Un gamin des rues d’Altdorf plume Ulrich de quinze pistoles avant de le guider, avec Renate, derrière un mur magique — vers une taverne secrète peuplée d’aristocrates à la peau d’une blancheur surnaturelle. Renate avoue enfin : son frère est un vampire, et il joue le Bérébéli aux cartes avec un capitaine balafré. Pendant ce temps, Vanda flotte dans les couloirs spectraux du Collège d’Améthystes, où un professeur fantôme lui révèle l’existence d’une apprentie rebelle qui a défié le patriarche lui-même. Acte 69 des Chroniques d’Ulrich von Schnitzelbach, campagne Warhammer Fantasy.
« Par les chantages enfantins de Ranald qui se cache dans les culottes des gamins des rues ! Voilà qu’un morveux de dix ans me rackette de QUINZE pistols avec une armée de marmots crasseux, que le mur s’ouvre sur une TAVERNE DE VAMPIRES cachée au cœur d’Altdorf, et que Renate — MA Renate, celle qui partage parfois ma couche — m’avoue que son FRÈRE est l’un de ces suceurs de sang aristocratiques ! Par les révélations familiales de Morr, dans quelle famille de fous suis-je tombé ?! »
Rue aux Cent Tavernes puis Cave Souterraine des Damnés, Altdorf — An 2523 CI

Le Retour du Gamin — Ou comment un enfant de dix ans se révèle être un maître chanteur plus efficace qu’un usurier de Marienburg
Renate réapparut du mur comme un spectre surgissant d’une tombe — ce qui, rétrospectivement, était peut-être un PRÉSAGE.
Et immédiatement, elle regarda le gamin que Loupiot avait payé.
Le gamin la regarda.
« C’est qui la GRELUCHE ? » demanda le morveux avec tout le mépris d’un enfant de dix ans qui venait de découvrir l’insulte parfaite et qui comptait bien l’utiliser jusqu’à l’usure.
« Et qui est cet EFFRONTÉ ? » répondit Renate avec une douceur qui cachait une menace de mort imminente — le genre de douceur qu’on entend juste avant que quelqu’un se fasse égorger dans une ruelle sombre.
« La greluche, » dit le gamin en pointant Renate du doigt, « c’est celle qui vient de me rappeler que je MÉRITAIS mes pistols. Merci de confirmer que t’es pas d’ici, ma belle. »
Par les insolences de Ranald, ce gamin avait des couilles plus grosses que les miennes !
Mais avant que Renate puisse répondre — et probablement étrangler l’enfant avec ses propres haillons — le petit salopard se tourna vers moi avec un sourire qui n’avait ABSOLUMENT rien d’enfantin.
C’était le sourire d’un BANQUIER. D’un USURIER. D’un homme d’affaires qui vient de repérer une opportunité.
« Six pistols de plus, » dit-il simplement.
« QUOI ? »
« Tu as entendu. Six pistols SUPPLÉMENTAIRES. »
« Pour quoi FAIRE ? » demandai-je, sentant mon portefeuille pleurer d’avance.
« Parce que maintenant je SAIS que tu vas avoir besoin de ma protection. Vu la compagnie que tu traînes. » Il désigna Renate d’un mouvement de tête méprisant. « Et parce que… »
Il marqua une pause DRAMATIQUE — ce gamin avait le sens du théâtre, je devais lui reconnaître ça.
« …je sais quelque chose de TRÈS important. »
« Lequel ? »
« Le BÉRÉBÉLI. »
Le sang me quitta le visage comme l’eau quitte une barrique percée.
« Qu’est-ce que tu SAIS sur le Bérébéli ? »
« Que ça va intéresser BREM. »
« Brem ? »
« Le bras droit des POISSONS. La main droite de Lucas elle-même — tu sais, la femme aux écailles et aux dents de piranha qui vous a fait la leçon tout à l’heure. »
Par les informateurs de Ranald, ce morveux était PARTOUT ! Il savait TOUT !
« Et si je lui dis que des touristes parfumés du sud viennent chercher le Bérébéli… eh bien, les choses pourraient devenir TRÈS, très compliquées pour toi. Les Poissons n’aiment pas qu’on leur pique leurs proies. »
Je regardai le gamin avec une admiration RÉTICENTE — le genre d’admiration qu’on a pour une vipère qui vient de vous mordre avec une élégance particulière.
Cet enfant venait de me faire CHANTER.
Un enfant de DIX ANS.
Ma carrière militaire atteignait des sommets de gloire.
« Tu es un petit SALOPARD, » dis-je.
« Ouais. Un petit salopard qui sait où trouver ce que tu cherches. Alors, les six pistols, tu les mises ou tu ne les mises PAS ? »

L’Armée des Cent-Tavernes — Ou quand un morveux révèle qu’il est le ROI de cette rue et qu’il a une armée à son service
Je sentis Renate se rapprocher, sa main glissant vers quelque chose de pointu sous ses vêtements.
« Écoute, petit gamin, » dit-elle d’une voix qui aurait pu geler le Reik en plein été, « tu as l’air de croire que tu es AU-DESSUS de tes affaires. Mais ce que tu ne sais pas, c’est que tu joues avec des gens qui vont RÉELLEMENT te noyer. »
« Des comme TOI ? » demanda le gamin sans ciller. « Je sais d’où tu viens, truandre. T’es une STRIGANI. Et Strigani ou pas, tu sais très bien que tu pourrais m’amener dans un repère pour me faire la peau. »
Il sourit — ce sourire de prédateur miniature.
« Mais tu ne le feras PAS. »
« Ah oui ? Et pourquoi ? »
« Parce que LUI, » le gamin pointa son doigt crasseux vers moi, « il n’a pas le LUXE de te suivre partout. Les gars qui arrivent ici comme lui, qui cherchent des gars comme moi, c’est l’histoire de ma vie ENTIÈRE. Je les vois arriver. Je les vois repartir. Parfois dans un cercueil. Parfois dans le Reik. »
Il bomba son petit torse maigre.
« Et JE suis le ROI des Cent-Tavernes. Le roi de cette rue. Le roi de tous les gamins qui n’ont pas de toit mais qui ont des YEUX et des OREILLES partout. »
Et alors, il fit quelque chose que je n’avais ABSOLUMENT pas prévu.
Il sortit un petit SIFFLET en cuivre de sous sa chemise.

Et il SOUFFLA.
Un son STRIDENT et PERÇANT qui résonna dans toute la rue aux Cent Tavernes.
Et soudainement — SOUDAINEMENT — des têtes commencèrent à ÉMERGER partout.
De derrière les tonneaux de bière.
De sur les toits des tavernes.
Des portes des auberges.
Des recoins sombres où même les rats n’osaient pas aller.
Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. DIX enfants.
Tous aussi miteux que lui. Tous aussi menaçants que lui. Tous avec ce même regard de prédateur qui a appris à survivre dans les rues les plus dangereuses de l’Empire.
Tous SES hommes.
« Le roi, » murmura Renate avec une note de respect involontaire dans la voix.
« EXACTEMENT, » dit le gamin.
Par les armées miniatures de Sigmar, nous étions ENCERCLÉS par des ENFANTS !
Et le pire, c’est qu’ils avaient l’air plus DANGEREUX que les six voyous de Lucas !
(Note humiliante : j’avais survécu à des hommes-bêtes, à des cultistes, à des tentacules monstrueuses, et maintenant je me faisais racketter par un gamin de dix ans avec une armée de marmots. Ma réputation de soldat venait de mourir une nouvelle fois. Elle avait l’habitude, à ce stade.)

Le Prix de la Survie — Ou comment se faire plumer par un enfant jusqu’à la dernière pistol
« QUINZE pistols, » dit finalement le gamin. « C’est ma nouvelle offre. »
« QUINZE ?! Tu en demandais SIX ! »
« Ça, c’était AVANT que tu voies mes gars. Maintenant, le prix a augmenté. L’offre et la demande, tu comprends ? »
Il sourit.
« Et pour quinze pistols, je vais même te PRÉSENTER à Brem. Je vais mentionner que tu peux être un GROS COUP. Peut-être que les Poissons vont vouloir s’ASSOCIER avec toi. Ou peut-être qu’ils vont vouloir te TUER. Mais au moins, tu auras une CHANCE. »
Il tendit sa petite main crasseuse.
« Quinze pistols. Tu les mises ou tu ne les mises PAS ? »
Je regardai mes poches.
Quinze pistols. C’était la PLUPART de ce qui me restait. C’était mes économies. C’était ma sécurité.
« T’as dépassé ma BOURSE, » dis-je.
« Alors pas de Capitaine. Pas de Bérébéli. Pas de protection. Et peut-être une visite des Crocs cette nuit. »
Il haussa les épaules.
« C’est ton choix. »
Je sentis mon portefeuille PLEURER.
Puis je réalisai que je n’avais PAS le choix.
« Très bien, » dis-je en sortant quinze pistols d’or de ma bourse — quinze pistols qui représentaient des semaines de solde, des mois d’économies, une vie de sacrifices.
Le gamin les prit avec la satisfaction d’un banquier qui vient de conclure un prêt à taux usurier.
« Suis-moi, l’ami. Tu vas voir que je vaux chaque pistol. Peut-être même que tu m’offriras un POURBOIRE à la fin. »
Et avant que Renate puisse continuer à menacer, le gamin commença à marcher.
Directement à travers la rue aux Cent Tavernes.
Ses dix complices nous encadrant comme une garde d’honneur miniature.
(Note financière : je venais de me faire plumer par un enfant. Un ENFANT. Avec une ARMÉE d’enfants. Ma dignité était en lambeaux. Mais au moins, j’allais trouver ce foutu Capitaine. C’était ça ou admettre que j’avais jeté quinze pistols dans le Reik.)

Le Mur qui S’Ouvre — Ou comment découvrir que les passages secrets mènent à des endroits qu’on aurait préféré ne jamais connaître
Le gamin nous mena à un mur nu.
EXACTEMENT comme celui où Renate avait disparu plus tôt.
Il s’arrêta.
Et il regarda Renate avec un sourire malveillant.
« Merci de me montrer la route, TRUANDRE, » dit-il. « Je savais que tu connaissais le chemin. Maintenant, fais-nous entrer. »
Renate me regarda.
Avec cette expression qui disait : « Je vais te dire quelque chose qui va te briser le cœur. »
Puis elle s’adossa au mur.
Et elle PASSA à travers.
L’ouverture s’élargit graduellement — comme un cône — s’ouvrant sur nos épaules gauche et droite, assez large maintenant pour que je puisse passer AVEC mon armure.
Je traversai.
Et derrière moi, je sentis le mur se REFERMER.
Nous étions à l’INTÉRIEUR.

La Taverne des Damnés — Ou quand un caporal découvre que certains secrets auraient dû rester enterrés
Et devant nous : une AUBERGE.
Pas comme les tavernes des Cent Tavernes.
COMPLÈTEMENT différente.
C’était une auberge qui semblait exister dans un UNIVERS PARALLÈLE où les lois d’Altdorf — et peut-être les lois de la NATURE — ne s’appliquaient pas.
Il n’y avait AUCUNE lumière naturelle.
Pas une seule fenêtre. Pas un seul rayon de soleil. Juste une obscurité ABSOLUE illuminée par des lumières OCCULTES — des flammes qui brûlaient sans source visible, des cristaux qui luisaient de l’intérieur, des choses que je ne pouvais pas identifier et que je ne VOULAIS pas identifier.
Et PARTOUT — absolument PARTOUT — des BOUCLIERS.
Frappés de l’héraldique d’Altdorf. Mais aussi d’autres. De Middenland. De Stirland. D’Averland. De TOUTES les régions de l’Empire.
Et sur CHAQUE bouclier : un CRÂNE.
Le MÊME crâne que celui peint sur les héraldiques d’Altdorf.
Le crâne mystérieux dont personne ne voulait parler.
Maintenant, je savais POURQUOI.
Au centre de cette auberge étrange, éclairée par des flammes qui ne crépitaient pas, se déroulait un JEU DE CARTES endiablé.
Deux hommes jouaient avec l’intensité de ceux qui jouaient pour leurs VIES.
Le premier : un MAÎTRE BATELIER.
Peau tannée par des années de soleil sur le Reik. Mains entaillées, coupées par des cordes, des hameçons, des couteaux — les mains d’un homme qui avait travaillé dur toute sa vie. Épaules MASSIVES. Cou de TAUREAU. Biceps gonflés comme des jambons. Ventre ÉNORME qui débordait de sa ceinture. Et une gueule — par les gueules de Sigmar, quelle GUEULE ! — caractéristique d’un homme du fleuve qui a vu trop de tempêtes et bu trop de schnapps.
Sur son visage : une CICATRICE en forme de croix.
C’était lui. Le Capitaine CARDIN. Joseph Cardin. Le propriétaire du Bérébéli.
Le second joueur : l’EXACT opposé.
Un PRINCE MARCHAND. Ou le fils parvenu d’une famille aristocratique. Habillé avec un goût qui rivalisait avec celui d’Ashkaroun lui-même — soieries fines, bijoux discrets mais coûteux, une élégance qui criait la fortune.
Peau d’ABRICOT, bronzée au soleil du sud — mais d’une pâleur sous-jacente qui me mit mal à l’aise. Yeux étincelants d’un bleu MAGNÉTIQUE qui semblaient vous transpercer jusqu’à l’âme. Longue chevelure BLONDE qui cascadait sur ses épaules comme une cascade d’or.
Et un sourire. Un petit sourire NARQUOIS. Un air CANAILLE.
Et ils jouaient aux CARTES.
Pour QUELQUE CHOSE.
« Bon, alors, mon petit Joseph, » dit le prince marchand avec un accent qui était presque, PRESQUE celui d’un noble étranger, « tu le mises ou tu ne le mises PAS ? »
« Le mises pas QUOI ? » demandai-je, n’y tenant plus.
Et c’est à ce moment que Renate se tourna vers moi.
Avec cette expression qui disait : « Je vais te dire quelque chose qui va te briser le cœur. Et tu vas me détester. Et j’en suis désolée. »
« Mon beau caporal, » murmura-t-elle, « j’ai besoin de toi. Je t’ai MENTI. Mais je t’ai menti par AMOUR. »
Par les mensonges amoureux de Shallya, qu’est-ce qu’elle allait m’annoncer ENCORE ?!
Je regardai autour de moi.
VRAIMENT regardai.
Et je compris soudainement.
Je n’étais PAS dans une simple auberge de la rue aux Cent Tavernes.
J’étais dans une GROTTE SOUTERRAINE.
Une CAVE.
Un lieu qui semblait appartenir à un monde bien plus ANCIEN et bien plus SINISTRE que tout ce que j’avais connu.
Et les créatures qui SERVAIENT les clients ici…
Par les serveurs de Morr, les SERVEURS !
Ils avaient la peau d’une BLANCHEUR absolue. Une blancheur qui n’était pas humaine. Une blancheur de CADAVRE. Ils étaient à moitié dénudés, leurs corps pâles luisant dans la lumière occulte. Et ils servaient une LIQUEUR provenant de bouteilles finement ouvragées — une liqueur qui avait la couleur du SANG.
Et les clients aristocratiques — au moins une DOUZAINE assis autour de la salle — tous avaient cette MÊME peau d’une blancheur anormale.
Tous avaient ces MÊMES yeux qui brillaient dans l’obscurité.
Tous avaient ces MÊMES sourires qui révélaient des dents un peu trop POINTUES.
« Par les bourses gelées de Morr, » murmurai-je en sentant mon sang se glacer. « C’est une taverne de… »
« VAMPIRES, » termina Renate. « Oui. C’est une taverne de vampires. Cachée au cœur d’Altdorf. Depuis des SIÈCLES. »
Elle marqua une pause.
« Mais ce n’est pas ce que tu penses. Ces vampires, ils ne sont pas ici pour te TUER. Ils sont ici parce qu’ils ont des AFFAIRES à régler. Des affaires politiques. Des affaires commerciales. Des affaires qui dépassent les simples mortels. »
« Et POURQUOI m’as-tu amené ICI ?! » sifflai-je entre mes dents.
« Parce que mon frère… »
Elle pointa vers le prince marchand aux cheveux blonds.
« …est l’un d’EUX. »

Le Frère Vampire — Ou comment découvrir que votre amante a une famille encore plus compliquée que la vôtre
Je regardai le prince marchand.
Puis je regardai Renate.
Puis le prince marchand.
Puis Renate.
« Ton… FRÈRE ? »
« Mon frère, » confirma-t-elle. « Il s’appelle Vladrik. Il était mon frère AVANT de devenir… ce qu’il est. Et il a des informations. Des informations sur le Maria Borger. Sur la caisse avec le sceau de l’Ostland. Sur ce qui se PASSE vraiment dans l’Empire. »
Elle serra ma main.
« Je t’ai amené ici parce que j’ai besoin de TOI. J’ai besoin de quelqu’un de CONFIANCE à mes côtés quand je parle à mon frère. Quelqu’un qui peut me protéger si les choses tournent mal. »
« Me PROTÉGER ? » Je regardai la douzaine de vampires autour de nous. « CONTRE ÇA ? Renate, s’ils décident de nous MANGER, je ne peux RIEN faire ! Ma Zweihander ne va pas arrêter une DOUZAINE de suceurs de sang aristocratiques ! »
« Ils ne vont pas nous manger, » dit-elle. « Ils ont des RÈGLES. Cette taverne est un lieu NEUTRE. Un lieu de NÉGOCIATION. Personne ne tue personne ici. C’est la LOI des non-morts. »
Elle me regarda avec ces yeux de jade qui m’avaient séduit dès le premier jour.
« Fais-moi confiance. Une dernière fois. »
Par les confiances mal placées de Sigmar…
Je soupirai.
« Tu me dois des EXPLICATIONS. Beaucoup d’explications. »
« Je sais. Et tu les auras. Mais d’abord… »
Elle se tourna vers la table de jeu.
« D’abord, je dois parler à mon frère. Et découvrir pourquoi le Capitaine Cardin est en train de PERDRE le Bérébéli aux cartes. »

Au Collège d’Améthyste — Ou quand Vanda découvre que quelqu’un a secoué les fondations de son institution
Pendant ce temps, dans le Collège d’Améthyste, Vanda vivait une expérience que je ne pourrais jamais comprendre.
(Ce qui suit, je le tiens d’elle-même, raconté plus tard avec des yeux brillants d’une lumière qui n’était pas tout à fait humaine.)
Elle se DÉPLAÇAIT comme un spectre.
FLOTTANT dans les airs. DÉFIANT la gravité. Se déplaçant LIBREMENT à travers les murs et les étages.
C’était comme être devenue une créature de pur ÉTHER.
Et elle EXPLORAIT.
Elle visita les bibliothèques IMMENSES du collège — des salles remplies de tomes anciens que seuls les mages de la Mort connaissaient, des manuscrits écrits en langues mortes sur des parchemins faits de peaux mortes.
Elle passa devant des alcôves d’écriture où des apprentis MORTS depuis des SIÈCLES continuaient à écrire, à documenter, à transcrire — leurs esprits liés à jamais à cette tâche par une magie ancienne.
Elle vit des amphithéâtres où les apprentis vivants écoutaient religieusement les paroles de leurs maîtres spectraux.
Puis, finalement, elle alla voir le professeur qu’elle cherchait depuis le début.
Nicomède Sable Noir.
C’était un SPECTRE, comme elle l’était temporairement. Violet. Éternel. Ancré dans ce collège par une magie que seuls les plus puissants mages connaissaient.
Il tenait une longue PIPE sculptée dans l’os d’une créature fantasmagorique — un dragon, peut-être, ou quelque chose de pire. De la fumée VIOLETTE s’en échappait, formant des formes qui semblaient presque avoir un sens.
« Ah, Vanda, » dit-il en la voyant flotter vers lui. « Bienvenue. Tu as grandi depuis la dernière fois. »
« Professeur Sable Noir, » dit Vanda respectueusement, « j’ai des questions. Sur une apprentie. Une qui aurait… SECOUÉ les tours du collège. »
Le professeur prit une longue bouffée de sa pipe.
Et il regarda au loin, dans une direction que Vanda ne pouvait pas comprendre — vers un passé ou un futur que seuls les morts pouvaient voir.
« Oui, » dit-il lentement. « Il y a effectivement une apprentie dont tu parles. Quelqu’un d’… EXTRAORDINAIRE. »
« Qui ? »
« Quelqu’un qui a fait TREMBLER les tours de ce collège. LITTÉRALEMENT. Les fondations ont vacillé quand elle a canalisé sa colère. »
Il souffla un anneau de fumée violette.
« Elle a rassemblé les autres apprenties. Les INSURGÉES. Celles qui ont DÉNONCÉ les abus des anciens professeurs. Ces professeurs qui se sont avérés être CORROMPUS par Slaanesh — le dieu dont on ne peut prononcer le nom. »
Par les corruptions de Sigmar, des professeurs corrompus par le CHAOS au sein même du Collège de Magie ?!
« Elle n’a pas hésité à revendiquer le titre de SORCIÈRE. À former un CERCLE. Et elle est même allée jusqu’à demander — et à OBTENIR — le droit de défier le PATRIARCHE lui-même en duel magique. »
« Le PATRIARCHE ? » demanda Vanda, stupéfaite. « Elle a vraiment AFFRONTÉ le patriarche ? »
« Elle l’a affronté, oui. Et elle a… perdu. Ou peut-être qu’elle a CHOISI de partir. Les histoires divergent. Certains disent qu’elle a été contrainte et forcée de s’exiler. D’autres disent que les RÉPURGATEURS ont douté de sa moralité et qu’elle a fui avant qu’ils ne la brûlent. »
« Où est-elle MAINTENANT ? »
« Vers le SUD, » dit le professeur en soufflant de la fumée violette. « Près de NULN. Ou peut-être plus au sud encore. Dans une région appelée… GRISSENWALD. »
Vanda sentit un FRISSON la traverser.
GRISSENWALD.
Le nom résonna dans sa tête comme un glas.
« Pourquoi me poses-tu cette question ? » demanda le professeur.
« Parce que… parce que j’ai le sentiment que vous êtes en train de me parler de quelqu’un d’IMPORTANT. De quelqu’un qui pourrait être… DANGEREUX. De quelqu’un que nous avons peut-être déjà CROISÉE. »
« Oui, » confirma le professeur. « C’est une apprentie qui a CHANGÉ le collège. Qui a remis en question l’ordre établi. Et qui a REFUSÉ de se plier au système. »
Il prit une autre bouffée.
« Son nom est ETELKA. Et si tu l’as croisée… alors tu as croisé l’une des magiciennes les plus DANGEREUSES que ce collège ait jamais produites. »
— Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach, Qui Vient de Dépenser Quinze Pistols pour Se Faire Escorter par un Gamin de Dix Ans, Qui Vient de Découvrir une Taverne de VAMPIRES Cachée au Cœur d’Altdorf, Dont la Strigani Vient de Lui Avouer qu’Elle a un FRÈRE VAMPIRE, Dont l’Apprentie Magicienne Découvre qu’ETELKA a Secoué le Collège d’Améthyste, Assis dans une Cave de Non-Morts en Regardant un Capitaine Perdre un Bateau aux Cartes, Rue aux Cent Tavernes (Et Maintenant SOUS la Rue aux Cent Tavernes), — An 2523 CI —
P.S. : Le gamin de dix ans vient de me faire CHANTER. Avec ses dix petits complices. C’est peut-être l’humiliation la plus COMPLÈTE qu’un soldat puisse vivre. Un enfant de la rue vient de prouver qu’il est un MAÎTRE MANIPULATEUR. J’admire son génie même si je DÉTESTE son existence. Et je lui dois probablement un pourboire, ce qui me rend encore plus furieux.
P.P.S. : Une TAVERNE DE VAMPIRES. Au CENTRE D’ALTDORF. Cachée derrière un passage secret dans un MUR. Avec des aristocrates aux crocs pointus qui jouent aux cartes et boivent du sang dans des verres en cristal. Comment PERSONNE à Altdorf ne sait cela ? Ou alors, tout le monde le sait et personne n’en parle ? L’Empire est-il ENTIÈREMENT pourri de l’intérieur ?
P.P.P.S. : Renate m’a MENTI. Elle m’a dit qu’elle voulait m’aider. En réalité, elle voulait que je l’aide à parler à son FRÈRE VAMPIRE. Une fois de plus, je suis MANIPULÉ par une femme pour une cause que je ne comprends pas. Ma vie est devenue une succession de TRAHISONS romantiques. Et le pire, c’est que je vais probablement lui PARDONNER parce qu’elle a de beaux yeux. Je suis pathétique.
P.P.P.P.S. : ETELKA. La magicienne de Grissenwald. Celle qui nous a causé tant d’ennuis. Elle a DÉFIÉ le patriarche du Collège d’Améthyste. Elle a formé un CERCLE de sorcières. Elle a fait TREMBLER les tours du collège. Cette femme n’est pas une simple magicienne corrompue — c’est une RÉVOLUTIONNAIRE qui a secoué les fondations même de la magie impériale. Et nous l’avons croisée comme si de rien n’était. Par les dangers sous-estimés de Sigmar, dans quoi nous sommes-nous fourrés ?
P.P.P.P.P.S. : Joseph Cardin. Le Capitaine du Bérébéli. Il joue aux cartes dans une taverne de vampires. Avec le FRÈRE DE RENATE. Et il est apparemment en train de PERDRE SON BATEAU. Le bateau que Loupiot veut récupérer. Le bateau pour lequel nous avons traversé la moitié d’Altdorf. Ce bateau est en train de changer de propriétaire PENDANT QUE NOUS REGARDONS. Et le nouveau propriétaire pourrait bien être un VAMPIRE. Par les complications de Ranald, cette journée ne PEUT PAS devenir plus folle !
P.P.P.P.P.P.S. : (Narrateur : elle pouvait, en fait, devenir plus folle.)


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