Le manoir s’effondre, une trappe s’ouvre sur les profondeurs. Blanca et Urbano découvrent un réseau souterrain ancestral aux vestiges séfarades, où un obus non explosé gît au milieu des ruines d’un monde oublié. Carte en main, ils s’enfoncent dans les tunnels sans retour possible. Douzième chapitre de notre campagne L’Appel de Cthulhu sous le Madrid bombardé.
L’après : tremblements, fuites, et derniers espoirs
Urbano, tremblant, relâche le sabre encore poisseux. Il titube en sortant de la pièce, sous le regard inquiet de Blanca qui n’a rien vu, mais tout entendu. Le sol tremble, la poussière tombe du plafond. La maison s’effondre. Il n’est plus temps d’hésiter.
Blanca ouvre une trappe dérobée. Derrière, un escalier vermoulu s’enfonce dans le sol. Une odeur de terre et de mort remonte, étouffante. Ils s’y engouffrent, torches en main.
Le réseau souterrain : traces d’un passé oublié
La galerie en contrebas est soutenue par de grossiers arcs de pierre. Les murs portent des symboles effacés, gravés ou peints à même la roche. Urbano distingue une vaste cavité qui s’ouvre devant lui : un gouffre cylindrique de dix mètres de diamètre, béant et silencieux. Blanca le suit à distance, raillant légèrement ses peurs, mais non sans une certaine nervosité.
Blanca parvient à s’orienter grâce à la carte trouvée dans le manoir : ils avancent vers le nord-est. Le tunnel débouche sur une salle plus large, vestige d’un lieu de vie séfarade : colonnes effondrées, arcades brisées, inscriptions oubliées. Les eaux stagnantes ont envahi le sol. Le lieu semble figé dans le temps.
Et pourtant, au centre de la pièce… un objet incongru.
La bombe suspendue au silence
Enfoncé dans la pierre, un obus. Il a visiblement transpercé le plafond lors d’un récent bombardement, mais n’a pas explosé. Son métal est tordu, l’ogive intacte. Le danger est réel, suspendu. Autour, seule l’eau goutte des parois, et le silence est assourdissant.
Urbano étudie la carte : cette cavité correspond à la première des croix indiquées, probablement un point d’entrée du réseau. D’autres croix signalent sans doute des sorties possibles, vers des maisons, des souterrains oubliés, ou pire…
Ils prennent une décision : suivre le chemin le plus proche menant à une issue.
Un réseau qui change de visage
Le tunnel devient plus étroit, plus irrégulier. Les murs sont rugueux, mouillés. Blanca et Urbano progressent lentement. Le sarcasme a laissé place au silence et à la vigilance. Même Urbano, d’ordinaire plus pragmatique, commence à douter de tout ce qu’il voit et de tout ce qu’il sait.
Leur seule certitude : il est trop tard pour faire demi-tour.


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