Le sang colle encore à leurs semelles.
Dans la villa perchée sur Mulholland Drive, l’odeur de roses fanées masque à peine celle du cadavre qui refroidit dans le salon. Ils sont trois, debout autour du corps — trois prédateurs qui viennent de sceller un pacte dans la chair et l’os.
L’un essuie sa matraque sur un mouchoir en soie. L’autre referme méthodiquement son appareil photo. La troisième allume une longue cigarette et laisse échapper un sourire.
« Messieurs, leur dit-elle, notre première affaire est un succès. »
Mais ils ne savent pas encore ce que cette phrase va leur coûter. Pas encore. Ils ignorent tout du prix payé pour arriver jusqu’ici — dans cette pièce, à cet instant précis, avec du sang sous les ongles et des secrets qui collent aux tripes.
Pour comprendre, il faut remonter. Revenir en arrière. Quand Los Angeles n’était encore qu’un mirage en Technicolor, fait de mensonges ordinaires. Et qu’ils étaient encore des êtres presque humains.
Presque.


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