Dans les cendres d’une Bible éventrée, Blanca met au jour une lettre de 1913 révélant le véritable dessein de la marquise Genoveva : utiliser le tableau de Pickman pour un rituel occulte lié à une perte intime. Tandis qu’Urbano explore le vestibule décrépit du manoir, une porte verrouillée de l’intérieur laisse planer un doute glaçant. Cinquième chapitre de notre campagne L’Appel de Cthulhu dans le Madrid en guerre.
Une lettre ancienne et un secret inavouable
Au fond des cendres, Blanca découvre une lettre dissimulée dans une vieille Bible soigneusement découpée. Signée par un certain Père Augustin Andazola et datée de 1913, cette lettre révèle une correspondance inquiétante avec la marquise Genoveva Alcala Prieto. Le ton y est grave : le prêtre tente de dissuader la noble dame de mettre à exécution un projet jugé insensé, voire dangereux.
Il évoque l’artiste Richard Upton Pickman, déjà identifié comme l’auteur du tableau volé, comme une figure sombre, ignorée des manuels d’art sérieux, mais glorifiée par certains cercles ésotériques. Le curé accuse la marquise de vouloir invoquer « ce qui a été perdu depuis des décennies » à l’aide de mots prétendument arcaniques griffonnés sur l’œuvre.
Plus troublant encore, il fait référence à une perte personnelle et intime — peut-être un enfant — et exhorte la marquise à ne pas céder à cette « folie dévastatrice », pour le bien de son fils Isidoro.
Ces mots éclairent d’un jour nouveau l’obsession de Genoveva pour l’œuvre de Pickman : il ne s’agirait pas d’un simple attachement esthétique, mais d’un projet mystique, potentiellement lié à la résurrection ou à l’occultisme.
Exploration du manoir : un passé figé dans la poussière
Urbano décide d’ouvrir la grande porte battante de la pièce. Elle grince, brisant le silence du manoir. Il débouche dans le vestibule principal. Autrefois somptueux, l’endroit est désormais marqué par le déclin : tapisseries bordeaux tachées, carrelage en damier fissuré, murs suintant l’humidité.
Au fond, sur une console en acajou patinée, repose un cadre photo doré. Il attire immédiatement son attention. Le portrait montre deux personnes : un jeune garçon au costume sombre, regard baissé, et une vieille femme voilée, au visage invisible. Le chapeau noir traditionnel et les vêtements de deuil laissent peu de doute : c’est la marquise Genoveva. Le garçon, en revanche, intrigue. Urbano remarque un détail troublant, son visage est impossible à deviner, l’enfant fixe le sol.
Une sortie verrouillée… pour une raison ?
Toujours méthodique, Urbano tente de déverrouiller la porte d’entrée. Un échec. La serrure résiste, comme si elle n’avait pas été utilisée depuis des années… ou comme si l’on voulait empêcher quiconque de ressortir une fois entré.


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