était un DUELLISTE.
Un duelliste PROFESSIONNEL.
« Mon jeune ami, » dit Kastor en regardant directement Loupiot avec ces yeux bleus magnétiques, « Monsieur Joseph Cardin s’est aventuré très IMPRUDEMMENT dans cette partie de cartes ce soir. Et je suis au regret de vous informer qu’il va devoir se retirer IMMÉDIATEMENT de cette partie avant de se retrouver dans une situation qui lui sera extrêmement… inconfortable. »
Il marqua une pause théâtrale.
« Et vous, associé ou pas, vous avez un CHOIX. »
« Une dette d’ARGENT peut être lavée par une dette de SANG. »
Il se leva complètement, ajustant sa rapière à sa ceinture.
« Je vous laisse réfléchir à cette option. Je reviendrai DEMAIN quand le soleil sera haut. Et j’espère que vous aurez trouvé entre vous soit de quoi REMBOURSER, soit… une AUTRE solution. »

La Pire Erreur de Loupiot — Ou comment impliquer un homme innocent dans un duel à mort
Et avant que Kastor ne parte — avant qu’il ne disparaisse dans la nuit d’Altdorf avec son sourire de requin et ses armes de maître — Loupiot fit quelque chose d’IMPARDONNABLE.
Quelque chose que je ne lui pardonnerai JAMAIS.
Ce crétin sans cervelle murmura :
« Dommage qu’il n’ait pas entendu parler d’Ulrich von Schnitzelbach. »
Par les NOMS qu’on ne devrait JAMAIS prononcer devant des duellistes !
Kastor s’arrêta NET.
Il se retourna.
Et il regarda Loupiot avec une intensité qui aurait pu faire TREMBLER le sol.
« Ah, » dit-il avec un intérêt soudain, « si vous avez un CHAMPION, vous avez parfaitement le droit de vous faire représenter par lui. C’est dans les règles du duel. »
Il sourit — ce sourire de prédateur qui vient de sentir une proie encore plus intéressante.
« Et si c’est ce fameux ULRICH dont vous parlez… celui de la majestueuse et effroyable prestation à KEMPERBAD dont les rumeurs ont traversé tout le Reikland… »
Par les réputations exagérées de Sigmar, il avait entendu parler de MOI ?!
« Je ferai TOUT MON POSSIBLE pour croiser le fer avec lui. »
Et puis il quitta l’auberge.
Laissant Loupiot avec la réalisation TERRIFIANTE qu’il venait d’impliquer un homme — MOI — dans une confrontation avec le meilleur joueur de cartes de l’Empire.
Un joueur qui était AUSSI un duelliste accompli.
Armé d’une rapière de maître et d’un mousquet de précision de Nuln.
« Qu’est-ce que je viens de faire ? » murmura Loupiot en regardant la porte par laquelle Kastor avait disparu.
« Tu viens de TUER ton ami, » répondit Joseph Cardin en vidant sa bouteille de Ravenne. « Ou tu viens de te tuer toi-même. L’un des deux. Probablement les deux. »
(Note sur Loupiot : je jure devant Sigmar, Morr, et tous les dieux de l’Empire que si je survis à cette nuit, je l’ÉTRANGLE. Avec ses propres intestins. Lentement. Douloureusement. Et avec PLAISIR.)

Le Frère de Renate — Ou comment découvrir que la famille de votre amante est encore plus dysfonctionnelle que la vôtre
De MON côté, j’étais occupé à avoir une CRISE EXISTENTIELLE.
Renate me regardait avec des yeux qui SUPPLIAIENT.
Et elle me montra son frère.
Ce frère qui, selon ses souvenirs d’enfance, avait autrefois été ÉLANCÉ, MUSCULEUX, avec un torse velu et un sourire charmeur — le genre de jeune homme qui faisait tourner les têtes dans les campements strigani.
Mais qui était maintenant BLANC comme un CADAVRE.
Avec des yeux ENFONCÉS dans les orbites comme des puits sans fond. Des CERNES énormes qui auraient fait passer un zombie pour un modèle de bonne santé. De longs cheveux NOIRS qui tombaient en cascade sur ses épaules comme un linceul vivant.
Et il BUVAIT.
Il buvait quelque chose de ROUGE.
À partir d’un verre fin et sculptural — du cristal de Marienburg, probablement, le genre de verrerie qui coûtait une fortune.
Et le liquide dans ce verre n’était PAS du vin.
C’était épais. Brillant. VIVANT presque.
Du SANG.
Ses mains — des mains blanches comme la neige — étaient couvertes de BAGUES. Toutes plus GOTHIQUES les unes que les autres. Des crânes. Des serpents. Des chauves-souris aux ailes déployées.
Il leva les yeux vers nous.
Et il SOURIT.
Révélant des CROCS.
De vrais CROCS de prédateur.
« Ma SŒUR ! » cria-t-il en voyant Renate, sa voix résonnant comme un écho dans une crypte. « Tu viens me présenter ton AMANT ? Je suis tellement JOYEUX ! »
Il se leva — avec une grâce qui n’avait rien d’humain — et il me tendit sa main.
Une main blanche comme la MORT.
Couverte d’anneaux gothiques.
« Viens, mon ami ! Viens boire avec nous ! Cela est le CŒUR DE RÊVE ! »
Il désigna le liquide rouge dans son verre.
Du sang. Il appelait ça le « cœur de rêve ».
Par les euphémismes de Morr, les vampires avaient des NOMS POÉTIQUES pour leur nourriture.

La Supplication de Renate — Ou quand une femme vous demande l’impossible avec des larmes dans les yeux
« Mon beau caporal, » dit Renate avec une voix qui TREMBLAIT, « j’ai besoin de toi. Aide-moi à le SORTIR d’ici. »
Je regardai autour de moi.
VRAIMENT regardai.
Pas de sortie visible. Juste des murs MAGIQUES qui s’ouvraient et se refermaient selon des règles que je ne comprenais pas. Des passages secrets qui ne fonctionnaient que pour certaines personnes.
Et autour de nous : environ une DEMI-DOUZAINE d’autres créatures comme le frère de Renate — tous buvant du « cœur de rêve » dans des verres en cristal, tous avec cette MÊME peau d’une blancheur cadavérique, tous nous observant avec un intérêt… MALSAIN.
Tous AFFAMÉS.
Je pouvais le voir dans leurs yeux. Cette FAIM qui ne s’éteint jamais. Cette soif qui consume.
Et je comprenais soudainement POURQUOI Renate m’avait amené ici.
« Renate, » murmurai-je en me penchant près d’elle, « qu’est-ce que tu comptes faire de ton frère ? Comment tu comptes qu’on puisse le SORTIR d’ici ? Tu crois qu’ils vont nous LAISSER partir ? »
« J’ai besoin de ta FORCE, » dit-elle. « J’ai besoin de ton COURAGE. »
« Tu crois RÉELLEMENT qu’on peut faire quelque chose pour lui ? Il m’a l’air vraiment MAL. Il est… il est un VAMPIRE, Renate ! Comment on GUÉRIT ça ?! »
« Tu es le HÉROS que j’attendais, » dit-elle en s’accrochant à moi. « J’ai vu les lignes de ta main. Je SAIS qu’avec toi, rien ne peut nous arriver. Je SAIS que tu vas le sauver. »
Par les prophéties désespérées de Shallya, elle croyait vraiment que je pouvais faire quelque chose !
Elle croyait vraiment que moi — un simple CAPORAL du Stirland qui rêvait de devenir capitaine — je pouvais SAUVER un vampire de sa propre malédiction !

Les Voix dans ma Tête — Ou comment découvrir que les vampires communiquent par télépathie et qu’ils vous trouvent divertissant
Et c’est à ce moment que j’entendis une VOIX.
Une voix qui résonnait dans ma TÊTE.
Pas dans mes oreilles. Dans ma TÊTE.
Une voix FÉMININE. Aristocratique. Moqueuse.
« Une démonstration martiale. Il y a bien des poutres au plafond. Nous avons de l’AMUSEMENT ce soir. »
Et une AUTRE voix.
Une voix MASCULINE. Également aristocratique. Également moqueuse.
« C’est étonnant. Est-il impressionnant ? Je ne sais pas. Et elle, elle est du PEUPLE. C’est pour ça qu’elle a trouvé la Chauve-Souris Noire. Oui, laissons-les. C’est un AMUSEMENT. »
Par les communications mentales de Morr, les vampires se parlaient DANS MA TÊTE !
Ils discutaient de MOI comme si j’étais un ANIMAL de foire !
Un « amusement » !
Une « démonstration martiale » !
Ils voulaient que je COMBATTE sur les poutres du plafond pour leur DIVERTISSEMENT !
Je levai les yeux.
Et je vis les POUTRES.
Massives. En bois sombre. Traversant toute la cave comme des branches d’un arbre mort.
Les mêmes poutres dont parlaient les voix aristocratiques.
Les poutres sur lesquelles on voulait me faire COMBATTRE.
Un duel aérien. Pour l’amusement des vampires.
« Par Sigmar, » murmurai-je en sentant mon sang se glacer, « nous sommes dans une taverne de vampires. Et ton frère en est l’un d’eux. Et ils veulent que je me BATTE pour eux. »
« Oui, » confirma Renate en PLEURANT. « Oui. Mais je pense qu’on peut le SAUVER. Je le SAIS. Tu vas le sauver. »

L’Aiguille de la Vie — Ou quand une apprentie magicienne voit l’avenir et réalise qu’il est CATASTROPHIQUE
Pendant ce temps, dans le Collège d’Améthyste, Vanda était en train de recevoir l’AIGUILLE DE LA VIE.
C’était un rituel ancien. Un rituel que seuls les apprentis les plus prometteurs pouvaient subir. Un rituel qui permettait de voir… l’AVENIR.
L’aiguille — faite d’os de dragon et d’améthyste pure — transperça son ŒIL.
Son œil SPECTRAL, bien sûr. Pas son œil physique.
Mais la douleur était RÉELLE.
Et soudainement, elle VIT quelque chose.
Un COULOIR de lumière.
Et deux SILHOUETTES.
Deux OMBRES.
Une FÉMININE. Une MASCULINE.
Et elle entendit une voix qui lui disait :
« Tu dois CHOISIR. Tu ne peux voir qu’un SEUL destin. Lequel ? »
Vanda choisit la FEMME.

La Vision d’Horreur — Ou comment voir la mort de quelqu’un qu’on aime dans les moindres détails
Et elle VIT…
Elle vit ALVIRA sur les quais d’Altdorf.
Le brouillard POISSEUX l’enveloppait complètement — ce même brouillard jaunâtre-verdâtre qui nous avait accueillis à notre arrivée.
Alvira marchait seule. Perdue. Cherchant probablement son chemin vers notre point de rendez-vous.
Et une SILHOUETTE arrivait derrière elle.
Une silhouette massive. Menaçante.
Avec un GIGANTESQUE CROCHET dans la main droite.
Un crochet de docker. Le genre de crochet dont les voyous nous avaient parlé.
Les CROCS.
Et sans hésiter — sans REMORDS — sans aucune PITIÉ — cette silhouette enfonça le crochet dans le NOMBRIL d’Alvira.
Puis elle TIRA d’un coup sec.
Et le ventre d’Alvira S’OUVRIT.
Comme une bourse qu’on éventre.
Ses entrailles se répandirent dans un GEYSER de sang.
Et en bas, bouillonnant dans ce geyser, Vanda vit quelque chose.
Une FLEUR.
Une sorte de RACINE.
Une créature PARASITAIRE qui se nourrissait de la chair d’Alvira.
Quelque chose qui avait GRANDI en elle.
Quelque chose qui n’aurait JAMAIS dû exister.
Vanda HURLA.
Un hurlement silencieux dans le monde des esprits.
C’était une PROPHÉTIE.
Une vision du FUTUR.
Et c’était les CROCS qui allaient faire ça.

La Course contre la Mort — Ou quand deux femmes courent à travers Altdorf pendant qu’il pleut du sang
Vanda quitta sa forme spectrale IMMÉDIATEMENT.
Elle revint à son corps avec une violence qui lui coupa le souffle. Elle se leva — trébuchant, haletant — et elle COURUT.
Vers Alvira.
Vers les quais.
Vers ce qu’elle avait VU.
Elle traversa les rues d’Altdorf comme une possédée. Les passants s’écartaient sur son passage, effrayés par cette apprentie aux yeux fous qui courait comme si sa vie en dépendait.
Et quand elle arriva à la FONDERIE — là où Alvira était censée être — elle vit quelque chose d’INCROYABLE.
Alvira courait AUSSI vers elle.
Chaque pas d’Alvira laissait des TRAÎNÉES D’ÉCLAIRS derrière elle — un phénomène étrange, probablement lié à la magie du quartier.
« ALVIRA ! » cria Vanda.
« VANDA ! » cria Alvira.
Et soudainement — comme si le ciel lui-même voulait les AVERTIR — une pluie commença à tomber.
Mais pas une pluie ORDINAIRE.
Une pluie de SANG.
Du VRAI sang.
Pas de l’eau teintée. Du sang PUR qui tombait des nuages comme si les cieux eux-mêmes SAIGNAIENT.
« Il faut qu’on PARTE d’ici rapidement ! » haleta Vanda.
« Qu’est-ce que tu as VU ? » demanda Alvira, terrifiée.
Et Vanda lui raconta.
La vision. Le CROCHET. Le ventre. Les TRIPES. La créature PARASITE.
Le visage d’Alvira devint BLANC comme un linceul.
« Je suis foutue alors, » murmura-t-elle. « Je suis FOUTUE. Et le caporal… le caporal va prendre CHER quand il saura… »
« Ce n’est pas INEXORABLE, » dit Vanda avec une détermination qui défiait sa jeunesse. « C’est une prophétie, pas une certitude. On peut la CHANGER. Mais il faut qu’on rassemble notre groupe. Et il faut qu’on aille voir les POISSONS — ce sont visiblement les seuls à pouvoir nous protéger contre les CROCS. »
Et elles commencèrent à COURIR.
À travers les rues d’Altdorf.
Pendant que la pluie de SANG tombait autour d’elles.
Pendant que le destin resserrait son étau.

Quand un caporal comprend que tout s’effondre et que personne ne peut le sauver
De retour dans l’auberge des vampires, je réalisai quelque chose de TERRIBLE.
Il n’y avait AUCUNE sortie.
Juste des murs magiques et des passages secrets qui m’étaient INACCESSIBLES.
Et autour de moi : une demi-douzaine de vampires — peut-être PLUS — qui buvaient du sang et qui m’observaient avec un intérêt MALSAIN.
Et les aristocrates — ceux qui jouaient aux cartes dans les coins sombres, ceux qui murmuraient dans ma tête — ils m’observaient EUX AUSSI.
Avec des yeux qui ne tenaient AUCUNE promesse de clémence.
« Renate, » murmurai-je, « qu’est-ce que tu comptes faire RÉELLEMENT ? Parce que nous sommes COMPLÈTEMENT piégés. »
« J’ai besoin de TOI, » dit-elle en s’accrochant à mon bras.
« ÇA, je vois. Mais COMMENT je suis censé te sortir de là ? »
Et c’est là que j’entendis la voix de mon propre ESPRIT.
« Pourquoi ? Pourquoi MOI ? Pourquoi MAINTENANT ? Pourquoi Loupiot n’est pas là pour se faire manger à ma place ? Pourquoi suis-je TOUJOURS le seul à devoir résoudre les problèmes impossibles ? »
Et je réalisai.
Je suis FOUTU.
Je suis dans une CAVE. Sans SORTIE. Remplie de VAMPIRES. Avec une femme qui me supplie de sauver son FRÈRE. Et Loupiot est quelque part dehors en train de faire quelque chose d’inévitablement STUPIDE — probablement en train de promettre ma tête à quelqu’un.
Et Vanda est au collège en train de découvrir des secrets TERRIFIANTS.
Et Alvira est dehors en train de courir vers sa MORT prophétisée.
Et il PLEUT DU SANG sur Altdorf.
« J’ai un PLAN, » dis-je finalement — parce que c’est ce que font les héros, ils prétendent avoir des plans même quand ils n’en ont AUCUN.
« VRAIMENT ? » demanda Renate avec espoir.
« Mais je vais avoir besoin de le PEAUFINER. Et je vais avoir besoin de parler aux autres. »
« Comment tu vas les CONTACTER ? »
« Je ne sais pas, » admis-je honnêtement.
Et c’est à ce moment que je levai les yeux.
Et je vis le PLAFOND.
Avec ses POUTRES.
Les mêmes poutres dont parlaient les voix aristocratiques.
Les poutres sur lesquelles on voulait me faire COMBATTRE.
Une « démonstration martiale » pour l’amusement des vampires.
Un DUEL sur des poutres de bois, au-dessus d’une salle remplie de suceurs de sang affamés.
« Et voilà comment on devient un spectre avant même de mourir, » murmurai-je intérieurement.
« Bienvenue à Altdorf, Ulrich. L’enfer qui pue la bière rance et le sang frais. »
— Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach, Qui Est Maintenant COMPLÈTEMENT Foutu dans une Cave de Vampires, Dont le Barde Stupide Vient de Promettre sa Tête à un Duelliste Légendaire, Dont l’Apprentie Magicienne a Vu une Prophétie Sanglante, Dont la Strigani le Supplie de Sauver son Frère Vampire, Dont l’Apothicaire Va Probablement se Faire Éventrer par les Crocs, Piégé Sans Sortie avec des Poutres pour Duel et des Aristocrates Assoiffés, Sous la Rue au Centaverne (Maintenant Complètement Souterrain et Sans Espoir), Pendant qu’il Pleut du Sang sur Altdorf, — An 2523 CI —
P.S. : KASTOR LIEBIERUNG. LE meilleur joueur de cartes de l’Empire. Un duelliste accompli avec une rapière de maître et un mousquet de Nuln. Et LOUPIOT vient de lui dire que je pourrais le représenter en DUEL. MERCI LOUPIOT. MERCI INFINIMENT. La prochaine fois qu’une tentacule l’attrape, je la PAIE pour qu’elle finisse le travail.
P.P.S. : Le frère de Renate est un vampire qui boit du « cœur de rêve » — c’est leur nom poétique pour le SANG. Et les vampires aristocratiques veulent une « démonstration martiale » sur les poutres du plafond. C’est-à-dire qu’ils veulent me voir COMBATTRE pour leur DIVERTISSEMENT. Comme un gladiateur dans une arène. Sauf que l’arène est une cave et que les spectateurs ont des CROCS.
P.P.P.S. : Vanda a eu une VISION PROPHÉTIQUE : Alvira va se faire ÉVENTRER par un crochet de docker. Par les CROCS. Sur les quais d’Altdorf. Et il y a quelque chose de PARASITAIRE qui grandit en elle — quelque chose qui sortira quand son ventre s’ouvrira. C’est une prophétie. Mais Vanda pense qu’on peut la CHANGER si on agit vite.
P.P.P.P.S. : Il PLEUT DU SANG sur Altdorf. Littéralement. Du sang pur qui tombe des nuages. C’est apparemment NORMAL dans cette ville de fous. Personne ne semble s’en inquiéter. Comme si c’était juste une autre journée dans la capitale de l’Empire. Par les météorologues de Morr, cet endroit est MAUDIT.
P.P.P.P.P.S. : RÉCAPITULATIF DE NOS SITUATIONS :
- LOUPIOT : Doit affronter Kastor Liebierung (duelliste professionnel) ou payer une dette colossale — ou me jeter en pâture
- ULRICH (moi) : Piégé dans une cave de vampires, doit inventer un plan impossible, probablement forcé de combattre sur des poutres pour l’amusement de morts-vivants aristocratiques
- VANDA/ALVIRA : Courent à travers Altdorf pour éviter que la prophétie se réalise, cherchent les Poissons pour protection
- RENATE : Me supplie de sauver son frère vampire, ignore complètement que je suis aussi foutu qu’elle
C’EST L’ENFER. L’enfer a une adresse : Altdorf, Empire, Vieux Monde. Venez nombreux, mais apportez votre cercueil — vous en aurez besoin.


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