« Sonreír con plomo en las entrañas » est un scénario baroque et oppressant de L’Appel de Cthulhu dans l’Espagne de 1936. Deux ou trois sessions de 2h30 sont nécessaires pour clore cette aventure.

Note du Gardien
Le jeu se déroule dans un cadre inédit pour L’Appel de Cthulhu, inspiré de la trilogie espagnole La Piel de Toro. Cette série transpose l’univers du mythe lovecraftien dans des périodes emblématiques de l’histoire espagnole, des années 20 (La Piel de Toro 1920), en passant par la guerre civile (La Piel de Toro 1936 Guerra Civil Española) et jusqu’aux années 70 (La Piel de Toro 1978 – La Transición).
Shadowlands est une maison d’édition espagnole spécialisée dans le jeu de rôle, notamment l’Appel de Cthulhu. Elle se distingue par des scénarios originaux, ancrés dans l’histoire et l’horreur psychologique à destination d’un public mature. La llamada de Cthulhu – Sonreír con plomo en las entrañas est mon coup de coeur de ce printemps: un scénario singulier, porté par une ambiance baroque et désespérée.

Un scénario entre guerre, art dégénéré et horreurs lovecraftiennes
Ce récit entremêle contexte historique, conflits politiques et horreurs occultes pour dessiner un monde en bascule, où la frontière entre le réel et l’irréel se brouille. Le choix de l’Espagne des années 30 n’est pas anodin : il insuffle une tonalité originale, encore peu explorée dans l’univers de l’Appel de Cthulhu, avec ses traditions culturelles fortes et ses déchirements sociaux. La guerre civile, et en particulier la Chute de Madrid, crée une tension omniprésente, nourrie par la peur, l’effondrement des structures et la lutte pour la survie. Dans cette atmosphère déjà lourde, l’irruption du surnaturel — cultes secrets, entités inhumaines, révélations insoutenables — agit comme un catalyseur. Tout vacille : les certitudes, la logique, et même la perception du monde. C’est dans cet équilibre précaire que le scénario trouve toute sa force.

Un nouveau décor pour l’horreur : l’Espagne de 1936
Le ton baroque du scénario se manifeste dans une esthétique de l’excès : visions cauchemardesques, symbolisme religieux détourné, architecture en ruines et art dégénéré s’entrelacent pour former un paysage mental aussi oppressant qu’envoûtant. Ce style accentue la sensation de malaise et renforce l’idée d’un monde qui s’effondre sous son propre poids.
Dans ce chaos, les personnages joueurs ne sont pas de simples spectateurs. Ils incarnent des figures ambivalentes, tiraillées entre engagement politique, survie personnelle et confrontation avec l’indicible. Le scénario leur offre des dilemmes moraux forts et les pousse à choisir entre résistance et renoncement, lucidité et folie. Ce sont leurs décisions, parfois tragiques, qui donnent chair à cette fresque noire, où l’horreur ne vient pas seulement d’ailleurs, mais aussi de l’intérieur.


Leave a Comment