L’équipe se retrouve enfin autour d’une table — Renate ne parle plus à Ulrich, Grugor cuve son lotus noir en murmurant des déclarations d’amour, et Loupiot sourit comme un idiot. Mais au mot « bateau », le vampire-fouine se dégrise instantanément et flaire l’affaire du siècle : de la liqueur de rêve maudite, liée au noble de la caisse de plomb du Maria Borger. Pour une fois, Ulrich fait preuve de sagesse en refusant une fortune empoisonnée. Acte 72 des Chroniques d’Ulrich von Schnitzelbach, campagne Warhammer Fantasy.
« Par les refus héroïques de Sigmar qui sait dire NON aux tentations du Chaos ! Voilà que le frère vampire de Renate nous propose une fortune en liqueur de rêve MAUDITE, que cette même liqueur vient du noble qui dormait dans la caisse de plomb sur le Maria Borger, et que pour la PREMIÈRE FOIS de ma vie, je fais preuve d’une sagesse qui surprend tout le monde — moi y compris ! Parfois, la vraie victoire consiste à FUIR avant que les ennuis ne vous rattrapent. »
Une Taverne Anonyme, Quelque Part dans la Rue aux Cent Tavernes, Altdorf — An 2523 CI

Le Retour au Calme — Ou comment cinq minutes peuvent transformer le chaos en conversation civilisée
Cinq minutes plus tard — par la magie de la bière et de l’épuisement collectif — tout le monde était attablé dans une taverne.
C’était Alvira qui avait pris les choses en main.
« Calmons-nous, » avait-elle dit avec cette autorité d’apothicaire qui en avait vu d’autres. « CALMONS-nous. Asseyons-nous et parlons comme des gens civilisés. »
Et miraculeusement, nous nous étions calmés.
Vanda me regardait avec un mélange d’exaspération et d’amusement.
« On ne te JUGE pas, Ulrich, » dit-elle. « J’en ai vu d’autres là où je travaille, je peux te le dire. »
Loupiot, ce fils de bordel, me regardait avec son sourire le plus SALACE.
« T’es un bourreau des CŒURS, caporal. Un vrai bourreau des cœurs. »
Renate, elle, ne me parlait PLUS.
Elle était assise à l’autre bout de la table, les yeux rougis, le regard fixé sur un point invisible au loin.
Et Grugor — le frère vampire — était en train de CUVER.
Il levait la tête de temps en temps, me regardait avec ses yeux vitreux de défoncé au lotus noir, murmurait « Qu’elle est belle… qu’elle est BELLE… » et retombait la tête dans la table.
Par les situations INCONFORTABLES de Sigmar, j’aurais préféré être ailleurs. N’importe où ailleurs.

Grugor Dégrisé — Ou quand le mot « bateau » réveille un vampire d’entre les morts
C’est Vanda qui relança la conversation.
« Il faut qu’on PARTE, » dit-elle avec urgence. « Ma vision d’Alvira était CLAIRE. Elle court un grave danger tant que nous restons ici. Je propose qu’on retourne au bateau — là où les Poissons peuvent nous protéger des Crocs. »
Au mot « BATEAU », quelque chose de REMARQUABLE se produisit.
Grugor ouvrit un ŒIL.
« Un bateau ? »
Et d’un seul coup — comme si on lui avait jeté un seau d’eau froide au visage — il se redressa complètement.
Dégrisé.
ALERTE.
« J’ai entendu le mot BATEAU. Qui a un bateau ici ? »
Je le regardai avec stupéfaction. Cinq secondes plus tôt, il bavait sur la table. Maintenant, il avait l’œil vif d’un marchand qui flaire une bonne affaire.
Et je pus enfin le voir CLAIREMENT pour la première fois.
Sans les fumées du lotus noir qui obscurcissaient mon jugement.
(Note descriptive : Grugor ne ressemblait PAS du tout à ce que j’avais imaginé d’un vampire aristocratique. Il avait une petite tête de FOUINE, des cheveux très bouclés, et une moustache ridicule qui lui donnait l’air d’un mélange entre un comédien de foire et un cochon barbier. On était loin du prince ténébreux de mes cauchemars.)
« Un bateau, » répéta-t-il en nous scrutant tour à tour. « C’est très INTÉRESSANT, les bateaux. J’aime BEAUCOUP les bateaux. »
Il se tourna vers Loupiot.
« Pourquoi tu veux aller sur un bateau, petit gars ? »
« Moi, je n’ai pas forcément envie d’aller sur un bateau, » répondit Grugor avec prudence. « Mais je pense que ce que J’AI, le bateau a envie que ça aille dessus. »
« Qu’est-ce que tu AS ? » demanda Grugor, soudain très intéressé.
« Ah, je vois, » dit-il en se redressant complètement. « Mon petit ami, c’est certainement TOI ici qui a le plus de jugeotte et de bon sens. Ce que j’ai, qu’est-ce que tout capitaine d’un bateau, quelle que soit la taille du rafiot, RÊVERAIT d’avoir à son bord ? »
Nous échangeâmes des regards perplexes.
« Des cartes ? » tenta quelqu’un.
Il secoua la tête.
« Une boussole ? »
Encore non.
« Une cargaison de VALEUR ? » proposa Alvira.
« EXACTEMENT ! » s’exclama Grugor en claquant des doigts. « Une CARGAISON ! Quelque chose de très, très RARE. De très, très PRÉCIEUX. Quelque chose qui pourrait se vendre une FORTUNE à la Schaffenfesten de Bogenhafen ! »

La Révélation de la Liqueur de Rêve — Ou quand un vampire propose un trafic hautement illégal
« Tu m’intéresses, » dit Loupiot en se penchant en avant. « Continue. »
« J’intéresse beaucoup les hommes, » répondit Grugor avec un clin d’œil.
Il me regarda.
« PAREIL, » ajouta-t-il.
Par les SOUS-ENTENDUS de Slaanesh !
Je sentis le rouge me monter aux joues tandis qu’Alvira me lançait un regard accusateur.
« C’était une DIVERSION ! » protestai-je. « Une DIVERSION ! »
« Ça commence à faire beaucoup de diversions, je trouve, » murmura Alvira.
Grugor ignora notre échange et sortit quelque chose de sous sa veste.
Une petite FIOLE.
À l’intérieur : un liquide d’une couleur rubis PROFONDE. Épais. Scintillant. Presque… VIVANT.
« Savez-vous ce que c’est ? » demanda-t-il avec un sourire de conspirateur.
« Du vin ? » hasardai-je.
« Pas n’importe quel vin, mon ami. De la LIQUEUR DE RÊVE. »
Alvira se FIGEA.
Son visage devint GRAVE.
« Le vin de rêve, » murmura-t-elle. « J’en ai entendu parler. C’est un vin ELFIQUE. Une liqueur de LÉGENDE. »
Elle nous regarda tour à tour.
« D’aucuns prétendent que c’est une boisson qui peut ouvrir les portes des SONGES et nous transformer en marcheurs de rêve. D’autres disent que c’est un cadeau EMPOISONNÉ des puissances de la ruine. »
Elle marqua une pause.
« Fortement INTERDIT. Totalement PROHIBÉ. Il s’arrache à un prix fou sur les marchés dans les endroits les plus secrets et interlopes de l’Empire. »
Elle se tourna vers Grugor.
« Dis-moi, mon ami, tu n’en aurais pas GOÛTÉ dernièrement ? »
Grugor sourit de toutes ses dents.
« Je goûte TOUJOURS ma marchandise. »

Les Dangers du Vin de Rêve — Ou pourquoi certaines fortunes ne valent pas la peine d’être gagnées
« C’est de la DROGUE, » résuma Vanda avec dégoût. « Une drogue très POPULAIRE à Marienburg auprès de la noblesse et des parvenus ambitieux. Ceux qui veulent connaître le « grand frisson ». »
Elle croisa les bras.
« C’est AUSSI la raison pour laquelle il est strictement INTERDIT dans tout le Reikland. Les rumeurs prétendent que c’est un vin qui peut rendre FOU. Qui peut plonger dans des crises de DÉMENCE absolues. Dans une espèce de sommeil dont on ne se réveille JAMAIS, ceux qui en abusent. »
« Non, non, non ! » protesta Grugor. « Ce sont des RUMEURS ! Des mensonges répandus par les grandes maisons nobles qui se sont spécialisées dans les vignobles et qui ne peuvent pas RIVALISER avec cette majesté en bouteille ! »
Il brandit la fiole comme un trophée.
« Ils font tout pour tuer un commerce qui sinon serait FLORISSANT ! Tant mieux pour NOS affaires ! »

L’Origine de la Cargaison — Ou quand les pièces du puzzle commencent à s’assembler
« Comment un petit bonhomme comme toi est entré en possession d’une cargaison d’une aussi grande valeur ? » demanda Loupiot avec suspicion. « Et d’une aussi grande ILLÉGALITÉ ? »
Grugor prit un air mystérieux.
« Nous les Strigani, comme vous le savez, nous venons d’une contrée plus LOINTAINE que la vôtre. Et nous avons réussi à nous entendre avec un NOBLE, quelque peu excentrique venant de nos contrées, qui souhaitait se rendre dans le Reikland. »
Il sourit.
« Nous lui avons permis de pouvoir entrer et pénétrer dans le Reikland en toute DISCRÉTION. En échange, il nous a donné une partie de cette cargaison de liqueur de rêve. »
Mon cerveau commença à fonctionner.
Un noble excentrique. Venant de l’Est. Qui avait besoin de discrétion pour entrer dans l’Empire.
« Et comment s’appelle-t-il, ce noble ? » demandai-je.
« Il nous a demandé de rester très SECRET et confidentiel, » répondit Grugor. « En cela, il peut faire confiance en la réputation des nomades strigani. Nous ne révélerons point son nom ni les étranges HÉRALDIQUES qu’il porte. »
Mon cerveau s’ILLUMINA.
L’héraldique. La ROSE. Celle que nous avions vue sur la caisse du Maria Borger !
« Et si on te citait une héraldique en toute honnêteté, » dit Loupiot qui avait visiblement eu la même pensée, « tu pourrais nous dire s’il s’agit de celle-ci ou pas ? »
« Bien sûr. Nous, les strigani, nous sommes toujours HONNÊTES. »
Je fouillai ma mémoire.
L’héraldique représentait une ROSE. Une rose parfaitement stylisée, avec des épines acérées. Et à l’extrémité de la tige, une goutte de SANG tombait, comme une larme. Comme une racine qui s’enfonce dans la terre. Autour de cette rose, des symboles que je ne reconnaissais pas immédiatement, mais quelque chose en eux me TROUBLAIT.
Je décrivis tout cela à Grugor.
Son sourire s’ÉLARGIT.
« Cela ressemble FORTEMENT à l’héraldique de l’ancien noble excentrique que nous avons conduit jusqu’ici dans le Reikland, » confirma-t-il.
Puis il ajouta quelque chose qui me glaça le sang.
« Et cela ressemble FORTEMENT à l’héraldique que j’ai vu partir en direction du sud pour s’enfoncer vers Kemperbad. Alors que moi, je restais ici à Altdorf avec cette cargaison, et que ma sœur montait avec lui à bord d’un navire qui s’appelait… le MARIA BORGER. »
Par les connexions de Sigmar !
Le noble dans la caisse de plomb.
Le vampire que nous avions failli réveiller.
Celui qui avait fait couler le Maria Borger.
C’était le MÊME qui avait donné la liqueur de rêve aux Strigani !
Renate avait VOYAGÉ avec lui !
Elle savait TOUT depuis le début !

La Décision Sage — Ou quand Loupiot, Vanda et Ulrich font preuve d’un bon sens inattendu
Je demandai à m’entretenir en PRIVÉ avec Loupiot et Vanda.
Nous nous éloignâmes de la table, laissant Grugor siroter sa liqueur de rêve avec un air satisfait.
« Mon petit Loupiot, mon grand Loupiot, » commençai-je, « cette réconciliation entre Renate et son frère nous met dans une situation potentiellement DANGEREUSE. »
« Je t’écoute, » dit Loupiot.
« Qu’on récupère la petite Renate qui me fait de l’œil, soit. Mais qu’on récupère son frère qui est de toute évidence embringué dans une histoire de trafic de vins de rêve hautement DANGEREUX et ILLÉGAUX dans le Reikland… »
Je pris une grande inspiration.
« Sachant que ces vins de rêve viennent de toute évidence de ce noble qui a failli nous ÉTRIPER sur le Maria Borger si nous n’avions pas été plus prudents… On risque de se récupérer une cargaison qui va nous coller aux doigts, dont on ne va pas savoir comment se débarrasser, et qui en plus risque d’attirer l’ATTENTION sur nous. »
Loupiot hocha la tête.
« Et pire que ça, » continua-t-il, « je rappelle que MOI je suis poursuivi par un RÉPURGATEUR. Donc trimballer une cargaison certes d’une très grande valeur… Je veux bien reconnaître que j’ai de l’ambition et que je compte faire fortune, mais dès ma PREMIÈRE affaire me retrouver avec une cargaison aussi dangereuse, je n’en ai pas tellement envie. »
Vanda prit la parole.
« Nous avons déjà Alvira qui est un PROBLÈME parce qu’elle va nous attirer de toute évidence des soucis à court terme. Si en plus on se récupère cette cargaison maudite… »
Elle secoua la tête.
« Il est HORS DE QUESTION de prendre cette cargaison. Non seulement nous serions hors la loi, mais on ne sait pas vraiment comment il les a récupérées. Ça se trouve, son propriétaire — le vampire de la caisse — cherche à les récupérer AUSSI. Il n’y a AUCUNE bonne raison de le faire. »
Elle me regarda droit dans les yeux.
« Il est hors de question que je sacrifie tout ce que j’ai enduré jusqu’ici juste pour finir en PRISON pour trois bouteilles de vin. Vous êtes les premiers à me dire que Loupiot nous fout tout le temps dans la merde. Si on prend cette cargaison, on y est jusqu’au COU. »
Loupiot acquiesça gravement.
« Refusons sa proposition. »
Je n’en croyais pas mes oreilles. Pour la PREMIÈRE fois depuis que je connaissais Loupiot, il faisait preuve d’un bon sens REMARQUABLE.
« Je n’ai jamais entendu autant de BON SENS sortir de ta bouche, » dis-je avec admiration.
« Caporal, qu’est-ce qui vous PREND ? » répondit Vanda. « Éloignez-vous de ces femmes, je pense que leurs phéromones vous rendent fou. »
« Justement, » murmura Loupiot avec un sourire, « il commence à se rapprocher des HOMMES, donc ça tombe bien. »
« N’approchez plus PERSONNE, caporal ! » s’exclama Vanda.

L’Adieu à Renate — Ou le discours le plus héroïque jamais prononcé par un caporal
Il me restait une tâche difficile.
La plus DIFFICILE.
Je devais annoncer notre décision à Renate.
Je m’approchai d’elle. Elle était toujours assise seule, le regard perdu dans le vide, des traces de larmes sur ses joues.
« Ma petite Renate, » commençai-je, « il faut que l’on discute. »
Elle leva les yeux vers moi. Des yeux pleins de reproche. De douleur. De confusion.
« Ton frère nous mettrait dans un terrain HORRIBLE si nous accédions à sa demande. Nous ne pouvons pas accepter son offre — elle est bien trop DANGEREUSE. »
Je pris une grande inspiration.
« Par contre, je crois que nos chemins vont se SÉPARER. »
Son visage se décomposa.
« Tu as sans doute vu en moi un homme sans doute… RÉPUGNANT. Tu n’as certainement pas compris ma STRATÉGIE lorsque nous étions à la taverne. Mais sache que, aussi maladroite qu’elle ait été, elle visait simplement à SAUVER la vie de ton frère. À ne pas éveiller les soupçons des gens qui l’hébergent et qui restent une MENACE, quoi qu’il en soit, à ses mauvaises fréquentations. »
Je posai une main sur mon cœur.
« Si je peux te donner un conseil, ma petite Renate, en souvenir de notre intense AMOUR que nous éprouvions l’un pour l’autre… Il serait peut-être sage que tu fasses entendre la raison à ton frère et que tu quittes Altdorf tant que tu peux le faire. Il court un grave DANGER, ses mauvaises fréquentations lui causeront du mal tôt ou tard, et nous ne serons peut-être pas là pour lui sauver la mise. »
Je me redressai de toute ma hauteur.
« Par contre, le DEVOIR nous appelle. Nous devons partir. Loin. Loin, au-delà du Reik. Il nous faut accomplir une mission de la plus grande NÉCESSITÉ. Je ne peux pas t’en dire plus, mais sache que le DESTIN de ce royaume, de cet Empire, repose entre nos mains. »
Ma voix se fit solennelle.
« Et que je dois me détourner de toutes les TENTATIONS que tu peux représenter, ma belle Renate. Il faut que je reste concentré sur ce qui pourrait à jamais changer la face de ce monde. »
Je marquai une pause dramatique.
« Un grand PÉRIL se prépare. Que dis-je ? Il se passe des CHOSES, dans cet Empire, qui méritent toute notre attention. Mais je ne peux pas t’en dire plus. »
Je la regardai droit dans les yeux.
« Je suis en MISSION. »
Un silence s’installa.
Puis Vanda se leva.
Et elle APPLAUDIT.
« C’est BEAU, » murmura-t-elle. « C’est vraiment BEAU. »
Loupiot essuya une larme.
« C’était un pur instant de MAGIE. Bravo à toi, caporal. C’est TOI le vrai magicien. »
Renate me regardait avec des yeux BRILLANTS de larmes.
Mais ce n’étaient plus des larmes de colère.
C’étaient des larmes d’ÉMOTION.

Elle voyait en moi l’homme qui abandonnait l’AMOUR ABSOLU qui aurait pu être… pour sauver l’EMPIRE.
Un HÉROS.
Un vrai HÉROS.
(Note intime : c’était le plus beau mensonge de ma vie. Et elle y croyait TOTALEMENT.)
Je tournai les talons.
Et je ne me RETOURNAI PAS.
Je partis comme ça, sans un regard en arrière.
« On se CASSE, » dis-je à voix basse aux autres. « On se casse VITE. »
Le bruit de mes bottes ferrées claquait sur le sol.
Et je disparaissais dans une venelle recouverte de brume.
C’était MAGIQUE.
C’était ROMANTIQUE.
Et surtout, c’était notre FUITE.

Vers le Bérébéli — Ou les complications d’un bateau qu’on possède à moitié
Une fois hors de vue de la taverne, nous accélérâmes le pas.
« Par contre, on a Alvira avec nous, » rappela Vanda.
« Bien sûr. Elle reste notre PRIORITÉ. »
« Et où va-t-on exactement ? » demanda Alvira.
« Je détiens normalement la moitié de la propriété d’un navire, » expliqua Loupiot. « Le BÉRÉBÉLI. Je propose de retrouver ce co-capitaine et d’aller prendre possession de notre bateau. »
« Le capitaine est d’accord pour que tu récupères le bateau ? » demandai-je.
« Il n’a pas le CHOIX. J’ai les documents officiels. »
« Très bien, » dit Vanda. « On ne passe pas par lui, on va directement sur les quais. C’est un bateau, j’imagine qu’il est sur les quais. »
« Oui, mais enfin… » Loupiot hésita. « C’est 50-50, les amis. Je ne suis pas propriétaire de TOUT le bateau. J’ai le babord, le tribord, la proue et la poupe. »
« Tu as la figure de proue, » ricana quelqu’un. « Tu pourras lui caresser les nichons. »
Je m’abstins de commenter.
Puis Vanda ajouta quelque chose qui me fit FRÉMIR.
« Et si tu es un habile négociateur, tu peux peut-être essayer de récupérer la TOTALITÉ du bateau. Peut-être que le propriétaire est grave dans la merde et peut-être qu’il est même impliqué dans les trafics. »
« Il se trouve, » dit Loupiot avec un sourire GÊNÉ, « qu’en fait, le moyen de récupérer la dette… c’est que TU es prévu pour te battre en duel demain matin. »
« QUOI ?! » hurlai-je.
« C’est ce qui a été convenu. »
« TOI, t’as convenu ça, mon petit Loupiot ! Mais JAMAIS de la vie que ça va se passer ! C’est dans TA tête ! »
« Mon petit Ulrich, je te rappelle ton engagement que tu as… »
« QUEL engagement ?! Excuse-moi, QUEL engagement ?! On pourra peut-être vendre les organes d’Alvira quand elle se sera fait ouvrir en deux avec un croc de poissonnier parce qu’on est là à DISCUTER ?! »
Vanda intervint.
« Oui, avançons. Mais par contre, allons jusqu’au bateau et on avisera. »
« Je ne vais PAS me battre ! » protestai-je. « Et de plus, je suis supposé être MORT ! J’ai pas besoin qu’on fasse une publicité sur mon compte ! »
« Eh ben, tu fais ta publicité sous un PSEUDONYME, » suggéra Loupiot. « Comme ça, il n’y aura pas de problème. »
« Bien sûr que NON ! J’ai pas envie que les gens me reconnaissent dans la rue ! »
« C’est DÉJÀ le cas, » rappela Vanda. « Quelqu’un d’Altdorf t’a déjà reconnu et court après toi en criant « c’est LUI ! » »
Par les RÉPUTATIONS de Sigmar, elle avait raison.
J’avais DEUX problèmes majeurs : Lena qui me croyait mort, et les gens de Kemperbad qui me croyaient assassin.
« Pour pas te faire reconnaître, » suggéra Loupiot, « t’as qu’à COUPER ta moustache. »
« ÇA VA PAS ?! C’est ma VIRILITÉ, ma moustache ! Si je la coupe, j’attirerai plus les femmes ! »
« Eh ben JUSTEMENT. »
« NON ! Je ne VEUX pas ! »
« Tu pourrais effectivement mettre un LOUP, » proposa Vanda. « Comme le chevalier masqué dans les récits de chevalerie. Pour sauver l’honneur de la Gravine, c’est ce qui s’est passé… »
Je réfléchis.
C’était vrai qu’en un sens, j’avais sauvé l’honneur de la Gravine en sacrifiant le MIEN.
Un transfert d’honneur.
Peut-être que le masque n’était pas une si mauvaise idée…
— Journal du Caporal Ulrich von Schnitzelbach, Qui Vient de Refuser une Fortune en Liqueur de Rêve Maudite, Qui a Prononcé le Plus Beau Discours de sa Vie pour Larguer une Femme, Qui Découvre que Renate Savait TOUT sur le Vampire du Maria Borger, Qui Doit Maintenant Fuir vers un Bateau dont Il Ne Possède Rien, Tout en Évitant un Duel qu’Il N’a Jamais Accepté, En Fuite dans les Ruelles d’Altdorf, — An 2523 CI —
P.S. : J’ai refusé une FORTUNE. Une fortune en liqueur de rêve qui aurait pu me rendre riche. Mais j’ai également refusé de me retrouver dans une prison impériale ou pire, dans les griffes d’un vampire qui veut récupérer sa marchandise. Parfois, la vraie SAGESSE consiste à savoir ce qu’on ne veut PAS.
P.P.S. : Mon discours à Renate était MAGNIFIQUE. Je me suis surpris moi-même. Vanda a applaudi. Loupiot a pleuré. Et Renate me voit maintenant comme un HÉROS tragique qui sacrifie l’amour pour sauver l’Empire. Si seulement elle savait que je fuyais surtout pour sauver ma propre peau…
P.P.P.S. : Renate savait TOUT. Elle a voyagé avec le vampire de la caisse de plomb. Elle savait d’où venait la liqueur de rêve. Elle nous a MANIPULÉS depuis le début pour qu’on l’aide à retrouver son frère. Et son frère est un trafiquant de drogues elfiques. Quelle FAMILLE.
P.P.P.P.S. : Loupiot prétend que j’ai accepté un DUEL pour demain matin contre Castor Liebierong. C’est absolument FAUX. Je n’ai RIEN accepté du tout. C’est LUI qui a promis ma tête à ce duelliste. Et maintenant, il essaie de me faire porter le chapeau. Ce batelier de malheur va me le PAYER.
P.P.P.P.P.S. : On me suggère de COUPER ma moustache pour ne pas être reconnu. JAMAIS. Ma moustache est le symbole de ma virilité, de mon charme, de tout ce qui fait de moi un homme. Sans elle, je ne suis RIEN. Par contre, l’idée du masque n’est pas mauvaise. Un caporal masqué… ça sonne bien, non ?


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