L’équipe se sépare dans les rues d’Altdorf. Lupio se fait plumer par un gamin des rues plus futé que lui pour localiser le capitaine Cardin. Vanda pénètre dans le quartier magique — gravité inversée, éclairs de couleurs, rues qui pivotent — jusqu’au Collège d’Améthystes où une pluie de cendres d’os l’accueille chez elle. Et Ulrich file Renate jusqu’à un mur de la rue aux Cent Tavernes qui s’ouvre pour elle… et se referme sur son nez de caporal. Acte 68 des Chroniques d’Ulrich von Schnitzelbach, campagne Warhammer Fantasy.
« Par les passages secrets de Ranald qui s’ouvrent pour les belles femmes et se referment sur la gueule des pauvres caporaux ! Voilà que Loupiot négocie avec un gamin des rues qui a plus de sens des affaires qu’un marchand de Marienburg, que Vanda pénètre dans un collège où il PLEUT DES CENDRES D’OS, et que moi — PAUVRE CRÉTIN — je me retrouve coincé devant un mur qui s’ouvre et se ferme comme le sphincter d’un géant constipé ! Par les humiliations architecturales de Sigmar, comment en suis-je arrivé là ?! »
Altdorf, entre la rue aux Cent Tavernes, le Quartier Magique, et un Mur qui me Déteste — An 2523 CI

Le Gamin escroc — Ou comment Loupiot découvre qu’un enfant de dix ans a plus de sens commercial que lui
Pendant que je suivais Renate dans les méandres puants de la rue aux Cent Tavernes, Loupiot — ce crétin magnifiquement opportuniste — faisait quelque chose de génialement stupide.
Il avait trouvé un GAMIN des rues.
Et il lui parlait comme à un ÉGAL.
« Hé, petit, » dit Loupiot en sortant une pièce d’or qu’il fit miroiter sous le nez de l’enfant. « Tu connais la rue aux Cent Tavernes ? »
Le gamin — probablement pas plus de dix ans, avec des haillons pour vêtements, des croûtes de crasse pour bijoux, et une intelligence qui surpassait CLAIREMENT celle de Loupiot — le regarda comme s’il venait de demander si l’eau mouillait.
« Ouais, je connais. C’est là où je VIS, » répondit l’enfant avec l’aplomb d’un propriétaire terrien.
« Parfait ! » s’exclama Loupiot. « Écoute, les gars comme moi arrivent complètement paumés dans cette ville, ils ont besoin d’un CONTACT. C’est mon lot, tu comprends ? Aide-moi, et je te paie. »
Le gamin sourit.
Et ce sourire…
Par les précocités mercantiles de Ranald, ce sourire n’était PAS celui d’un enfant.
C’était le sourire d’un CHEF D’ENTREPRISE. Le sourire d’un négociateur chevronné. Le sourire de quelqu’un qui venait de repérer un pigeon bien dodu et qui s’apprêtait à le plumer jusqu’aux os.
« D’accord. Tu cherches qui, quoi, comment ? Et je te dirai combien ça COÛTE. »
Loupiot cligna des yeux.

Cet enfant venait de se positionner comme un FOURNISSEUR DE SERVICES. Pas un vagabond. Pas un mendiant. Un PROFESSIONNEL des rues d’Altdorf.
« Je cherche le Capitaine Cardin. Joseph Cardin, » déclara Loupiot.
Le gamin hocha la tête immédiatement — sans une seconde d’hésitation.
« Je sais EXACTEMENT qui c’est. »
« Vraiment ? » demanda Loupiot, surpris.
« Ouais. Ça fera un pistol. »
Loupiot se figea comme un lapin devant un renard.
« QUOI ? Un pistol juste pour me DIRE qui c’est ? »
« Ouais. Un pistol. C’est le tarif. »
Par les tarifications de Ranald, ce gamin avait des GRILLES DE PRIX !
Loupiot réfléchit à la vitesse d’une limace sous sédation. Puis son cerveau de roublard se mit en marche :
« Si tu me dis le nom de son BATEAU sans que je te donne ce pistol, t’en auras DEUX. »
Le gamin sourit plus largement — le sourire d’un marchand qui voit son client tomber dans le piège.
« Non, non. Tu vas m’en donner TROIS. Parce que je vais aussi te dire OÙ il est. Et ça, c’est de la magie, mon gars. De la vraie magie de la rue. »
(Note admirative malgré moi : cet enfant était peut-être plus intelligent que tous les adultes de cette expédition réunis. Y compris moi. SURTOUT moi.)
« Trois pistols, » accepta Loupiot avec la grâce d’un homme qui sait qu’il s’est fait avoir. « Mais attention, je vais te MARCHANDER. Moins vingt pour cent ! »
« Non, ça n’a pas l’air, » refusa le gamin sans même prendre la peine de considérer l’offre.
« Bon. Trois pistols. Où est-il ? »
« Il est à la taverne appelée « Le Griffon Saoul », » dit le gamin en tendant sa petite main crasseuse pour recevoir son dû. « Deuxième étage. Tu le trouveras facilement — c’est le seul gars avec une cicatrice en forme de CROIX qui traverse la moitié de son visage. On peut pas le louper. »
Loupiot déposa les trois pièces d’or dans la paume de l’enfant.
« Merci, petit. Et voici trois pistols SUPPLÉMENTAIRES pour m’avoir dit exactement où il était. »
SIX pistols.
SIX PISTOLS pour une information qu’un ivrogne au comptoir aurait probablement donnée pour le prix d’une bière.
Le gamin empocha l’or avec la satisfaction d’un banquier qui vient de conclure un prêt usuraire.
« Tu as de la chance d’être en terre inconnue et que je ne sois pas un VRAI professionnel. Sinon, ça t’aurait coûté bien plus cher. Au revoir, l’homme des terres étrangères. Bonne chance avec Cardin. Tu vas en avoir besoin. »
Et le gamin disparut dans la foule de la rue aux Cent Tavernes, probablement pour aller escroquer les prochains touristes perdus.
(Note commerciale : ce gamin ferait un excellent comptable. Ou un excellent bandit. Dans l’Empire, c’est souvent la même chose.)

Le Quartier Magique — Ou comment découvrir que la réalité est une suggestion quand on marche parmi les sorciers
Pendant ce temps, de l’AUTRE côté de la cité — dans un monde qui n’avait plus rien à voir avec les tavernes poisseuses et les gamins négociateurs — Vanda et Alvira arrivaient dans le quartier magique.
Et c’était comme si elles venaient d’entrer dans un AUTRE MONDE.
(Ce qui suit, je le tiens d’Alvira elle-même, qui me le raconta plus tard avec des yeux brillants d’émerveillement. Moi, pauvre soldat du Stirland, je n’aurais jamais pu imaginer de telles choses.)
Dès le premier pas dans le quartier, leurs pieds RÉSONNÈRENT.
Pas un simple résonnement de bottes sur des pavés. Non.
Un résonnement MÉLODIEUX.
Comme si le sol lui-même était un INSTRUMENT DE MUSIQUE. Comme si chaque pas jouait une note différente. Comme si les rues CHANTAIENT sous leurs semelles.
Et elles entendirent une MUSIQUE.
Une musique CÉLESTE.
Des chants qui semblaient descendre directement des cieux — portés par les vents de magie du Collège Céleste, l’une des plus hautes disciplines. Ces vents les escortaient, les guidaient, comme des serviteurs invisibles leur montrant le chemin.
« Tu la sens ? » murmura Vanda.
« Je la sens, » répondit Alvira. « C’est… beau. »

Elles marchèrent. Et graduellement, l’air autour d’elles commença à CHANGER.
Chargé d’ÉLECTRICITÉ. Littéralement. Des picotements couraient sur leur peau. Leurs cheveux commençaient à se dresser sur leurs têtes comme attirés par le ciel.
Et soudain — le brouillard se leva d’un coup, la nuit tomba BRUTALEMENT comme si quelqu’un avait soufflé la chandelle du soleil — elles virent d’autres figures.
D’autres apprentis. D’autres mages. Tous vêtus de robes aux couleurs de leurs collèges respectifs — bleu céleste, vert jade, gris fumée, or brillant, améthyste sombre.
Et tous étaient entourés d’ÉCLAIRS.
Des éclairs de différentes couleurs. Tous inoffensifs — ou du moins, tous contrôlés. Mais CONNECTANT chaque personne avec toute personne qu’elle frôlait. Un réseau VIVANT de magie. Une toile d’araignée lumineuse qui reliait chaque mage à ses semblables.
« Ne t’inquiète pas, » dit Alvira. « Ça fait partie du quartier. Tout le monde est CONNECTÉ ici par la magie. C’est comme… comme un salut permanent. Une reconnaissance entre initiés. »
(Note horrifiée : et moi qui trouvais que les soldats avaient des rituels bizarres. Les magiciens sont sur un tout autre niveau de folie.)

Les Merveilles du Quartier — Ou comment la géométrie devient une suggestion et la gravité une plaisanterie
Elles continuèrent à marcher.
Et à mesure qu’elles progressaient, elles commencèrent à voir des choses ÉTONNANTES.
D’abord, un ARBRE-VIE gigantesque.
Pas un simple arbre. Non. Un arbre LÉGENDAIRE. Un arbre dont le tronc était aussi large qu’une maison, dont les branches s’étendaient dans TOUTES les directions, créant une FORÊT ENTIÈRE au cœur du quartier.
C’était le repère du Collège de Jade — le collège de la nature, celui qui commande aux plantes et aux bêtes.
« Le Collège Jade, » expliqua Alvira. « Ils se concentrent sur la nature et la vie. Mais nous, nous ne nous arrêtons pas ici. Vanda n’est pas du Jade. Elle est de l’Améthyste. »
Elles marchèrent au-delà de l’arbre géant.
Et c’est à ce moment que quelque chose de véritablement ÉTRANGE se produisit.
Les rues elles-mêmes commencèrent à CHANGER.
À se COURBER. À se MODIFIER en temps réel. Comme si la géométrie d’Altdorf était MALLÉABLE, FLEXIBLE, contrôlée par la magie.
Et les bâtisses — les résidences des mages — elles PIVOTAIENT sur elles-mêmes. Littéralement. Des maisons entières qui tournaient comme des toupies, lentement, majestueusement, sans que personne à l’intérieur ne semble s’en soucier.

« C’est le Collège Gris, » expliqua Alvira. « Ils contrôlent la géométrie. Les mathématiques. L’architecture magique. N’essaie pas de COMPRENDRE. Laisse-toi PORTER. »
Et effectivement, Vanda se laissa porter par ces rues changeantes.
Elle avait l’impression de marcher sur une surface qui MONTAIT, puis qui DESCENDAIT, puis qui S’INVERSAIT. À un moment, elle se retrouva la TÊTE EN BAS, avec la gravité inversée, marchant sur ce qui était auparavant le CIEL.
Les maisons pendaient au-dessus d’elle — ou en-dessous ? — comme des stalactites architecturales.
Puis, aussi soudainement que cela avait commencé, les rues redevinrent normales.
Et devant elles : le Collège d’Améthyste.
(Note sur la réalité : à ce stade, je suis convaincu que les magiciens sont tous complètement FOUS. Mais c’est une folie organisée. Structurée. Une folie qui a ses propres règles. Ce qui, d’une certaine façon, est encore plus terrifiant.)

Le Collège de la Mort — Ou comment la mort devient une œuvre d’art architecturale et les cendres d’os une pluie quotidienne
C’était MONUMENTAL.
Un grand bâtiment de pierres sombres — si sombres qu’elles semblaient absorber la lumière plutôt que la refléter. Complètement recouvert d’ornements baroques. Des gargouilles morbides — des CENTAINES d’entre elles — perchées sur chaque point, chaque rebord, chaque recoin.
Des gargouilles qui vous fixaient avec des yeux de pierre. Des gargouilles qui semblaient RESPIRER. Des gargouilles qui, j’en suis sûr, bougeaient quand on ne les regardait pas.
Des portes GIGANTESQUES en ogive. Le genre de portes par lesquelles seul un GÉANT pourrait passer confortablement. Le genre de portes qui disaient : « Ce qui entre ici n’en ressort pas toujours. »
Des fenêtres longues et étroites, comme les fentes d’un TOMBEAU.
Et en son sommet : une multitude de tours effilées. Des tours qui s’élançaient vers le ciel comme des doigts osseux pointant vers les étoiles. Des tours que Vanda connaissait bien — elle y avait passé des dizaines de nuits à étudier, à souffrir, à apprendre les secrets de la mort.
Mais ce qui rendait ce moment véritablement SURRÉALISTE était ceci :
Une PLUIE DE CENDRES tombait.
Pas de la pluie ordinaire. Des CENDRES.

Et Vanda savait exactement ce qu’elles étaient : des OS. Des os millénaires. Les restes pulvérisés de tous les morts que le Collège d’Améthyste avait jamais convoqués, invoqués, ou simplement… gardés.
Les vents violets d’Améthyste apportaient ces cendres dans l’air comme une bénédiction morbide.
Et TOUT — absolument TOUT — était peint en AMÉTHYSTE.
La couleur dominait complètement. Chaque surface, chaque objet, chaque créature vivante était enveloppée dans une teinte violette profonde. Même l’air semblait violet. Même les ombres avaient des reflets pourpres.
« Bienvenue à la maison, » murmura Vanda.
Et puis elle vit LA gargouille.

Pas une simple gargouille. Un DRAGON-GARGOUILLE gigantesque qui gardait l’entrée du collège. Avec une tête de dragon, un corps de gargouille, des ailes repliées qui auraient pu couvrir une maison entière, et une attitude générale qui disait : « Passe par-dessus mon cadavre. Littéralement. Je t’y encourage même. »
Vanda savait ce qu’elle devait faire.
Elle ferma les yeux. Elle sentit les vents violets d’Améthyste l’envelopper comme un linceul vivant. Et elle souffla une langue magique — une incantation antique dans une langue que NUL mortel ordinaire ne connaissait. Une langue que seuls les initiés de la mort apprenaient. Une langue qui sentait le tombeau et la poussière des siècles.
Les gargouilles qui entouraient la porte — avec leurs bras musclés de pierre — se soulevèrent lentement.
Et la porte s’OUVRIT.

« Bonne chance, » dit Alvira en restant en arrière, clairement impressionnée. « Je dois aller à la Fonderie. Les apothicaires m’attendent. »
« La Fonderie, c’est près du Collège Doré, non ? » demanda Vanda.
« Exactement. Le bâtiment avec les hautes cheminées. La fumée multicolore. Le bruit constant de marteaux et d’explosions. C’est dur à louper. C’est là où la guilde des alchimistes opère. »
Vanda hocha la tête.
« À bientôt, Alvira. »
Et elle disparut dans les profondeurs du Collège d’Améthyste, vers des secrets que ni moi ni Loupiot ne comprendrions JAMAIS.
(Note sur Vanda : cette gamine de dix-huit ans venait de prononcer une incantation en langue ANTIQUE pour ouvrir les portes d’un collège de MORT gardé par des dragons de pierre. Elle connaissait le chemin. Elle savait exactement quoi faire. Elle était clairement BEAUCOUP plus importante qu’elle ne l’avait jamais laissé entendre. Que nous cachait-elle d’AUTRE ?)

Le Mur qui se Referme — Ou comment un caporal découvre que suivre une Strigani était une idée monumentalement stupide
Pendant ce temps, de MON côté — loin des merveilles magiques et des pluies de cendres — je suivais toujours Renate.
Discrètement. Entre les ivrognes qui titubaient. Entre les bagarres qui éclataient au hasard. Entre les cris de tavernes et les chansons obscènes.
Et puis SOUDAINEMENT, elle s’arrêta.
Devant un MUR.
Un mur complètement NU. Pas de portes. Pas de fenêtres. Pas d’enseignes. Juste un mur GRIS et sans intérêt, coincé entre deux tavernes qui hurlaient leur existence.
Je me cachai dans l’ombre d’une porte de taverne — « L’Ulric Constipé », selon l’enseigne, ce qui me parut approprié vu ma situation.
Et je regardai.
Renate regarda à droite.
Puis à gauche.
Puis elle se plaça de PROFIL contre le mur.
Et je réalisai SOUDAINEMENT.
Ce mur avait une OUVERTURE.
Une petite ouverture. Un passage ÉTROIT. Entre deux parties du mur qui se touchaient à peine — une fente verticale si mince qu’on aurait pu la prendre pour une simple fissure.
Assez large pour une femme de taille ordinaire.
Pas assez pour un caporal en armure complète qui mange trop de choucroute.
Renate se FAUFILA entre les deux parties du mur.
Comme une anguille.
Comme un fantôme.
Et elle DISPARUT.
À l’INTÉRIEUR.
Par les passages secrets de Ranald, cette Strigani avait un ACCÈS CACHÉ dans les murs de la rue aux Cent Tavernes !

La Stupidité du Caporal — Ou comment tenter de suivre une femme mystérieuse et échouer lamentablement
J’attendis quelques secondes.
Mon cerveau de soldat pesait les options.
Option 1 : Attendre ici comme un idiot jusqu’à ce qu’elle ressorte.
Option 2 : Tenter de la suivre.
Option 3 : Retourner chercher Loupiot et prétendre que rien ne s’était passé.
Par les choix stupides de Ranald, je choisis l’option 2.
Je m’approchai du mur.
Je pris une profonde inspiration — ce qui, dans cette rue, fut une ERREUR car l’air sentait le vomi et la bière rance.
Et j’essayai de faire la MÊME chose que Renate.
Je me plaçai de profil. Je rentrai le ventre — autant que possible pour un homme qui apprécie les bonnes choses de la vie. Je tentai de me faufiler dans cet espace étroit.
Et c’est à ce moment que je compris mon ERREUR.
Le mur se REFERMA.
LENTEMENT.
INEXORABLEMENT.
Les deux parties de pierre commencèrent à se rapprocher l’une de l’autre, m’empêchant de passer, menaçant de m’ÉCRASER si je ne reculais pas immédiatement.
« Par les bourses gelées de Morr ! » jurai-je en bondissant en arrière avec l’agilité d’un chat terrorisé.
Le mur termina sa fermeture avec un « CLONK » satisfait, ne laissant qu’une fente de l’épaisseur d’une main entre les deux parties.
Le passage était FERMÉ.
Le mur était CONTRÔLÉ. Magiquement. Ou mécaniquement. Peu importe la méthode — le résultat était le même.
Il ne s’ouvrait que pour RENATE.
Et se refermait IMMÉDIATEMENT après.
Je regardai le mur. Le mur me regarda — ou du moins, c’est l’impression qu’il me donnait.
J’essayai de trouver un mécanisme. Une pierre de touche. Un levier caché. Quelque chose — N’IMPORTE QUOI — que Renate aurait pu actionner pour ouvrir le passage.
Je tâtai les pierres. Je poussai. Je tirai. Je cherchai des symboles gravés.
RIEN.
Juste un mur qui s’ouvrait et se refermait comme… comme…
Par les comparaisons anatomiques de Sigmar, comme le SPHINCTER d’un géant constipé.
(Et maintenant j’avais cette image en tête. Merci, cerveau. Merci BEAUCOUP.)
Je reculai de quelques pas, fixant le mur avec le regard d’un homme qui vient de réaliser qu’il est monumentalement STUPIDE.
Renate avait un PASSAGE SECRET. Dans un MUR. Dans la rue aux Cent Tavernes. Un passage qui s’ouvrait et se refermait MAGIQUEMENT — ou du moins, de façon contrôlée. Elle savait comment l’activer. Moi, NON.
Cela me disait qu’elle cachait BEAUCOUP plus que simplement être une « diseuse de bonne aventure strigani » rencontrée par hasard.
Elle avait des CONTACTS ici.
Elle avait des ACCÈS SECRETS.
Elle avait des RESSOURCES que je ne soupçonnais même pas.
Et moi, pauvre caporal du Stirland, j’étais coincé DEHORS.
Seul.
Devant un mur qui me narguait.
Dans une rue où aux Cent Tavernes hurlaient leur existence.
Sans moyen de la suivre.
Sans moyen de savoir ce qu’elle faisait de l’autre côté.
Sans moyen de savoir si elle allait revenir.
Par les solitudes de Morr, qu’est-ce que je faisais MAINTENANT ?
— Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach, Qui Est Maintenant Seul Devant un Mur qui S’Ouvre pour les Belles Femmes et se Referme sur les Pauvres Caporaux, Dont le Barde Stupide a Trouvé le Capitaine Cardin pour Six Pistols (dont Trois de Trop), Dont l’Apprentie Magicienne est au Collège de la Mort en train de Communier avec des Cendres d’Os, Dont l’Apothicaire est Partie à la Fonderie des Alchimistes, Et Dont la Strigani vient de Disparaître dans un Passage Secret sans Laisser d’Instructions, la rue aux Cent Tavernes, Altdorf, Devant un Sphincter Architectural, — An 2523 CI —
P.S. : Loupiot a RÉUSSI à négocier avec un gamin des rues. Et il a payé SIX pistols pour une information que n’importe quel ivrogne aurait donnée pour une bière. C’est soit un génie de la diplomatie enfantine, soit un crétin complet. Connaissant Loupiot, c’est probablement les deux en même temps.
P.P.S. : Vanda est maintenant au Collège d’Améthyste. Elle a soufflé une LANGUE MAGIQUE ANTIQUE pour ouvrir les portes. Elle connaît le chemin par cœur. Elle est clairement bien plus importante qu’elle ne l’a JAMAIS laissé entendre. Qui EST cette gamine, vraiment ?
P.P.P.S. : Le Collège d’Améthyste est peut-être le lieu le plus MAGNIFIQUE et TERRIFIANT que j’aie jamais entendu décrire. Des cendres d’os qui pleuvent du ciel. Des gargouilles-dragons qui gardent les portes. Une couleur entièrement améthyste qui peint TOUT. C’est soit une œuvre d’art divine, soit une abomination complète. Probablement les deux.
P.P.P.P.S. : Renate a un PASSAGE SECRET. Dans un MUR. Dans la rue aux Cent Tavernes. Un passage qui s’ouvre ET se referme de façon contrôlée. Elle sait comment l’activer — moi, non. Elle a des contacts dans les bas-fonds d’Altdorf. Elle a des accès que même les locaux ne connaissent pas. Cette femme cache BEAUCOUP plus que ce qu’elle prétend. Qu’est-ce qu’une simple « diseuse de bonne aventure » fait avec des passages secrets dans les murs ?
P.P.P.P.P.S. : Je suis maintenant SEUL. Devant un mur. Sans accès à Renate. Sans moyen de la suivre. Avec la terrible réalisation que je viens de VRAIMENT me mettre en danger en tentant de passer comme un imbécile. Le mur a failli m’ÉCRASER. Qu’est-ce que je suis censé faire maintenant ? Attendre ici comme un chien fidèle ? Aller rejoindre Loupiot au « Griffon Saoul » ? Ou continuer à fixer ce mur en espérant qu’il s’excuse et s’ouvre pour moi ?
P.P.P.P.P.P.S. : Note pour mes mémoires : ne JAMAIS suivre une femme mystérieuse dans un quartier dangereux sans s’assurer qu’on peut la suivre JUSQU’AU BOUT. C’est la règle numéro un de la filature. Et je viens de l’apprendre de la pire façon possible. Devant un sphincter de pierre.


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