Ulrich et ses compagnons atteignent enfin Altdorf, couronne de l’Empire. Mais avant d’admirer les sept ponts majestueux, le Liudpol impérial et les merveilles d’ingénierie naine, Vanda révèle la terrible vérité sur les cadavres de la barque : des morsures de vampires Strygoï. Et quand la puanteur légendaire de la capitale leur saute aux narines, le caporal comprend que même la grandeur impériale sent la charogne. Acte 61 des Chroniques d’Ulrich von Schnitzelbach, campagne Warhammer Fantasy.
Par les narines bouchées de Sigmar face aux miasmes impériaux !
Il est des moments où l’on croit toucher à la gloire en approchant de la capitale de l’Empire, et où l’on découvre que même les plus hauts lieux de la civilisation puent comme une charogne de trois semaines. Il est des instants où l’on admire les sept ponts majestueux d’Altdorf tout en retenant son souffle pour ne pas vomir.
Mais bon sang, nous y sommes ! À ALTDORF ! La couronne de l’Empire ! Et moi, pauvre caporal, je navigue sur ses eaux comme si j’étais quelqu’un d’important !
Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach

De la découverte macabre et des traces de crocs maudits
Avant que nous n’atteignions les majestueuses murailles d’Altdorf, j’ai tenu à interroger notre chère Vanda sur ce qu’elle avait observé lors de notre dernière fuite. Car voyez-vous, mes futurs lecteurs, les corps que nous avions aperçus dans cette barque maudite me taraudaient l’esprit plus sûrement qu’une écharde sous l’ongle !
« Que diable as-tu vu exactement sur ces cadavres, ma petite Vanda ? » lui ai-je demandé avec cette sollicitude bourrue qui sied à un ancien de ma trempe.
Et voici ce qu’elle m’a révélé, de sa voix tremblante comme une feuille d’automne dans la bise : elle avait observé « d’étranges traces de morsures dans différentes parties du corps », notamment au niveau du cou, des artères, des poignets et… que Morr me pardonne cette horreur… au niveau des veines jugulaires !

« Strygoï ! » m’a-t-elle dit d’une voix blanche. « Ce sont des vampires Strygoï qui ont fait cela ! »
(Par les tripes de Sigmar ! Des vampires ! Comme si nous n’avions pas assez d’ennuis avec les magiciens fourbes et les ambassadeurs parfumés !)
Voilà donc ce qui nous poursuivait dans l’ombre ! Non pas de simples bandits de grand chemin, mais ces créatures maudites qui sucent le sang des vivants comme des sangsues démoniaques ! La nouvelle m’a glacé le sang plus sûrement qu’un hiver en Kislev, mais au moins, maintenant, nous savions à quoi nous avions affaire.

Ou comment découvrir qu’Altdorf est encore plus grandiose que dans mes rêves de provincial
Nom d’un tonneau de brandy percé ! Quand nous approchâmes enfin d’Altdorf, mes yeux de provincial s’écarquillèrent comme ceux d’un gamin devant sa première parade militaire !
LE REIK !
Ici, dans sa largeur maximale, ce fleuve béni de Manann ressemblait à une mer intérieure ! Jamais je n’avais imaginé pareille immensité, moi qui croyais connaître les voies d’eau pour avoir descendu quelques rivières de campagne !
Et les bateaux ! PAR LES TRIPES BÉANTES DE MORR ET TOUS LES TONNEAUX DE NULN ! Des esquifs modestes comme le nôtre côtoyaient des navires de commerce grands comme les forteresses du Stirland ! Des barges chargées d’or, d’épices de Tilée, de soies d’Arabie ! Des galions aux voiles ornées des armoiries des plus grandes maisons nobles de l’Empire !

Notre brave Loupiot, ce batelier qui cache bien son jeu, était en extase totale : « Jamais de mémoire de batelier », me confia-t-il avec des yeux ronds comme des écus, « on n’a vu aussi grands et beaux bateaux ! »
Et en effet, mes amis ! Des navires en veux-tu en voilà ! Des simples esquifs aux plus majestueux vaisseaux, tout ce que la noble Compagnie des Guildeurs Maritimes pouvait offrir de grand, de beau et de fastueux !

Du joyau impérial et de sa splendeur écrasante
Mais le plus majestueux de tous ces vaisseaux trônait non loin de nous, brillant comme un joyau dans un écrin de crotte : LE LIUTPOL !
Le navire de croisière impérial ! Une merveille flottante ! Une cathédrale d’acier et de bois sculptée par les meilleurs artisans de l’Empire, plus belle qu’un rêve d’ivrogne et plus impressionnante qu’une charge de Reiksguard !
« C’est… c’est ça, la vraie puissance impériale ! » murmurai-je, impressionné malgré moi par cette démonstration de faste.
Dorures partout ! Canons de Nuln luisants comme des bijoux ! Bannières aux couleurs de Sa Majesté Impériale claquant au vent comme autant d’étendards de victoire ! Et sur le pont, des silhouettes en uniformes chamarrés qui nous regardaient de haut avec le mépris réservé à la vermine fluviale !
(Pensée amère de caporal frustré : voilà ce que c’est d’être vraiment important dans cet Empire ! Nous, on navigue sur une épave récupérée au petit bonheur la chance ! Eux, ils voyagent comme des demi-dieux ! Ah ! si ma bien-aimée Gravine pouvait me voir sur un tel navire !)

Des sept ponts et de l’ingéniosité naine
Puis nous vîmes LES PONTS ! Sept merveilles architecturales enjambant le Reik comme des arcs-en-ciel de pierre et d’acier !
Certains, anciens de plusieurs siècles, témoignaient de la grandeur passée de l’Empire : massifs comme des forteresses, sculptés comme des œuvres d’art, ornés de statues de héros légendaires qui nous toisaient de leur grandeur de marbre !
D’autres, plus récents, étaient des prodiges d’ingénierie naine : mécanismes à vapeur permettant aux tabliers de se dresser pour laisser passer les plus grands navires ! Des constructions plus compliquées qu’un traité de magie et plus précises qu’une arquebuse de Nuln !
« Regardez, Caporal ! » s’exclama Loupiot, les yeux brillants comme ceux d’un enfant. « Celui-là se lève ! »

Effectivement, devant nos yeux ébahis de provinciaux, un pont entier pivota sur ses gonds géants avec un grondement de tonnerre, dégageant le passage pour un convoi de barges chargées de fer du Wissenland !
(Note d’admiration respectueuse : ces nains sont peut-être des ivrognes grincheux qui vous emmerdent pour un oui ou pour un non, mais par les marteaux de leurs ancêtres, ils savent construire !)

De l’accueil olfactif et de la grandeur qui pue
Mais alors que nous approchions des quais sacrés de la capitale, une odeur nous frappa de plein fouet plus sûrement qu’un coup de masse d’ogre dans les gencives !
UNE PUANTEUR ABSOLUE !
Plus infecte que les latrines de campagne après une épidémie de dysenterie ! Plus nauséabonde que les abattoirs de Nuln un jour de canicule ! Plus écœurante qu’un champ de bataille au bout de trois jours sous un soleil de plomb !
« PAR LES BOURSES PUTRÉFIÉES DE RANALD ET LE CALEÇON TROUÉ DE SIGMAR ! » m’exclamai-je en me bouchant le nez avec mon mouchoir. « Qu’est-ce que c’est que cette infection de tous les diables ?! »
Notre chère Vanda verdit immédiatement comme un conscrit à sa première bataille : « C’est… c’est toujours comme ça dans la capitale ? »
Et cette maudite potiquaire eut un sourire plus amer qu’une potion de guérisseur de campagne : « Bienvenue dans la couronne de l’Empire, mes amis ! Un million d’habitants, leurs déchets, leurs égouts, leurs morts… tout ça se retrouve dans l’air qu’on respire ! L’Empire dans toute sa splendeur ! »

Où un caporal apprend que même la beauté cache de la merde
Voilà donc la glorieuse Altdorf ! La cité dont rêvent tous les provinciaux ! Le joyau de l’Empire ! La couronne de notre civilisation !
Certes, elle était IMMENSE comme je n’avais jamais rien vu ! Certes, ses ponts étaient plus magnifiques que dans mes rêves les plus fous ! Certes, le Liudpol forçait le respect même d’un vieux briscard comme moi !
Mais elle puait la charogne plus sûrement que la culotte d’une mémé.
« Allons-nous vraiment débarquer dans cette infection ? » demanda Vanda, le teint plus verdâtre qu’une sauce aux épinards ratée.
« Il le faut, ma petite ! » répondis-je stoïquement, en caporal qui a appris à encaisser les coups du sort. « Loupiot a ses mystérieuses affaires à régler dans cette capitale ! Et nous devons nous réapprovisionner avant de poursuivre vers Bogenhafen ! »

De mes pensées de provincial ébahi par le coeur palpitant de l’Empire
Malgré la puanteur qui agressait mes narines comme une attaque de gobelins, je ne pouvais m’empêcher d’être impressionné jusqu’aux os !
ICI vivait Sa Majesté l’Empereur ! ICI se prenaient les décisions qui affectaient tout l’Empire ! ICI battait le cœur de notre civilisation ! ICI résidaient les grands de ce monde !
Et moi, pauvre caporal d’une garde provinciale, petit soldat sans fortune mais pas sans honneur, j’y naviguais comme si j’avais ma place dans ce concert de puissants !
(Dernière pensée en approchant des quais sacrés : ces agitateurs de Nuln qui prétendent que leur ville mérite le titre de « couronne de l’Empire » n’ont manifestement jamais vu Altdorf de leurs yeux de taupes ! Même puante, même corrompue, elle reste LA capitale ! Et nous, pauvres mortels, nous y entrons comme des pèlerins au temple !)
— Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach,
Garde Personnel de Sa Grâce la Gravine de Nuln,
« Navigateur ébahi sur les Eaux Impériales »
Témoin de la Grandeur Putride d’Altdorf — An 2523 CI —
P.S. : Le Liudpol me fait rêver plus que la plus belle des femmes ! Un jour, peut-être, je voyagerai sur un tel navire… En tant que capitaine, pas comme vermine de cale ! Avec ma bien-aimée Gravine à mon bras !
P.P.S. : Loupiot a des « affaires » mystérieuses dans la capitale impériale ! Notre batelier de bordel cache décidément bien son jeu ! J’espère qu’il ne nous entraîne pas dans des embrouilles plus grandes que nous !
P.P.P.S. : Cette maudite potiquaire et ses ingrédients de rituel vont dans la même direction que nous ! Comme Achkarûn ! Comme tous nos problèmes ! Le destin nous pousse tous vers Bogenhafen ! J’ai hâte de voir ce qui nous y attend… Enfin, « hâte »… disons plutôt que j’y vais parce que le devoir m’appelle !
P.P.P.P.S. : Même dans cette capitale d’un million d’âmes, je pense encore à ma Gravine ! Quand reviendrai-je vers elle, couvert de gloire et promu enfin au rang de Capitaine ? Que Sigmar m’entende !


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